Documentaires - Thomas Sankara Website - Officiel https://www.thomassankara.net/category/francais/analyses/documentaires/ La patrie ou la mort, Nous vaincrons! Fri, 09 Jan 2026 10:26:05 +0000 fr-FR hourly 1 145130549 ESBEC37, un film sur les jeunes burkinabè envoyés se former à Cuba pendant la révolution, réalisé par Alex Verdejo https://www.thomassankara.net/esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo https://www.thomassankara.net/esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo/#respond Fri, 09 Jan 2026 01:00:32 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=251094 Fiche technique Réalisation : Àlex Verdejo Production : Issa Amadou Dicko, Marta Hernàndez Huguet i Pepa Roselló Sánchez Scénario : Nebon Babou Bassono i Àlex Verdejo Images : Pepa Roselló Sánchez i Àlex Verdejo Enregistrement de son : Marina Ventura Varona i Júlia Galobart Domènech Musique originale : Drissa Diarra Contact : esbec37@gmail.com Bande annonce  […]

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Fiche technique

Réalisation : Àlex Verdejo

Production : Issa Amadou Dicko, Marta Hernàndez Huguet i Pepa Roselló Sánchez

Scénario : Nebon Babou Bassono i Àlex Verdejo

Images : Pepa Roselló Sánchez i Àlex Verdejo

Enregistrement de son : Marina Ventura Varona i Júlia Galobart Domènech

Musique originale : Drissa Diarra

Contact : esbec37@gmail.com


Bande annonce 


Présentation du film, nos commentaires

ESBEC 37 signifie, École Secondaire Basique dans la Campagne nº37. C’est l’école où ont été envoyés 600 jeunes Burkinabè en 1986. Elle est située sur l’île de la Jeunesse à Cuba. Ce projet faisait partie des accords de coopération signés entre Cuba et le Burkina en décembre 1983.

Nebon Babou Bassono, est l’un de ces 600 jeunes burkinabè. Tous très jeunes, moins de 14 ans, ils avaient été choisis parmi les plus déshérités, orphelins vivant dans des familles défavorisées. Avec un double objectif, leur donner une chance dans la vie et revenir avec des formations, la plupart du temps technique pour se mettre à leur retour au service du développement du Burkina.

Durant ce voyage, chargé d’émotion, le spectateur accompagne Babou et son ami Issa, qui lui réside au Burkina, lors de leur premier retour à Cuba. Tous les deux ont été formés dans cette même école ESBEC 37. Lors de leur pérégrination à Cuba, ils retournent dans différentes lieux pour eux chargés de souvenirs. Dans l’école bien sûr, dont la fameuse école qui les a accueillis dans l’île de la Jeunesse. Mais aussi à la rencontre d’anciens enseignants de cette école, et d’autres personnalités. Un voyage ponctué des commentaires que nous fait Babou nous partageant ses souvenirs et ses réflexions.

Le film commence par un exposé que nous fait Babou sur ce que fut la Révolution burkinabè et quel personnage était Thomas Sankara. Il peut paraitre un peu long, mais combien indispensable, car ce leader charismatique et la Révolution qu’il a dirigée restent encore assez peu connus, notamment par les plus jeunes générations. Babou, omniprésent, passe bien face la caméra, sa diction est fluide, ce qui n’est pas si facile que ça peut paraitre. On regrette un peu de ne pas voir plus d’archives de la Révolution. Sans doute trop chères vu le budget très é du film, collecté par un appel à financement participatif. Par contre, on visionnera avec plaisir certaines archives de Cuba de l’époque, dont des images l’ESBEC37 de l’époque. L’objectif de l’appel de fonds étaient d’atteindre de collecter entre 7600 et 12000 €. Ce sera finalement à ce jour 9355 € atteint. Avec un si budget, il a fallu chercher des logements les moins onéreux possible, chez des habitants de l’île qui les ont beaucoup aidés. Plusieurs scènes ayant aussi été tournés chez eux.

Après cet exposé, fait à Barcelone, quelques séquences suivent dans la même ville à la rencontre de plusieurs anciens élèves de l’ESBEC. Ils partagent ensemble quelques souvenirs de cette période, non sans émotion, mais avec aussi quelques éclats de rire.

Puis on se retrouve à Cuba où se poursuit l’essentiel du film. Une occasion de voir des images, rares il faut le dire de Cuba, en dehors des circuits touristiques. Sous embargo, le pays compte sur le tourisme, en particulier, les hôtels sur la côte pour faire rentrer des devises. L’île parait en général bien entretenue et propre, et d’un certain charme du fait de l’ancienneté des maisons ou bâtiments, peu renouvelés et entretenus un minimum faute de moyen. Ce n’est qu’à la fin du film dans un quartier de la Havane ou habite, un ancien de ESBEC 37, que quelques images furtives nous laissent entrevoir la pauvreté et les saletés d’une rue dans un quartier populaire de Cuba. Alex, le réalisateur nous a confirmé qu’en règle générale Cuba est bien entretenue et propre, particulièrement l’ile de la jeunesse a-t-il ajouté, mais qu’effectivement quelques quartiers de la Havane, Santiago et Santa Claradans ne le sont pas partout. Mais le plus grand problème c’est celui de la réhabilitation des immeubles, faute de moyens.

La force du film, outre les souvenirs des anciens élèves qui nous valent des récits d’anecdotes truculentes, c’est la vision par les Cubains de cette expérience. Et l’engagement de ces personnes dans la solidarité internationale, fortement empreint  d’humanisme. Cette génération reste nostalgique d’un idéal, longtemps maintenu qui a encore de beaux restes dans la tête des anciens. Cuba n’a cessé d’être combattu sans répit depuis la prise du pouvoir par Fidel Castro, Che Guevara et leurs compagnons, notamment par les États-Unis. Ce pays a tenté de multiples tentatives d’assassinats de Fidel Castro, un débarquement de mercenaires, et cet embargo permanent destructeur. Cuba a tenu, par la mobilisation sans faille de sa population, mais aussi grâce à l’aide de l’Union soviétique. Son démantèlement n’a pas été fatal mais a obligé le pays à réduire considérablement ses ambitions et ses possibilités de développement, avec en corollaire la diminution des actions de solidarité internationale, pourtant au cœur des révolutionnaires.

L’image des ruines des vestiges de l’ESBEC en constitue en quelque sorte le témoignage, dans le film. Ce lieu chargé d’histoire dépérit, abandonné et laissé à lui-même. Une enseignante ose à peine évoquer ces turbulents gamins qui cherchaient à faire le mur pour chiper des mangues dans le verger voisin d’un paysan.

Grand moment d’émotion lorsque Babou et Issa évoquent l’arrivée de Thomas Sankara à l’école, venu se rendre par lui-même de l’expérience, les encourager et leur rappeler leur devoir de bien étudier pour revenir se mettre au service du Burkina. Eux que l’on surnomme les « Orphelins de Thomas Sankara », depuis la sortie du film de Géraldine Berger qui en a fait le titre de son film. Une grande tristesse s’empare de nos protagonistes lorsqu’ils évoquent l’assassinat de Thomas Sankara. D’autant plus qu’ils avaient raconté leur ravissement de la journée qu’il avait passé avec eux.

Dans la salle où ils se sont retrouvés ce jour-là, ils se sont réunis en assemblée général et ont décidé la grève des cours ! La normalisation avec les nouveaux dirigeants a nécessité de nombreux fréquents voyages de nouveaux responsables politiques. Que pouvaient-ils faire ? Le régime de Blaise Compaoré, s’est toujours méfié de ces jeunes formés à Cuba, dont beaucoup n’ont pas trouvé d’emplois à leur retour.

D’autres enseignantes évoquent ceux qu’elles considèrent comme leurs enfants, certains étant quasiment adoptés par des familles. Car une fois l’enseignement général terminé à l’ESBEC 37, les élèves ont été répartis un peu partout pour suivre des formations professionnelles techniques, pour la plupart d’entre eux, avec les autres jeunes cubains, de rapprochant ainsi de la population. Une solidarité créatrice d’amitié qui perdure encore pour certains d’entre eux. Mais Cuba a fait bien plus. Une autre enseignante donne en quelque sorte la clé de cette solidarité internationale. Elle donne en quelque sorte la clé de l’engagement international des Cubains. « Lorsque a parlé de l’Angola, pays de la ligne du front, il a touché les cubains au cœur. Les jours suivants nombreux sont venus se porter volontaires dans les comités militaires pour aller combattre en Angola ».

La rencontre avec Marlen Villavicencio, ancienne enseignante dans l’une des ESBEC pour étudiants nicaraguayens, devenue aujourd’hui, directrice de l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples (ICAP) sur l’Île de la Jeunesse, nous révèle l’ampleur de l’engagement de Cuba dans la formation de la jeunesse : 18000 jeunes issus de 37 nationalités sont venus en bénéficier. Elle cite en exemple 4 ESBEC pour les seuls jeunes mozambicains au cœur du combat contre l’apartheid d’Afrique du Sud. Elle se désole que ce projet de formation d’étudiants étrangers ait dû être abandonné. On découvre l’ampleur du programme, resté peu connu. Rappelons ici que l’agression de l’Afrique du Sud contre le Mozambique et l’Angola a pu être stoppée victorieusement grâce à l’envoie par Cuba de dizaines de milliers de soldats !

Autre rencontre marquante du film, celle de la fille de Che Guevara, qui semble porter en elle le rêve de son père. « Semons la solidarité pour récolter la vie » déclare-t-elle. Médecin, elle a parcouru le monde pour soigner les gens. Sage-femme, elle explique son admiration pour les accoucheuses Kichouas, d‘un peuple autochtone d’Equateur dont dit-elle, elle a véritablement appris ce qu’est un accouchement. La santé était un autre projet phare de la solidarité internationale de Cuba. Des milliers de médecin dans différents pays, y compris des pays occidentaux, pour former d’autres médecins et soigner la population, dans des pays manquant cruellement de médecins. Aujourd’hui l’envoi de médecins se poursuit à travers le monde, permettant en contrepartie la rentrée de devises.

Outre de reprendre l’histoire de ces jeunes Burkinabè partis se former à Cuba, ce film nous offre une vision vue de Cuba des différentes formes de solidarité internationale que la révolution a mis en place. Nous démontrant combien les Cubains se sont engagés, avec leurs cœurs, parfois au risque de leurs vies. Cuba est actuellement en crise, sans doute la plus grave de son histoire depuis la Révolution. Le pays a besoin cette fois, à son tour, Elle existe certes dans différents milieux, mais trop insuffisantes. Que va devenir ce pays qui nous a tant fait rêver ?

On trouvera de nombreuses autres précisions dans le document très complet présentant le film à https://fr.goteo.org/project/esbec-37C

Bruno Jaffré


Présentation du réalisateur 

Àlex Verdejo a étudié l’anthropologie sociale à l’Université autonome de Barcelone (UAB) et a suivi une formation cinématographique à l’École de cinéma de Barcelone (ECIB). ESBEC 37. Pionniers formés entre deux révolutions est son premier film en tant que réalisateur. Le dernier documentaire auquel il a participé en tant que directeur de la photographie, Els residus del mercuri, a récemment été diffusé sur la télévision publique catalane. Il a commencé a étudier la Révolution d’Août à Burkina Faso en 2017 et a publié de nombreux articles, reportages et interviews sur cette question dans des médias catalans et espagnols comme la Directa, El Salto et Africaye.


Questions au réalisateur, Alex Verdejo

Engagement social

Comme vous est venue l’idée de faire ce film ?

Poble Íntegre (Peuple Intègre en catalan) est un petit groupe de travail qui est né a Barcelone pour étudier et diffuser les idées de Thomas Sankara. Après un premier voyage au Burkina Faso pour mieux connaitre son héritage et interviewer des personnes qui ont été liées a la Révolution d’Août, nous avons participé en l’organisation d’un premier évènement d’hommage pour les 15 octobre 2017 à Barcelone (qui après s’est tenu toutes les années jusqu’à aujourd’hui). Dans le cadre de cette activité nous avons connu celui qui alors était président de l’Association de Burkinabè de Barcelone et qui est le personnage principal du documentaire. Après trois années de collaboration, en 2019 on a décidé de tourner un film sur son histoire: celle des 600 enfants Burkinabè formés à Cuba.

Vous affichez un budget d’un peu plus de 9000€. Comment arrive-t-on un film avec un si petit budget, d’autant plus qu’il y a dedans le prix des billets pour aller à Cuba ?

Nous avons lancé un processus de micromecénat avec lequel nous avons pu réunir un peu plus de 9000 €, oui. Le tour de projections que nous sommes en train de faire dans les Pays Catalans nous a permis aussi de réunir autour de 3000 € en plus. Mais ça continue à être très peu, en effet. La raison pour laquelle nous avons pu le tourner même sans trop de moyens, juste avec le soutien de gens comme nous-mêmes, c’est que ESBEC 37 est un documentaire engagé, qui est né avec la seule volonté de faire mieux connaitre cette histoire et expliquer un exemple de la solidarité cubaine. L’équipe de réalisation a assumé personnellement le coût des voyages à Cuba et au Burkina Faso, sinon ça n’aurait pas été possible. Le matériel était le nôtre, mais nous nous sommes payés juste en plus un système de micro sans film. Et nous avez cherché pour nous loger des endroits le moins cher possible, dont chez l’habitant.

Comment êtes-vous entrés en contact avec les autorités Cubaines ? Comment ont-elles accueilli le projet ?

En Catalogne il y a un fort mouvement de solidarité avec Cuba, avec qui nous avons déjà travaillé auparavant. Pour cette raison, ils nous connaissaient déjà quand nous nous sommes mis en contact. C’est ce mouvement qui nous a mis en contact avec le Consulat de Cuba à Barcelona, qui a soutenu le projet et nous a aidés à nous mettre en contact avec l’Ambassade à Madrid pour régler les visas et les permis de tournage. À Cuba, les questions administratives ont été un peu lentes à régler du fait d’une certains démocratie. Mais pour les reste, nous avons eu le soutien, sur place, du Centre de Presse Internationale et l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples. Tout le monde avec qui nous avons travaillé là-bas a vécu avec beaucoup d’enthousiasme le tournage de ce documentaire. Les autorités cubaines n’ont pas participé au le financement, mais nous ont donné les permissions nécessaires, par exemple, en nous ont accompagnant à l’ESBEC 37 ou à obtenir l’interview d’Aleida Guevara.

Le film a été bien accueilli au Burkina, mais comment a-t-il été reçu à Cuba, s’il a pu être projeté là-bas ?

La Première mondiale du film, en effet, s’est fait à Ouagadougou, au Ciné Burkina, le 2 août 2025, où nous avons invité tout les anciens élèves Burkinabè qui sont allés à Cuba. Notre idée est de faire un tour dans environ 8 villes cubaines l’été de 2026, mais nous sommes en train de voir comment évolue la situation épidémiologique qui est en train de vivre l’île en ce moment. Mais si ce n’est pas en 2026, nous ferons le tour en 2027, qui sera justement le 50ème anniversaire du début du projet d’éducation internationaliste qui a rendu possible toute cette histoire.

J’ai découvert l’ampleur du projet de formation des jeunes. 18000 jeunes issues de 37 nationalités. C’est tout à fait impressionnant. Avez-vous des échos sur le devenir des jeunes des autres pays ?

À partir du tournage du documentaire, nous avons connu plein d’autres personnes, d’autres nationalités, qui se sont bénéficiés de cette expérience. Quand on était à Cuba, par exemple, nous nous sommes croisés avec un groupe de quarante éthiopiens qui avaient aussi étudié à l’Île de la Jeunesse. Aussi, quand nous avons fait la projection à Palma dans l’île de Mallorca, une des personnes qui est venu, originaire du Sahara Occidental, a un frère qui a étudié à Cuba. Dans les réseaux sociaux nous avons été contactés aussi par des personnes de plusieurs pays (surtout Angola et Mozambique), pour nous expliquer leurs histoires. En général, l’impression que nous avons reçue est que la majorité des anciens élèves ont un niveau social assez élevé dans leurs pays, ce qui contraste beaucoup avec le cas de Burkina Faso, où anciens élèves sont revenus durant la contre révolution.

Ce projet ne tourne pour l’instant qu’en Catalogne et en Espagne ? Comment est-il accueilli ? Quel est le type de public qui vient le voir.  

En effet, en ce moment le film tourne en Catalogne où nous sommes installés. Le premier week-end (c’est à dire quand) nous avons fait des projections dans des cinémas autour du 15 octobre 2025, à Barcelone, Sabadell et Valence avec autour de 600 personnes au total. Dans les 12 projections que nous avons organisées, nous avons compté autour de 200 personnes. La majorité sont des jeunes engagés, intéressés par la figure de Thomas Sankara, et aussi de personnes moins jeunes, qui connaissent l’Afrique et sont engagés dans la coopération pour le développement. En février-mars nous allons passer par les Pays Basque et par Madrid. Nous sommes aussi en train de parler avec des camarades du Chile et l’Argentine pour faire des projetions là-bas (sans Babou et l’équipe de réalisation) et nous sommes ouverts à d’autres propositions.

Le film est disponible en quelle langue ?

Les dialogues du film sont principalement en espagnol, puisque il est tourné surtout à Cuba, mais le film à trois versions : espagnol, catalan et français. Babou parle les trois langues et nous avons enregistré toutes ses interventions dans les trois, en rajoutant des sous titres pour les dialogues.

Propos recueillis par Bruno Jaffré

 

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Richard Tiéné : « Ce film sur Sankara, c’est toute ma vie » https://www.thomassankara.net/richard-tiene-film-sankara-cest-toute-vie/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=richard-tiene-film-sankara-cest-toute-vie https://www.thomassankara.net/richard-tiene-film-sankara-cest-toute-vie/#respond Tue, 21 Jun 2022 13:15:27 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=245934 ENTRETIEN. Le journaliste et réalisateur Richard Tiéné présentera au Fespaco (2021) son documentaire « Thomas Sankara, l’humain », un travail minutieux et original sur la révolution burkinabè. (NDLR : on trouvera une présentation du film à « Thomas Sankara, l’humain » dont il est question ici à http://www.thomassankara.net/thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene/) Propos recueillis par Agnès Faivre À environ […]

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ENTRETIEN. Le journaliste et réalisateur Richard Tiéné présentera au Fespaco (2021) son documentaire « Thomas Sankara, l’humain », un travail minutieux et original sur la révolution burkinabè. (NDLR : on trouvera une présentation du film à « Thomas Sankara, l’humain » dont il est question ici à http://www.thomassankara.net/thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene/)

Propos recueillis par Agnès Faivre

À environ trois semaines du clap d’ouverture de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), Richard Tiéné, journaliste, réalisateur et producteur de 44 ans, donne les derniers coups de ciseaux à son biopic consacré au « Che » africain. Intitulé « Thomas Sankara, l’humain », ce documentaire a été sélectionné dans la nouvelle catégorie Section Burkina. Elle récompense des œuvres « représentatives du paysage cinématographique burkinabè ».

Résultant de sept ans de travail et autoproduit, ce film 100 % made in Burkina Faso nous transporte des routes cabossées menant au village natal du révolutionnaire burkinabè jusqu’aux recoins glauques et froids – filmés en noir et blanc – du bâtiment où il fut exécuté avec douze de ses compagnons à Ouagadougou le 15 octobre 1987. Une version « grand format » de 2 h 30 avait été présentée au public burkinabé en octobre 2020. Cette nouvelle mouture de 80 minutes en est à la fois un condensé, et pourrait constituer le « teaser » d’un projet de série d’une dizaine d’épisodes de 26 minutes.

La matière est là. Richard Tiéné exhume et accumule depuis des années des archives, publiques et privées, sur Thomas Sankara. Il a rencontré ses compagnons de route, sa famille, des acteurs politiques ou diplomatiques, et aussi des contempteurs de la révolution. Ni une hagiographie ni un dénigrement de cette icône qui « fascine » le réalisateur depuis l’enfance, le documentaire Thomas Sankara, l’humain entend poser un regard équilibré sur ce héros national. Le Point Afrique l’a rencontré dans les locaux de sa société de production audiovisuelle, Gcom.

Le Point Afrique : Vous aviez 10 ans lorsque Thomas Sankara est arrivé au pouvoir. Quels souvenirs avez-vous gardés de la période révolutionnaire ?

Richard Tiéné : Je suis arrivé au Burkina Faso deux ans après son assassinat survenu le 15 octobre 1987. Pendant la révolution, j’étais en Côte d’Ivoire, à l’école primaire. Mais déjà enfant, j’étais subjugué. Je voyais ce Monsieur en treillis, poing levé. Avec des camarades de classe burkinabè, on disait : « Notre président est plus jeune et plus beau que le président ivoirien Houphouët-Boigny » (rires). Et puis j’entendais parler des trois luttes, contre la coupe du bois, la divagation des animaux, les feux de brousse. C’était nouveau. J’ai eu envie de comprendre. Ma mère tenait une mercerie et m’envoyait acheter des journaux pour emballer les articles de couture. Je dévorais les articles qui parlaient de lui dans la presse ivoirienne, et chacune de ses interviews.

Arrivé au Burkina Faso, j’ai vécu un bout de la « rectification » engagée par Blaise Compaoré. Durant mon année de cm2, j’ai fait partie des derniers pionniers de la révolution. On portait encore l’écharpe, le foulard et le béret, juste avant que ces symboles ne disparaissent. J’étais délégué de classe et quand un invité se présentait, le délégué tapait du poing sur la table. Toute la classe se mettait debout et déclamait : « Pionnier ! Oser, lutter, savoir, vaincre, vivre en révolutionnaire, mourir en révolutionnaire, les armes à la main ! La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » L’invité répondait « Merci camarade », puis on s’asseyait.

Dans mon village, en tant que pionniers, on avait aussi animé la première édition du festival des masques traditionnels de Pouni. J’aimais cet esprit, mais il n’a pas soufflé très longtemps à travers le pays. Quand je suis entré au collège, en 1990, on ne parlait plus de révolution, c’était fini.

Certaines actions nées durant la révolution perduraient-elles néanmoins ?

Oui, comme la plantation d’arbres. Pendant la révolution, le programme « un village, un bosquet » avait été mis en œuvre, avec le slogan « 8 000 villages, 8 000 forêts ». Les gens continuent aujourd’hui de planter des arbres, c’est un héritage de la révolution. Je me souviens qu’à l’école, on avait aussi des jardins éducatifs. On devait semer, arroser et récolter des produits, comme du chou, des tomates, qu’on retrouvait dans nos repas.

Comment l’idée de ce film a-t-elle germé ?

Ce film sur Sankara, c’est toute ma vie. Au collège, j’ai commencé à lire tout ce qui était disponible sur Thomas Sankara. J’étais fasciné. Chaque 15 octobre, je me rendais au cimetière de Dagnoën, où il était censé être enterré. Les sankaristes et les proches des victimes de l’assassinat de 1987 s’y retrouvaient. Et puis, en 1998, le journaliste Norbert Zongo a été à son tour assassiné. On a dit que c’était le crime de trop. J’étais en terminale à l’époque, et ça m’a beaucoup marqué, car j’aimais ses enquêtes, ses éditos, son style cru. Peu après, je me suis orienté vers le journalisme. Et j’ai toujours gardé à l’esprit ce que Thomas Sankara disait sur ce métier, qu’il fallait dénoncer et dire, au service du peuple, ne pas rester muet, ne pas se laisser corrompre. Et puis je lui ai consacré de nombreux sujets pour la radio. Sankara a toujours été présent dans mon parcours.

Ce film, c’est toute ma vie, aussi car j’ai mis du temps pour le boucler – plus de sept ans ! –, et parce que la réalisation est rythmée d’ingrédients dont je suis fan. Le slam, le rap, la danse contemporaine…

La narration est en effet entrecoupée d’extraits d’un spectacle de danse qui met en scène cinq officiers en treillis et rangers…

Oui, je ne voulais pas me cantonner à dérouler des témoignages sur Sankara. Une création de danse contemporaine a donc été conçue pour ce film. La bande-son est un slam de l’artiste Nathanael Minougou. Il retrace la vie du révolutionnaire, du premier cri du nourrisson jusqu’au dernier souffle du capitaine, avec en toile de fond une certaine tension, et une métaphore sur le poisson capitaine en eaux troubles, confronté aux prédateurs.

Sur la base de ce slam, les danseurs du Centre de développement chorégraphique La Termitière (CDC) ont élaboré une chorégraphie. Les répétitions et la captation vidéo du spectacle ont été organisées dans nos locaux. On a créé une ambiance très obscure, avec des fumigènes, et c’est le réalisateur de vidéo-clips Raywox Mensa qui l’a restituée. Les chants et la musique qui composent la bande-son du film sont quant à eux signés Mai Lengani, Nael Melerd, Ro Bayala et Asley.

Un film 100 % burkinabè, fidèle à la doctrine révolutionnaire du « produire et consommer burkinabè » ?

Oui, et c’est un documentaire entièrement autoproduit, sur fonds propres. D’où le temps passé ! Chemin faisant, je me suis demandé combien de Burkinabè avaient réalisé des films sur Thomas Sankara. J’ai constaté que la filmographie existante se composait essentiellement de documentaires produits à l’extérieur. Peut-être parce que les réalisateurs burkinabè avaient peur d’aborder ce sujet sous le régime de Blaise Compaoré. Personnellement, j’ai eu la chance de terminer ce film alors qu’il n’était plus au pouvoir. N’oublions pas que les établissements publics baptisés « Thomas Sankara » sont récents au Burkina Faso.

Quelle est l’intention de ce film ?

Il s’intitule Thomas Sankara, l’humain. « Humain », cela signifie à mes yeux « affable », « disponible », « accessible », mais aussi « faillible ». Il a commis des erreurs, et je ne voulais pas occulter cet aspect-là. Les documentaires existants, de très bonne facture, n’abordent guère les limites de la révolution, voire ses dérives. Sankara y est plutôt mythifié. Alors que certains accordent beaucoup d’importance à des personnages tels que Chantal Compaoré (épouse franco-ivoirienne de Blaise Compaoré, NDLR), ils font par ailleurs l’économie d’acteurs phares de la période révolutionnaire. Comme le leader politique Soumane Touré (fervent opposant à Thomas Sankara, emprisonné sous la révolution, NDLR) ou Béatrice Damiba, qui fut haut-commissaire et ministre de l’Environnement sous la révolution, puis ministre de l’Information et présidente du Conseil supérieur de la communication sous la présidence de Blaise Compaoré. Ce sont des voix plus critiques de la révolution. J’ai dû les tanner durant des années pour les convaincre de témoigner. Selon eux, à chaque fois qu’ils avaient accepté, leurs propos n’avaient pas été gardés au montage. Des fanatiques de Sankara m’ont reproché d’avoir donné la parole à Soumane Touré, en me disant que c’était « un vieux fou ». Mais j’ai recoupé les chiffres, les dates, et ce qu’il a dit m’a paru pertinent. Selon moi, il est comptable de l’histoire politique de notre pays.

Il s’agit donc d’un film de plus sur Sankara, mais pas d’un film de trop.

Soumane Touré dénonce notamment dans ce film les Comités de défense de la révolution (CDR), qu’il accuse d’avoir « cassé la mobilisation du début », et reproche au Conseil national de la révolution de ne « jamais » avoir souhaité discuter avec les travailleurs…

Soumane Touré, qui est décédé cette année au mois de mars, critique les abus de membres zélés des CDR, qui profitaient du couvre-feu pour outrepasser leurs droits, se croyant tout permis. Thomas Sankara lui-même a reconnu certaines dérives des CDR. De nombreux civils se sont mobilisés pour que la révolution voie le jour, et imaginaient que Sankara leur remettrait ensuite le pouvoir. Soumane Touré, longtemps engagé dans la lutte syndicale, puis politique, fait partie de ceux-là. Mais Sankara est resté arc-bouté sur les chantiers à accomplir, fustigeant les privilèges des fonctionnaires, cette minorité qui buvait du champagne quand une majorité avait besoin d’eau, selon lui. Il entendait donc poursuivre les sacrifices jusqu’à ce que les masses bénéficient des changements.

Avez-vous approché Blaise Compaoré pour les besoins de ce film ?

Nous avons vu des intermédiaires qui nous ont promis une interview, mais ça n’a rien donné. Personnellement, j’ai lancé une bouteille à la mer lors d’un passage sur la chaîne burkinabè 3TV au mois d’août, mais je n’ai pas eu de retour.

Blaise Compaoré n’a jamais été très loquace sur cette période.

Il est même très peu loquace dans les archives que vous avez recueillies – sur la période révolutionnaire. On le voit souvent à l’image, mais on ne l’entend quasiment pas.

Oui, il s’exprime rarement. Des quatre mousquetaires de la révolution, il était le moins disert. Tout juste l’entend-on remercier dans une archive des Comités de défense de la révolution pour leur « promptitude à combattre les valets locaux de l’impérialisme ». Mais il ne semble pas à l’aise dans cet exercice.

Votre film contient de nombreuses images d’archives. D’où viennent-elles, et les avez-vous obtenues facilement ?

La majorité des images d’archives appartiennent à la télévision publique burkinabè, et nous pouvons les utiliser librement. Nous avons aussi pu récupérer des discours de Thomas Sankara conservés à Alger à l’issue de ses visites dans ce pays, en nous adressant au ministère algérien des Affaires étrangères. Nous avons également obtenu des archives libres de droits sur la plateforme de l’INA (Institut national de l’audiovisuel). Enfin, nous avons payé des archives, sonores ou audiovisuelles, à des particuliers au Burkina Faso.

On aurait pu faire un film extraordinaire si nos archives nationales avaient été bien conservées. Malheureusement, certaines ont disparu. Nous n’avons rien, par exemple, sur les interventions de Blaise Compaoré au cours de la période qui a suivi la mort de Thomas Sankara. Il manque aussi de nombreuses images sur la politique extérieure de Thomas Sankara, qu’il s’agisse de ses déplacements à l’étranger ou des visites à Ouagadougou de chefs d’État étrangers. Pourtant, ces séquences étaient diffusées dans les journaux télévisés de l’époque.

Pour quelles raisons, selon vous ?

On nous a dit que c’était dû dans certains cas à des difficultés de conservation des cassettes VHS, exposées aux intempéries. Y a-t-il eu par ailleurs des intentions de faire disparaître certaines traces ? On ne sait pas. Il n’empêche que Thomas Sankara est le chef d’État burkinabè sur lequel nous avons le plus d’archives.

Et quelles archives ! On est évidemment happé par l’orateur Sankara, sa faconde, son charisme et son sens de la formule. On est à la fin des années 1980 et c’est déjà un professionnel de la communication…

Sankara était un très bon communicant qui accaparait la scène médiatique. C’était une qualité innée chez lui. Tout comme son esprit rebelle, ancré dès l’enfance. Il n’est encore qu’un petit garçon quand il remplace avec ses camarades le drapeau français de son école par le drapeau burkinabè.

Dans une archive du Sommet franco-africain de Vittel d’octobre 1983, il parle de l’importance de produire et de consommer local. Il prend comme exemple les tenues en danfani – un coton produit au Burkina Faso – portées par la délégation burkinabè, et raille ses pairs africains en arguant qu’aucun officiel burkinabè n’arbore « de cravates venues de Londres » ou de « costumes venus de Paris ». On voit les regards noirs, gênés ou circonspects de certains d’entre eux…La communication était, certes, un de ses talents, mais quel était le revers de la médaille ?

Il avait en effet un franc-parler qui tranchait avec la langue de bois habituelle, et il faisait passer des messages en maniant l’ironie. Avec un sourire taquin, une sérénité déconcertante, qui ne plaisaient pas forcément à tout le monde. Mais cette aisance à communiquer exprimait aussi la naïveté d’une antilope défiant les lions dans la savane. Certains l’ont taxé d’« impertinent », d’« insolent ». Le diplomate burkinabè Mélégué Traoré estime, lui, que Sankara allait parfois trop loin, par exemple quand il déclarait : « Le peuple malien a besoin d’une révolution. » C’était en quelque sorte un appel à la désobéissance civile au Mali !

Ses discours, comme ses actes, remettaient aussi en cause des pratiques existantes. Son frère Valentin raconte par exemple que lorsque sa Renault 5 (véhicule de fonction du gouvernement sous la révolution, NDLR) a commencé à être usée, ça a été tout un dilemme. Fallait-il la revendre ? Acheter un véhicule neuf en puisant dans les caisses de l’État, alors que cet argent aurait pu être mieux investi ailleurs ? Il a opté pour l’achat d’un véhicule d’occasion en France. Mais certains de ses collaborateurs tombaient des nues, et se disaient qu’en tant que président du Burkina Faso, il aurait tout de même pu s’offrir un véhicule neuf. Ce n’était pas toujours bien compris, au Burkina Faso comme en Afrique. Un officier haut gradé est censé vivre dans un certain luxe.

En revanche, sa façon de communiquer répondait aussi à ce que la jeunesse africaine avait besoin d’entendre, de voir. Un président hors du commun, parlant à tout le monde de manière égale, sans détour. Il était proche des jeunes, du monde paysan, foncièrement engagé aux côtés des femmes. Et il mettait en pratique tout ce qu’il disait. Il vivait ses discours, il donnait l’exemple, sans démagogie. Thomas Sankara était le premier à accepter les sacrifices qu’il imposait, qu’il s’agisse de la réduction des salaires des fonctionnaires, de l’utilisation raisonnable des biens de l’État, ou de tendre à un exercice du pouvoir peu budgétivore. Cette application à la lettre des principes de la révolution faisait sa force auprès de la jeunesse.

L’universitaire Serge Théophile Balima rappelle dans votre film qu’il écrivait ses discours lui-même, car « aucun conseiller n’avait pu le satisfaire ». On apprend aussi que lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou en novembre 1987, sept projets de discours lui ont été soumis. Mais il a finalement préféré improviser face au président français. Là encore, cela ne devait pas être toujours bien perçu ?

Serge Théophile Balima dit aussi que c’était un iconoclaste, au discours peu ordinaire, parfois mal compris. Mais il est vrai qu’en plus de ses entorses à la bienséance diplomatique, cette façon de froisser et de jeter les pages de discours qu’on lui préparait a pu se retourner contre lui. Ce genre d’épisode au cours duquel il décide sans concertation de donner du grain à moudre à Blaise Compaoré et à ceux qui l’ont accusé d’avoir pris des décisions cavalières et, surtout, d’avoir trahi la révolution.

Au moment d’évoquer sa mort, et la discorde avec son frère d’armes Blaise Compaoré, un de vos intervenants minimise l’importance de Chantal Compaoré. On a beaucoup glosé à propos de son influence, de son goût pour le faste, à l’opposé du mode de vie ascétique de la famille Sankara, et sur l’agenda caché de Houphouët-Boigny soupçonné d’avoir arrangé le mariage entre Chantal Terrasson de Fougères et Blaise Compaoré…

Il s’agit de l’historien Jean-Marc Palm, qui fut le premier ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré. Il analyse un peu plus froidement la situation aujourd’hui, il a pris de la distance. Et il dément en effet la version selon laquelle Houphouët-Boigny aurait « mis Chantal dans les pattes de Blaise » Compaoré. Selon lui, ils se sont rencontrés par l’intermédiaire d’un ami officier. Il n’exclut pas que Houphouët-Boigny, qui connaissait le père de Chantal Terrasson de Fougères, ait par la suite cherché à tirer profit de la situation. Mais il estime qu’on exagère l’influence de son épouse, et que si les relations entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara se sont détériorées, c’est uniquement dû à des divergences de vues, qui étaient à leur paroxysme.

Vous vous apprêtez à présenter ce film au Fespaco. Qu’en attendez-vous ?

On serait heureux d’être invités à des festivals, de voir le film être projeté hors de nos frontières, car nous l’avons fait avec notre œil, nos limites techniques, et notre cœur. Ce qui répond à un idéal sankariste.

Nous travaillons aussi sur un projet de série. Initialement, on avait prévu six épisodes. Avec le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara qui doit s’ouvrir le 11 octobre, on va peut-être revoir le nombre d’épisodes à la hausse.

Cette fois, on aimerait être accompagné par un producteur. Pour le film documentaire, on nous avait suggéré au départ de solliciter des financements auprès de l’Union européenne et de l’Unesco. Mais on craignait que ce soit mal perçu au Burkina Faso, que le public dise que telle ou telle entité avait infléchi notre démarche ou que les critiques écrivent que c’était un film financé par l’impérialisme. C’est pourquoi nous avons mis tant de temps pour le financer, petit bout par petit bout. Il n’aime pas que je le dise mais un de mes grands frères nous a donné de l’argent pour payer les danseurs, les musiciens, et acheter du matériel. Il a même financé des archives. Sans lui, ça aurait traîné trois ans de plus !

Propos recueillis par Agnès Faivre le 2 octobre 2021.
Source : https://www.lepoint.fr/afrique/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-c-est-toute-ma-vie-02-10-2021

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“Thomas Sankara l’humain” un film de Richard Tiéné https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene/#respond Thu, 09 Jun 2022 09:33:24 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=246566 Fiche technique Documentaire, Burkina, couleur 1 h 20 mn, Réalisateur : Richard Tiéné Production : Gcom Producteur : Dr Beli Biyen, Richard Tiéné (producteur exécutif) Images : Lucien Kiendrebeogo, Isidor Bouda, Damien Ouedraogo, Pascal Ilboudo Montage et étalonnage: Pascal Ilboudo Musique : Mai Lengani, Naël Melerd, Ro Bayala, Asely Chorégraphie : Danseurs du Centre de […]

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Fiche technique

Documentaire, Burkina, couleur 1 h 20 mn,

Réalisateur : Richard Tiéné

Production : Gcom

Producteur : Dr Beli Biyen, Richard Tiéné (producteur exécutif)

Images : Lucien Kiendrebeogo, Isidor Bouda, Damien Ouedraogo, Pascal Ilboudo

Montage et étalonnage: Pascal Ilboudo

Musique : Mai Lengani, Naël Melerd, Ro Bayala, Asely

Chorégraphie : Danseurs du Centre de développement chorégraphique La Termitière (CDC)

Montage chorégraphique : Raywox Mensah

Contact : 226gcom@gmail.com


La bande annonce


Synopsis

Le 15 octobre 1987, le leader de la révolution burkinabè est tué. Ce n’était pas le premier putsch dans ce pays au cœur de l’Afrique de l’Ouest ; mais sa fin tragique, aboutissant à l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, choque le monde. Ce Président dont le règne n’a duré que quatre ans (4 août 1983 – 15 octobre 1987) a marqué les esprits par son charisme, son audace, son panafricanisme associé à sa jeunesse. Il n’avait que 33 ans lorsqu’il accédait au pouvoir. Cette mort tragique sera diversement appréciée par l’opinion publique et la communauté internationale. De nombreux hommages continuent de lui être rendus. Des réalisateurs lui ont dédié des films sous différents angles. Le film « Thomas Sankara : L’Humain » est guidé par l’idéal d’équilibre dans les faits rapportés par des personnes ressources désignées avec rigueur.

On trouvera une interview de Richard Tiéné sur son film “Thomas Sankara l’humain” à http://www.thomassankara.net/richard-tiene-film-sankara-cest-toute-vie/.


Présentation du réalisateur

Boubié Richard Tiéné est un journaliste burkinabè auteur de plusieurs documentaires, de grands reportages audiovisuelles qui a fait ses armes en télévision et en radio. Il est diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Lille en France et titulaire d’un master international en management des médias de l’Université de Lille. Il a, par ailleurs, une maîtrise en sciences et techniques de l’information et de la communication de l’Université de Ouagadougou. Passionné de médias, il est directeur de publication du journal web Radars Info Burkina (radarsburkina.net), correspondant de la DW (Deutsche Welle, la Voix de l’Allemagne), directeur général de l’agence de communication GCOM. Ancien membre du comité technique pour la délivrance de la carte de presse et du laisser-passer, il est détenteur de trois prix Galians décernés dans le cadre de la production de grands reportages radiophoniques.

Boubié Richard Tiéné depuis plus d’une dizaine d’années s’intéresse au grand écran.

En 2009, son film, coréalisé avec Romain André, « Prince 2 la nuit » (court métrage de 14 minutes), figure dans la catégorie panorama du FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou). « Musique, Humour, engagement politique : le poids des mots » est un documentaire (52 minutes) qu’il a réalisé et qui a été projeté au Festival Ciné Droit Libre en 2016. Son dernier documentaire Thomas Sankara l’humain (80mn) a fait partie de la sélection officielle de la dernière édition du Fespaco (2021).

Boubié Richard Tiéné a été membre de jury de plusieurs prix prestigieux tels que celui de la meilleure journaliste et des Kundé édition 2021.

En 2020, il a été élevé au rang de chevalier de l’ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication.

Filmographie :

Le prince de la nuit, 2009
Voyage dans l'Univers des sociétés de masques nuni, 2018
Trafic routier, racket multiforme, la sécurité en insécurité, 2019
Bihoun Bambou, un paysan générateur de devise, 2018
Boom minier, la difficile équation de la réhabilitation, 2017
Pionniers des airs, Pierre Yacouba Diasso, premier commandant africain de la base aérienne, 2016,
Election présidentielle 2015 au Burkina, les affiches à l'affiche, 2015
Musique, humour  engagement politique: le poids des mots, 2015
The Night Prince, 2009
Journey into the Universe of nuni mask societies, 2018
Road traffic, multifaceted racketeering, insecure security, 2019
Bihoun Bambou, a currency generator farmer, 2018
Mining boom, the difficult equation of rehabilitation, 2017
Air pioneers, Pierre Yacouba Diasso, first African commander of the air base, 2016,
2015 presidential election in Burkina, posters on display, 2015
Music, humor political engagement: the weight of words, 2015

Nos commentaires

Commençons par saluer ce premier documentaire professionnel sur l’histoire de Thomas Sankara et de la Révolution issu du Burkina ! Et Richard Tiéné nous livre ici un œuvre d’une grande richesse produite au Burkina Faso entièrement réalisée par une équipe burkinabè.

Passionné, Richard Tiéné déclare “Ce film sur Sankara c’est toute ma vie” dans une très longue interview donnée au point Afrique (voir https://www.lepoint.fr/afrique/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-c-est-toute-ma-vie-02-10-2021-2445894_3826.php). Et il précise qu’il lui a fallu sept ans pour le faire. Et ce n’est pas fini. La première version présentée au public burkinabè en octobre 2020 faisait 2h30mn. Celle présenté au FESPACO 2021, 80 mn. C’est dire combien la matière qu’il a accumulé est riche. Et on imagine la souffrance du cinéaste pour réaliser de telles coupes.

Un réalisateur burkinabè n’est pas pris par le temps dans le sens où il tourne et travaille dans son propre pays. Alors qu’un cinéaste qui vient de l’extérieur ne dispose généralement que de peu de temps. Souvent pas plus de 2 semaines, même si les moyens lui permettent de revenir, son temps est compté. Et le nombre de personnes à interviewer forcément limité. Sans compter la méfiance qu’expriment certains protagonistes de la Révolution, d’abord à accepter les rencontres et puis à se livrer.

Cela dit le manque de temps, même s’il n’est pas limité, ce qui semble avoir été le cas pour Richard Tiéné, n’est pas forcément un gage de qualité. Or Richard Tiéné maitrise le langage cinématographique. C’est depuis longtemps un professionnel des médias et ça se voit, dans le rythme, le cadrage, la qualité des images.

Richard Tiéné, réalisateur, burkinabè et de plus passionné a choisi de prendre son temps. Il a d’abord rencontré et interviewé de nombreux collaborateurs de Sankara alors qu’il faisait des émissions radio. D’où la richesse accumulée mais aussi la difficulté sans doute à les choisir. Après ce premier film, il se lance dans un projet de série…

En réalité, tous les documentaires sortis jusqu’ici, ont tenté de traiter globalement de la vie de Thomas Sankara et de la Révolution. A part celui de Géraldine Berger, Les Orphelins de Sankara (voir à http://www.thomassankara.net/les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger/) qui raconte l’histoire des enfants Burkinabè partis étudier à Cuba. Un sujet donc bien circonscrit.

Or cette révolution, est tellement riche en elle-même, la personnalité de Thomas Sankara, tellement complexe, paradoxale, contradictoire même parfois que, si ces films ont tous été jusqu’ici bien accueillis, parce que souvent hagiographiques et répondant à forte demande d’images jusqu’ici bien rares, ils ont souvent aussi produit un sentiment de frustration chez ceux qui souhaitent approfondir le sujet.

Dans ces films on retrouve souvent les même archives issues de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) peu nombreuses, avec quelques images issus du Burkina récupérés ici ou là. On en retrouve d’ailleurs encore quelques-unes dans Thomas Sankara l’Humain… Mais ce dernier nous en fait découvrir de nouvelles, en particulier quelques images de mobilisation des CDR, en noir et blanc souvent.

Richard Tiéné le dit lui-même, il a pu disposer des archives de la Télévision nationale burkinabè. Nous avons souligné le fabuleux travail du service des archives de la RTB et de l’engagement de son personnel (voir à http://www.thomassankara.net/le-service-des-archives-de-la-television-burkinabe-motive-manque-cruellement-de-moyen/) malgré un manque cruel de moyens. Richard Tiéné se plaint avec raison du manque de soin avec lequel ces archives ont été traités sous le trop long régime de Blaise Compaoré. Pourtant, beaucoup ont déjà été récupérés, et de très nombreuses archives n’ont toujours pas été numérisées faute de moyen et de matériel. Mais Richard Tiéné a aussi trouvé des archives privées. Ces nouvelles archives, malheureusement souvent de mauvaise qualité technique n’en produisent pas moins beaucoup d’émotion tant elles restent encore rares. Celles produites en tout cas montrent une indéniable mobilisation populaire. On note aussi une interview intéressante de Thomas Sankara lors d’un sommet de la CEAO où il vante le Faso Dan Fani, ce qu’il a réitéré deux après lors de la réunion de l’OUA Sankara. Des images celles-ci largement popularisées avec celles de son discours sur la dette, dont la vidéo est la plus connue.

Le film de Richard Tiéné, réduit à 80 mn, contient ce défaut déjà énoncé ici pour les films précédents d’avoir choisi d’être généraliste. Mais il tranche par rapport à ce que nous avons vu jusqu’ici par le choix des témoins absents des documentaires précédents. Ainsi pour parler de la personnalité de Thomas Sankara, il a pu interroger Pascal Sankara, l’ainé des petits frères de Thomas Sankara, Valentin Sankara et Ernest Nongma Ouedraogo. Ils nous livrent quelques anecdotes révélatrices des qualités précoces du jeune Thomas et enrichissent le portrait du dirigeant révolutionnaire. Ernest Nongma est présenté comme un collaborateur de Sankara, selon son souhait nous a confié Richard Tiéné. Mais il est aussi et surtout aussi le cousin de Thomas Sankara, avec qui il a partagé l’enfance durant la période de l’école primaire, d’où la légitimité qu’il a à parler de son caractère durant cette période. Il est aussi devenu durant la Révolution ministre de la sécurité et de l’administration territoriale. Pour parler de Sankara il évoque « un lionceau, prêt à attaquer les fauves les plus féroces de la savane politique ».

Le film traite ensuite évidemment beaucoup trop rapidement des réalisations tellement il est difficile de faire autrement, tant elles ont été nombreuses. Il donne la parole à des personnalités émettant des critiques sur le processus révolutionnaire et la gestion du pouvoir par Thomas Sankara. A part quelques remarques un peu rapides dans le film de Robin Shuffield Thomas Sankara l’homme intègre, la première véritable production professionnelle, les autres films ne se livrent pas à ses reculs critiques.

Sont donc mis à contribution, Jean Marc Palm, Mélégué Traoré, Basile Guissou, Béatrice Damiba, Théophile Balima, Touré Soumane et le directeur du quotidien l’Observateur Edouard Ouedraogo. Il est temps de prendre un certain recul critique par rapport à la Révolution et d’ouvrir ce débat. C’est indispensable pour en tirer toute la richesse et éventuellement des leçons pour l’avenir, mais surtout pour contribuer à la formation politique et citoyenne de ceux qui se réclament les héritiers de Thomas Sankara. Souvent admirateur de leur héros, ils ont malheureusement pour la plupart tendance à faire preuve d’intransigeance contre ceux qui émettent la moindre critique.

Pour autant le choix de ces témoins pose problème. Les cinq premiers ont en effet tous choisi de se ranger, après l’assassinat de Thomas Sankara, derrière Blaise Compaoré avec qui ils ont collaboré de très longues années. Sont-ils vraiment légitimes pour critiquer la Révolution ? La plupart ne cherche pas avant tout à faire oublier cette longue collaboration avec un régime chassé par une insurrection populaire.

Touré Soumane, un des anciens leaders du PAI, a connu un parcours particulièrement sinueux depuis qu’il s’est détourné de ses anciens camarades. Ce parti a joué un rôle de tout premier plan pour la victoire de la Révolution et fut sans doute le seul à émettre un point de vue critique souse le CNR, surtout sur la gestion du pouvoir, et la prépondérance des militaires. Mais Touré Soumane s’est fait remarquer dès la première annoncée de la Révolution par des déclarations publiques contre le CNR, que nous savons aujourd’hui, contre l’avis de ses camarades. N’aurait-il pas été plus judicieux de faire parler Philippe Ouedraogo ou Ibrahima Koné, tous deux anciens ministres la première année du CNR, probalement plus rigoureux dans leurs analyses. Quant au directeur de l’Observateur, le seul quotidien, alors, qui a été incendié, il s’est toujours rangé contre la Révolution et souvent de façon radicale.

La contribution de Serge Théophile Balima, enseignant en communication à l’université, est par contre des plus intéressantes. Il était à l’époque conseiller à la Présidence, charge des relations avec la presse internationale. Il nous confie que Thomas Sankara a fait écrire sept versions du discours qu’il devait prononcer face à François Mitterrand, pour finalement improviser une joute oratoire (voir http://www.thomassankara.net/seul-le-combat-peut-liberer-notre/), devenue fameuse pour son culot.  Mais surtout il se livre à une analyse pertinente de la communication de Thomas Sankara, vu d’un point de vueu professionnel. Une analyse quelque peu coupé pour les besoins du film mais jamais vue aussi pertinente jusqu’ici.

Ce nouveau film de Richard Tiéné est une contribution importante à la filmographie consacrée à Thomas Sankara. C’est la première issue du Burkina, faisant intervenir des témoins peu vus jusqu’ici. En outre elle renferme de nombreuses archives inédites et ouvre le débat sur les éventuelles erreurs de Thomas Sankara et de ses compagnons à la tête de la Révolution. Il nous promet une suite sous forme d’une série de films, cette fois. Nous ne pouvons que l’encourager.

Le réalisateur est actuellement à la recherche d’un distributeur, on ne peut que souhaiter qu’il en un trouve un rapidement, afin que ce film puisse aller à la rencontre de son public et ouvrir le débat sur la Révolution et ses dérives ou erreurs éventuelles.

Bruno Jaffré

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Sankara un documentaire de Yohan Malka https://www.thomassankara.net/sankara-film-de-yohan-malka/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sankara-film-de-yohan-malka https://www.thomassankara.net/sankara-film-de-yohan-malka/#comments Sat, 22 Jan 2022 12:53:47 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=246201 Fiche technique Documentaire, France, couleur 2 x 30 mn, 2021 Réalisateur : Yohan Malka Images : Fred Guiro Son : Jo Hemmen Montage : Nicolas Dumont Graphiste : Mathieu Stole Fixeur : Aboubakar Sanga Production : BrutX  Le film est visible sur la plateforme brutX à https://bit.ly/3IIm24K La bande annonce Présentation du réalisateur Yohan Malka […]

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Fiche technique

Documentaire, France, couleur 2 x 30 mn, 2021

Réalisateur : Yohan Malka

Images : Fred Guiro

Son : Jo Hemmen

Montage : Nicolas Dumont

Graphiste : Mathieu Stole

Fixeur : Aboubakar Sanga

Production : BrutX 

Le film est visible sur la plateforme brutX à https://bit.ly/3IIm24K


La bande annonce


Présentation du réalisateur

Yohan Malka est un  journaliste indépendant depuis 15 ans ( France 2, Canal +, arte … ) . Il a travaillé dans de nombreux pays, au Brésil, Afrique du Sud, Hongrie, États-Unis, Zimbabwe, Argentine et bénéficie surtout d’une longue expérience de reporter. C’est son premier documentaire.


Nos commentaires

Voilà un film qui tranche avec tous les documentaires sortis jusqu’ici sur Thomas Sankara et la Révolution  (voir nos présentations à http://www.thomassankara.net/category/francais/analyses/documentaires/).

BrutX qui en a assuré la production est présenté par wikipédia comme « principalement destiné aux jeunes ». Le réalisateur Yohan Malka que nous avons rencontré nous avait clairement confirmé quel était le public cible de son projet, la jeunesse. Ce positionnement va impacter fortement la construction et le style du film.

Quelque soit leur âge, les autres réalisateurs, documentaristes plus ou moins expérimentés, qui ont réalisé les films précédents, s’ils avaient sans doute aussi l’objectif de toucher aussi les jeunes sont restés dans une forme que nous nous permettons de qualifier, bien maladroitement de plus ou moins classique. Ce qui d’ailleurs n’a rien de péjoratif.

De gauche à droite Fred Guiro, Yohan Malka, Aboubakar Sanga, JO Hemmen

Yohan Malka construit son film, en toute liberté, y compris dans sa forme, pour toucher les jeunes. A mi chemin entre l’agit-prop (NDLR c’est ainsi qu’on appelait les films militants de propagande, un mot de ma génération mais qui ne signifie sans doute pas grande chose à la jeunesse d’aujourd’hui), le documentaire ou le reportage. Les interviews dominent sous des formes assez différentes. Scènes de rue pour capter des paroles de jeunes croisés sur le chemin, interviews classiques de Burkinabè dirigeants de la Révolution à l’époque, de jeunes noirs de France donnant leur perception de la portée de l’action et des paroles de Thomas Sankara, ou mise en situation pour recueillir les impressions de personnes visionnant des discours de Thomas Sankara.

Le rythme est assez soutenu. Le film est en permanence entrecoupé de mots d’ordre ou slogans peints par des graphistes qui s’affichent sur tout l’écran, en illustrant les propos de ceux qui parlent de Sankara qui réussit « à capter l’attention par la puissance du message qu‘il diffusait ».

Christophe Cupelin dans son film Capitaine Sankara, faisait de même en interrompant les successions d’images d’archives, par l’image d’une machine à écrire qui écrivait les mots d’ordre. Mais ici leurs apparitions donnent un peu le tourni. Inondant régulièrement l’écran de gros caractères, les propos paraissent plus mordants, commentés par des jeunes d’aujourd’hui. « En terme de punchline, je préfère Sankara à Bouba » affirme Yali Sankara, un jeune rappeur revenant régulièrement à l’écran.  Cette façon d’écrire le documentaire donne toute son importance aux verbes de Sankara. Nous, membres de l’équipe du site thomassankara.net , n’en finissons pas d’ailleurs, ce qui est remarquable de dénicher régulièrement et de mettre en ligne de nouveaux discours ou nouvelles interviews, tous et toutes toujours riches en formules politiques, provocations verbales ou expressions humoristiques.

Le verbe n’est-il pas le moyen d’expression privilégié des rappeurs ? Au Burkina, c’est Smockey, vedette du rap dans son pays, véritable expert des tournures de phrase imagées  qui vient prendre le relai de Yali. Au premier rang des combattants contre le régime de Blaise Compaoré, utilisant la musique pour conscientiser la jeunesse avec son compère d’alors le reaggeaman Sams’K Le Jah, absent du Burkina lors du tournage. Dans la même veine on découvre le groupe de graffeurs dirigé par Sié Palanfo en train de peindre sur un mur un portrait de Sankara sous titré par « DEFENSE D’OUBLIER ».  Tout un programme pour la jeunesse de ce pays. Il a tellement dessiné Sankara sur les murs qu’il connait chaque détail de son visage. Il goute la plaisir de cette liberté retrouvée après cette longue période où la figure de Sankara ne pouvait être impunément dessinée sur les murs.

Ce que disent ces jeunes, plus si jeunes que ça tout de même, prouvent s’il en était besoin, combien son discours leur parlent. Puisqu’il n’est plus vivant pour nous commenter ce qu’il fait ou ce qu’il pense, il nous reste donc son verbe qui non seulement apparait encore souvent très actuel mais très probablement essentiel dans sa popularité actuelle.

Sankara a pris le pouvoir à 33 ans et s’est fait assassiné à 37. La plupart de ses collaborateurs, les ministres, les dirigeants politiques de la révolution étaient de cette génération. Au Burkina si la proportion des jeunes était moins importante dans les années 1980 du fait de la baisse de la mortalité infantile depuis, on l’évalue aujourd’hui à environ 65% par rapport à l’ensemble de la population. Ce sont eux qui ont constitué l’essentiel des foules qui ont par dizaine de milliers, envahi les rues fin octobre 2014 obtenant rapidement sa fuite, exfiltré par l’armée française.

Liz Gomis jeune réalisatrice, explique combien l’existence de Thomas est crucial pour la jeunesse d’origine africaine. Enfin cette jeunesse en mal de héros en a trouvé un et de taille. « Jusqu’ici on n’avait qu’ici on n’avait qu’une version de l’histoire », par exemple « il a remis à zéro toutes mes référence sur le féminisme ».  Car outre les jeunes, la Révoluktion s’est aussi essentiellement appuyé sur les femmes. En écho la toute jeune Sibilla Ouedraogo, filmée lors de scènes d’éducation sexuelle et de sensibilisation à la contraception qu’elle anime avec d’autres jeunes filles se couvrant les cheveux, explique : « Thomas a dit qu’on ne peut pas changer les choses sans une dose de folie. Pour moi, porter le voilé et parler de sexualité c’est ma dose de folie » !

Thomas Sankara, jeune président, se n’est pas trompé en s’appuyant sur la jeunesse, et sur les femmes. C’est parmi cette population que se cachait cette puissante énergie inexploitée, sinon pour rester cantonner dans la sphère domestique pour les femmes, qui va tant apporter à la Révolution et déplacer des montagnes. Car c’est bien comme qu’on pu être réalisé des multiples chantiers que n’a cessé d’impulser Thomas Sankara. Rien n’aurait pu être réalisé sans cette puissante énergie qui s’est levé grâce au verbe de Sankara mais aussi par l’exemple qu’il donnait de courage, de probité, d’intégrité et de travail.

Interview à Ivry (France 94) devant la fresque réalisée par Vince

La moité des intervenants sont jeunes, surtout ceux qui interviennent en France, les autres ayant été interviewés au Burkina choisi parmi d’anciens collaborateurs de Thomas Sankara. Germaine Pitroipa, qui fut dirigeant d’une des provinces, (Haut Commissaire) et Fidel Kientéga un de ses proches conseillers à la présidence se laissent aller à leurs émotions devant caméra, démontrant l’affection qu’il suscitait autour de lui. On regrette de voir ici Basile Guissou prendre tant de place. Il a certes été membre du Conseil de la Révolution et l’a payé dans sa chair en se faisant torturé après la mort de Thomas Sankara. Mais il n’a pas tardé à rejoindre le pouvoir de Blaise Compaoré et donc à cautionner toutes les dérives répressives de ce régime comme le développement de la corruption. Mieux il s’est fait le théoricien du CDP, le parti de Blaise Compaoré. Certes il semble bien parler de Thomas Sankara. Mais, lorsqu’après un long passage sur l’assassinat de Thomas Sankara qui charge comme il se doit Blaise Compaoré et son hypocrisie, il semble se plaindre que l’on veuille aujourd’hui passer l’éponge et « certains racontent qu’on veut s’entendre »… Lui qui a passé l’éponge depuis plus de 25 ans, et s’est entendu avec les assassins de Thomas Sankara sans beaucoup d’état d’âme, on regrette que lui soit donné la parole aussi longuement, sans rappeler son itinéraire.

Alouna Traoré, le seul survivant du massacre du 15 octobre, est filmé sur les lieux du drame, décrivant en détail ce qui s’est passé ce jour là. C’est une première depuis l’ouverture des locaux du Conseil de l’Entente où s’est déroulé l’assassinat.

Les archives judicieusement choisies permettent de voir Thomas Sankara en action. Ce serait dommage de s’en priver tant il est à l’aise devant les caméras. Les scènes cocasses lorsqu’il va à la rencontre des lycéens sont déjà été largement exploitées, mais pertinentes dans la construction du film et pour la nouvelle génération qui ne les connaissent pas. D’autres sont connues, mais d’autre non, notamment les images de la journée « des maris au marché ». Quelques belles photos, dont certaines inconnues jusqu’ici illustrent agréablement encore le film. Un choix quelque peu différentes des images très fortes, choisies de la joute verbale entre Thomas Sankara et Mitterrand à Ouagaoudou, en novembre, un peu différentes de celles choisies dans d’autres documentaires, permettent de saisir le visage faussement impassible, en réalité décomposé, de François Mitterrand lorsque Sankara déclare : “Nous n’avons pas compris que des tueurs comme Pieter Botha ont eu le droit de parcourir la France, si belle et si propre. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang.”

Les jeunes interviewés tout au long du film constituent en quelque sorte des médiateurs entre la pensée et l’action de Thomas Sankara et les jeunes de France. Une partie d’entre eux cependant ? Cela nous donne des paroles à entendre comme «ce n’est que lorsqu’on parle de l’esclavage en histoire que l’on parle des noirs en histoire au lycée », une parle forte, ou faire entendre aux jeunes blancs qui n’ont bien sûr pas ce ressenti.

Mais pourtant la critique essentielle que l’on peut faire à ce documentaire, c’est de ne donner ici la parole qu’à des jeunes noirs et noires. Sans doute font-ils de Thomas Sankara leur héros. Mais la portée de Thomas Sankara est universelle. Car depuis déjà de très nombreuses années, c’est bien au-delà des différences de couleur et d’origine que rayonne la pensée de Thomas Sankara. Assez rapidement par exemple, le mouvement altermondaliste en a fait l’icône de la lutte contre le remboursement des dettes illégitimes et les institutions financières. Sans parler du précurseur qu’il était déjà en matière de lutte pour la défense de l’environnement, comme de la libération de la femme en le mouvement altermondialiste.  Yohan Malka questionné là-dessus l’a reconnu et le regrette aujourd’hui semble-il.

Bruno Jaffré

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Les Orphelins de Thomas Sankara, un film de Géraldine Berger https://www.thomassankara.net/les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger https://www.thomassankara.net/les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger/#comments Sat, 24 Aug 2019 10:43:06 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=241262 Fiche technique Réalisation : Géraldine Berger Montage : Alexandra Mélot Image : Julien Bossé Son : Jérémie Halbert Montage son et mixage : Hervé Guyader Musique originale : Abdoulaye Cissé Producteurs : Sébastien Tézé et Laurent Bocahut Productrice exécutive Burkina Faso : Fanta Régina Nacro Avec le soutien de la SCAM (Société civile des auteurs […]

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Fiche technique

Réalisation : Géraldine Berger
Montage : Alexandra Mélot
Image : Julien Bossé
Son : Jérémie Halbert
Montage son et mixage : Hervé Guyader
Musique originale : Abdoulaye Cissé
Producteurs : Sébastien Tézé et Laurent Bocahut
Productrice exécutive Burkina Faso : Fanta Régina Nacro

Affiche du film “les orphelins de Sankara”

Avec le soutien de la SCAM (Société civile des auteurs multimedia), brouillon d’un rêve et du CNC (Centre national du cinéma), coproducteur Vosges TV.

Avec la participation des anciens élèves de Cuba, leurs familles et professeurs, de la mission cubaine au Burkina-Faso et d’Abdoulaye Cissé. Avec les archives de la RTB (Radio télévision du Burkina) et de l’ICAIC (Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematograficos).

Le film a été sélectionné au FESPACO (Ouagadougou), au FIFH (Amiens), au Festilag à. Abidjan,  au FFIH à Pessac en novembre 2019, au festival de Rasnov en aout 2020, au festival Les Révoltés du Monde à Schoelcher (Martinique) en octobre 2020, au FICN Festival International du Cinéma de Cotonou (Bénin) du 4 au 11 décembre 2020


Ci-dessous une séquence de TV5 Monde consacré au film, avec des extraits et une interview de Géraldine Berger.


Commentaires

C’est au volant de sa voiture sur le périphérique parisien, en écoutant « L’Afrique enchantée » de Vladimir Cagnolari et Souleymane Coulibaly dit Solo Soro qui consacrent ce jour-là leur émission radiophonique à « l’Afrique rouge »[1], que Géraldine Berger se passionne pour le destin de 600 enfants burkinabè envoyés à Cuba en 1986.

Nous sommes au Burkina Faso, la révolution bat son plein et Thomas Sankara qui s’est durablement rapproché du régime de Fidel Castro décide de promouvoir 600 orphelins en leur permettant de poursuivre une scolarité à Cuba. Un an plus tard, Sankara éliminé[2], Blaise Compaoré qui pilote désormais le pays sous couvert du Front Populaire et sous l’égide d’un libéralisme « pragmatique » imposé par le FMI, tente de mettre fin à ce programme. Mais Fidel Castro considère que les enfants de son « frère » Thomas Sankara doivent poursuivre leurs études. Soixante d’entre eux suivront un cursus universitaire de haut niveau, notamment dans le domaine de la médecine. À leur retour au Burkina Faso, le régime de Blaise Compaoré qui n’a plus rien de révolutionnaire, leur réserve un très mauvais accueil.

Géraldine Berger, profondément touchée par l’histoire de ces orphelins qu’on appelle au Burkina Faso « les enfants de Sankara », décide de partir à leur rencontre. Il lui faudra beaucoup de persévérance pour retrouver la trace des anciens de Cuba éparpillés au quatre coins d’un pays qu’elle ne connaît pas et accéder aux archives encore non-exploitées de la Radio Télévision Burkinabè dont l’accès lui sera refusé en 2009 sous Blaise Compaoré et en 2015 sous la Transition.

À travers le destin d’une demi-douzaine d’entre eux, le film trace un portrait émouvant de ces jeunes envoyés par l’État burkinabè à Cuba et rentrés avec difficultés au pays. Considérés comme des « rouges », taxés de « pièces de rechange de la Révolution », ils sont craints par un régime qui les écarte de toute carrière professionnelle en ne reconnaissant pas leurs diplômes.

Le cas d’une gynécologue-obstétricienne reste une exception. Elle aura eu la chance de soigner la mère d’un ministre, ce qui lui permettra d’exercer à l’Hôpital central de Yalgado de Ouagadougou.

La plupart d’entre eux n’auront d’autre choix que de s’adonner au commerce informel ou à une agriculture de survie. Profondément traumatisés (certains se suicideront), ils se considèrent aujourd’hui comme doublement orphelins pour n’avoir pu accomplir « la mission confiée » par Sankara, puisqu’ils ont été formés pour se mettre au service de leurs compatriotes dans des domaines aussi divers que l’agronomie, la médecine ou la géologie. Lorsque que l’on connaît les conditions de vie au Burkina Faso avec ses graves problèmes de malnutrition, de mortalité infantile, d’accès à la santé ou à l’éducation, on reste sans voix.

Assurément, cet « oubli » restera sur la liste des nombreux crimes commis contre le peuple burkinabè par le régime autocrate de Blaise Compaoré. Ce n’est que très récemment qu’une diplomate cubaine a convaincu l’actuel Président Rock Marc Christian Kaboré de mettre fin à cette injustice. Mais n’est-il pas trop tard ? Depuis 2014, le Burkina Faso, après l’insurrection populaire qui a entraîné la chute du régime, vit au quotidien des problèmes sécuritaires de toutes natures[3] et voit de semaine en semaine, après deux attentats d’envergure dans sa capitale en 2015 et 2017, la progression d’actes terroristes[4] sur presque toutes ses frontières.

Le film de Géraldine Berger s’ouvre par un long travelling avant sur le parvis de la Maison du Peuple, où se tenaient les procès des Comités de Défense de la Révolution, avant de nous entraîner sur les sentiers d’un romantisme révolutionnaire dont Sankara témoignait volontiers, lui qui citait Novalis dans ses discours à la tribune de l’ONU.

Le premier tiers du film est consacré au voyage des enfants, retracé à base d’archives burkinabè ou cubaines et de photos personnelles des jeunes étudiants burkinabè. Vient alors le cœur de ce film, dont la narration est conduite à l’aide d’un entrelacs de témoignages parfois terriblement poignants, qui impulse au film un rythme soutenu. Les séquences réalisées en immersion, que ce soit à l’hôpital ou dans un non-loti, rendent tangibles la dure réalité des conditions de vie au Burkina Faso et palpable l’énormité du gâchis. Car l’on soupçonne bien qu’entre les murs du pavillon d’accouchement, où officie Émilienne la gynécologue-obstétricienne, rien ne se passe comme il se devrait. Et que ce moment passé dans les non-lotis à la rencontre de cette ancienne de Cuba dont la maison n’a pas de toit, donne un aperçu de la vie de millions de burkinabè venus des campagnes pour espérer survivre à la périphérie des villes. Ou encore, le destin de cet homme, destiné à devenir agronome, auquel il ne reste plus que sa daba pour cultiver son champ. Enfin, les moments filmés lors des réunions annuelles des « Enfants de Sankara » sont également très représentatifs de l’organisation de la société civile burkinabè[5] et complètent ce portrait d’un groupe soudé par un fort sentiment de  solidarité.

« Les orphelins de Sankara » est un film qui a le très grand mérite de remémorer une expérience dont les protagonistes eux-mêmes pensaient qu’elle tomberait dans les tréfonds de l’Histoire. Enfin, de nombreuses archives ont été exhumées grâce au travail de longue haleine fourni par la réalisatrice et son équipe.

Frédérique Lagny

Marseille, le 25 janvier 2019

[1]  http://wallydiallo.free.fr/afrique/pages/afrique0823.htm

[2]  Coup d’état du 15 octobre 1987, assassinat de Thomas Sankara et de douze de ses compagnons au Conseil de l’Entente, dissolution du gouvernement et des CDR, avènement du Front Populaire

[3]  Sous la pression démographique et le phénomène d’accaparement des terres, les chemins de transhumance tendent à disparaître au Burkina Faso. La communauté peule, stigmatisée, s’oppose dans le sang aux milices paysannes des Kolgweogos dans la région de Fada N’Gourma. Ces mêmes Kolgweogos, ont également fait plusieurs tentatives d’installation au sud-ouest du pays où les Dozos, une confrérie de chasseurs, se sont opposés à eux, également dans le sang.

[4]  Ansarul Islam, Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans et l’État islamique dans le grand Sahara, qui se manifeste par des menaces sur les élèves et étudiants, ainsi que par des assassinats ciblés d’élus de la République, d’enseignants et de gendarmes.

[5] Au Burkina Faso, de nombreuses associations défendent, en dehors des structures syndicales, le droit des gens et des travailleurs, comme ceux des cheminots de la Sitarail déboutés de leurs droits par le groupe Vivendi-Bolloré ou comme ceux des militaires renvoyés de la fonction publique après les émeutes de la faim en 2011.

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DJAMA MOUROUTI LA – La colère du peuple , un film de Frédérique Lagny https://www.thomassankara.net/djama-mourouti-colere-peuple-film-de-frederique-lagny/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=djama-mourouti-colere-peuple-film-de-frederique-lagny Thu, 24 Nov 2016 17:59:26 +0000 http://thomassankara.net/?p=15066 SYNOPSIS Ancienne colonie française, la Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, Pays des hommes intègres par le Président Thomas Sankara sous la Révolution (1983-1987), traverse un épisode exceptionnel de son Histoire. Les 30 et 31 octobre 2014 une insurrection populaire balaie en quelques heures le régime de Blaise Compaoré au pouvoir depuis vingt-sept ans. La volonté populaire […]

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SYNOPSIS

Ancienne colonie française, la Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, Pays des hommes intègres par le Président Thomas Sankara sous la Révolution (1983-1987), traverse un épisode exceptionnel de son Histoire. Les 30 et 31 octobre 2014 une insurrection populaire balaie en quelques heures le régime de Blaise Compaoré au pouvoir depuis vingt-sept ans. La volonté populaire de changement, éparpillée et informelle mais d’une ampleur jamais atteinte, n’a pas été perçue par le régime essoufflé et corrompu de Blaise Compaoré.

Le Balai citoyen en action à Bobo Dioulasso

Autour de ces évènements, délaissée par le pouvoir et l’ensemble de la classe politique, la jeunesse burkinabè tente de s’organiser en réfléchissant à haute voix sur les projets d’avenir du pays et sur les contributions envisageables. Au centre de cette mobilisation, le Balai Citoyen. Héritier du legs politique de Thomas Sankara, le mouvement a pour objectif immédiat la promotion de l’alternance politique en 2015 en s’opposant à la modification de la Constitution et à la mise en place d’un Sénat. Le film montre aussi le contexte de dénuement des populations dans lequel ce formidable mouvement d’indignation et de colère a puisé ses raisons d’être. A Bobo-Dioulasso, lassé d’être spolié par les pratiques peu recommandables des maires de secteur et la dégradation des services publics (hôpitaux, écoles, logement), le peuple affirme sa volonté de justice sociale et du respect des institutions démocratiques.


Extrait video N° 1


FICHE TECHNIQUE

Vidéo HD, couleur, 49’ Burkina Faso – France, 2016

Affiche du film

Co-production, 529 Dragons – Association A

AVEC / Évariste Bassolé, Joseph Bado, Hamadou Boundaone, Serge Dao, Alexandre Diakité, Michaël Hien, Maurice Kabré, Lazare Kalmogo, Pelé Koné, Yssoufou Niamba, Janvier Palé, Eloi Sawadogo, Robert Sawadogo, Aboubakar Ouattara, Moussa Traoré, Kadi Sanou, Piîga Souleymane Yaméogo

Réalisation et image, Frédérique Lagny; Assistanat à la réalisation, Maurice Kabré et Ibrahim Traoré; Images additionnelles de l’insurrection, Ibrahim Traoré et Siaka Zerbo; Montage, Frédérique Lagny et Laurence Rebouillon; Mixage, Cyrille Carillon; Étalonnage, Alexis Lambotte; Traductions, Diloma Soulama et Ibrahim Traoré; Version internationale, Jeremy Mercer; Studio de mixage, Agence Sonore Domino Studio; Copie DCP, Alexis Lambotte pour Label 42 Studio; Production, Frédérique Lagny et Laurence Rebouillon


Frédérique Lagny, invité par droit libre TV parle de son film Djama Mourouti La sélectionné au festival Ciné Droit Libre


Musiques

Hymne Cibal, Smockey en concert à Bobo-Dioulasso Ce président là, Samsk Lejah

L’art du balafon, Boureima Diabaté et Oumar Diabaté, Arion-édition

Presse burkinabè 

L’Express du Faso, L’Observateur Paalga, Le Pays, Le Quotidien, Sidwaya

Avec le soutien aux maisons de production – Image/mouvement – du Centre national des arts plastiques. Ce projet a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation Nationale  des Arts Graphiques et Plastiques qui lui a apporté son soutien. Il a aussi reçu une aide au projet du service culturel de la Ville de Marseille

Bobo réunion de quartier avec le Balai citoyen avant l’insurrection

PRÉSENTATION DE FRÉDÉRIQUE LAGNY

Frédérique LagnyBiographie

Frédérique Lagny a été formée en peinture à l’ENSBA et à l’UFR de cinéma de Paris III Sorbonne Nouvelle ; lauréate du prix de Peinture de la Ville de Vitry-sur-Seine et de la Fondation des Beaux-Arts, différentes collections privées ou publiques – notamment la Ville de Paris et le Centre national des arts plastiques – ont fait l’acquisition de ses œuvres. Elle engage son travail il y a dix ans au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest où elle développe un projet composé de différents essais photographiques, vidéos et sonores ; son projet, identifiable par certains aspects à une forme d’anthropologie critique définie comme outil –  au sens où Mongo Beti l’entendait – tente de développer, dans sa pratique comme dans sa diffusion, une intention politique.

Filmographie

DJAMA MOUROUTI LA – La colère du peuple – Film, vidéo HD, couleur 49′, 2016, Burkina Faso-France, projet réalisé avec le soutien aux maisons de Production CNAP image / mouvement, la FNAGP et la Ville de Marseille.

FID Marseille 2016, sélection écrans parallèles, « mouvements », juillet 2016 ; Semaine Asymétrique, Polygone étoilé, Marseille, novembre 2016 ; Ciné droit libre, Ouagadougou, Burkina Faso, décembre 2016 ;MK2 Quai de Loire, Paris, séance thématique de Documentaire sur grand écran, mars 2017

À qui appartiennent les pigeons ? – Film vidéo HD couleur 39′, 2012, Burkina Faso-France, projet réalisé avec le concours et le soutien du CNAP, de la FNAGP, de la Région Paca et de l’Institut Français en Région PACA. Mention spéciale, prix Scribe pour le cinéma, 2014. CNAP, Collections vidéo, 2014 – CNC, Catalogue «Images de la culture», 2015

Vanishing point – Installation vidéo, vidéo HD couleur 19′, 2009, diffusion en boucle, trois écrans synchronisés, Burkina Faso-France. Co-production Charleroi-danses, Belgique, CECN2 Le Studio, Maubeuge, France. Co-production en résidence Institut Français de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Avec l’aide de l’ambassade de France en Belgique.


CONTACT :

 fredlagny3@gmail.com / contact@frederiquelagny.com

laurence@529dragons.com


Extrait video numéro 2


COMPLÉMENTS

Radio grenouille – DJAMA MOUROUTI LA ; interview de Frédérique Lagny à propos du film / http://www.radiogrenouille.com/fidplus/2016/07/djama-mourouti-la-ou-la-colere-du-peuple-burkinabe

529 Dragons – DJAMA Maison de production / http://www.529dragons.com/index.php/catalogue/21-djama-mourouti-la

Centre National des arts plastiques – DJAMA – soutien Image Mouvement / http://www.cnap.fr/%C2%AB-djama-mourouti-la-la-colere-du-peuple-%C2%BB-de-frederique-lagny

Le balai citoyen de Bobo Dioulasso en action

Mécènes du sud – Soutien MANIFESTE / http://www.mecenesdusud.fr/Frederique-Lagny.html

Documents d’artistes – Frédérique Lagny / http://www.documentsdartistes.org/lagny

Facebook – DJAMA – projection du 30 novembre à Marseille

https://www.facebook.com/events/868699606599773

Facebook – MANIFESTE https://www.facebook.com/MANIFESTE-630412303723635/?ref=bookmarks

Frédérique Lagny a filmé et monté le film rendant compte de la conférence de presse organisée par le réseau international Justice pour Thomas Sankara, justice pour l’Afrique, organisée à Ouagadougou organisée pendant le FESPACO le 7 mars 2015 (voir à https://www.youtube.com/watch?v=Z7pM6BR6TEo)


CONTACTS

fredlagny3@gmail.com / contact@frederiquelagny.com

laurence@529dragons.com

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“La Sirène de Faso Fani” un film de Michel K. Zongo https://www.thomassankara.net/sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo https://www.thomassankara.net/sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo/#respond Wed, 29 Jun 2016 11:22:04 +0000 http://thomassankara.net/?p=10757 Un article de Frédérique Lagny, credit photos ©Diam Production. Présentation du film Pendant longtemps, Koudougou a été considérée comme la ville textile du Burkina Faso, et pour cause la présence d’une usine : Faso Fani, qui signifie « Le pagne du pays ». Toute la ville se réveillait le matin au son de la sirène de Faso Fani. […]

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Un article de Frédérique Lagny, credit photos ©Diam Production.

Présentation du film

Pendant longtemps, Koudougou a été considérée comme la ville textile du Burkina Faso, et pour cause la présence d’une usine : Faso Fani, qui signifie « Le pagne du pays ».

Toute la ville se réveillait le matin au son de la sirène de Faso Fani.

Je suis né et j’ai grandi dans cette ville. L’usine a compté beaucoup dans mon enfance.

Faso Fani était leZONGO_Michel_2013_Faso_fani_00 projet d’une nation et un signal fort d’indépendance.

Un magnifique pari qui fit vite ses preuves : les pagnes étaient de grande qualité et leur réputation dépassa largement les frontières du Burkina. Une fierté pour notre ville.

Mais l’usine a fermé en 2001 suite à plusieurs plans de restructuration imposés par le FMI et la banque mondiale. Des centaines d’employés se sont alors retrouvés brutalement au chômage.

Plus de 10 ans après, je pars à la rencontre des ex-employés de Faso Fani pour révéler les conséquences désastreuses d’une politique économique mondiale aveugle des réalités locales, celle de Koudougou. Sur mon chemin, je rencontre également ces tisseuses qui perpétuent obstinément la fabrication artisanale des pagnes. Tous ensembles, nous rêvons de voir renaître la filière du coton dans notre ville, dans notre pays.

Nos commentaires

Avec La Sirène de Faso Fani Michel K Zongo prouve que la vitalité d’un cinéma documentaire engagé n’est pas sans lien avec l’expérience politique d’un pays. Sa voix et celles des ouvriers «déflatés» de l’usine textile de Koudougou, se superposent à celle de Thomas Sankara. Une voix unique et inoubliable portée par une pensée visionnaire, que l’Histoire officielle n’a eu de cesse d’effacer.

Située dans le centre-ouest du Burkina Faso, troisième ville du pays, Koudougou a abrité jusqu’en 2001 la plus grande unité de textile burkinabè dédiée à la fabrication d’un tissu traditionnel de coton, le Faso dan Fani qui veut dire « le pagne du pays ». Michel K Zongo,  né et grandi à Koudougou, se saisit de son histoire personnelle pour partir à la rencontre des ouvriers de l’usine Faso Fani de Koudougou, fleuron de l’industrie textile burkinabè sacrifié sur l’autel de l’ajustement structurel imposé par le FMI dans les années 90 en Afrique.

Le film s’ouvre sur le célèbre discours d’Addis-Abeba prononcé par le Président Thomas Sankara en juillet 1987 devant l’Organisation de l’Union Africaine. Trois mois avant le coup d’état du 15 octobre qui signera son arrêt de mort et la fin de la Révolution au Burkina Faso, Sankara dénonce vigoureusement les mécanismes de la dette et clôture son discours en exposant avec humour la cotonnade « produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso…» qui habille sa délégation et lui-même. Produire et transformer en Afrique, inventer et promouvoir des circuits courts sur le continent africain, telles étaient les orientations politiques et économiques souhaitées par Sankara pour son pays. Trois ans après sa disparition, le gouvernement dit de «rectification» dirigé par Blaise Compaoré, signe à New-York les accords du P.A.S. – Programme d’Ajustement Structurel – piloté par le FMI et la Banque Mondiale. Ces accords imposent l’ouverture aux marchés internationaux et la liquidation des entreprises d’État au profit d’entrepreneurs privés afin de rembourser la dette du pays.

Un film juge et partie

Très habilement et avec justesse, le film tisse sa mise en récit en mêlant des archives sonores reconstituées – Radio Cavalier Rouge – qui vantent les accords du P.A.S. à d’authentiques images d’archives comme des reportages sur l’usine ou des clips musicaux à la gloire du Faso dan Fani. Les spots radio, émaillés de proverbes qui ne sont pas sans rappeler l’ironie dont Thomas Sankara usait, rythment le montage en parodiant la parole gouvernementale qui promet le pays à un avenir radieux alors que les archives en image témoignent de la qualité et de la prospérité de la filière.

L'entrée principale de l'usine Faso Fani ©Diam Production.
L’entrée principale de l’usine Faso Fani ©Diam Production.

En contrepoint, la caméra de Michel K Zongo part à la rencontre des anciens ouvriers de l’usine aujourd’hui retournés à la terre ou au tissage artisanal et dépeint la dure réalité de leur quotidien. Les travellings discrets à hauteur d’enfants et les mouvements caméra d’une grande douceur rejoignent la retenue et l’humilité avec laquelle les protagonistes du film questionnent et analysent le long processus qui a abouti à la fermeture de l’usine alors que ses carnets de commande sont pleins.

La Sirène de Faso Fani réussit le pari de s’inscrire à la fois dans un cinéma documentaire à fonction sociale et didactique – qui décrit ce que beaucoup de gens, notamment au nord, ignorent à propos de l’Afrique – et d’équilibrer la parole double des ouvriers et du réalisateur dans une adresse au spectateur qui ne se complaît jamais dans la plainte, mais revendique le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Entre ruralité et modernité, Koudougou ne s’est toujours pas remise de la disparition de l’usine Faso Fani. Et nous, spectateurs, sommes profondément touchés, non seulement par la détresse des ouvriers dont les droits ne sont toujours pas reconnus, mais aussi par l’immense gâchis que produit la pression d’une économie mondiale prédatrice dont on peut constater chaque jour les méfaits, les crimes et les ravages.

Frédérique Lagny, 15 avril 2016.

 Présentation de Michel K Zongo

 Né en 1974 à Koudougou au Burkina Faso, Michel K. Zongo est réalisateur, cadreur, scénariste. Il a suivi une formation en prise de vue au Centre Nationale de la Cinématographie du Burkina Faso (CNC), de cameraman  de reportage et de plateau à la Télévision Nationale du Burkina Faso (TNB) et un stage de premier assistant opérateur à la société de production Cinedoc Films en France. De 2003 à 2008, il a été responsable du Cinéma-Débat Interactif à Cinomade, une association basée au Burkina Faso dont l’objectif est la création et la diffusion d’outils de sensibilisation, notamment par le cinéma.

Après avoir été cadreur, et assistant réalisateur pour de nombreux films pour différents producteurs, il écrit et réalise son premier film documentaire Sibi, l’âme du violon produit par« Les Films du Djabadjah». Dans  sa démarche de défendre un cinéma indépendant, il crée  2010 avec un partenaire Diam Production de droit burkinabé,  une structure de production de film documentaire

Filmographie de Michel Zongo

 Auteur réalisateur

2009 : « Sibi, l’âme du violon» Documentaire. Production Les Films du Djabadjah (Burkina Faso), Mention spéciale du jury au FESPACO 2011

 2009 : «Ti Tiimou », Documentaire,  Burkina Faso. Production CINOMADE et RIBios, Prix du meilleur film au Forum Média Nord Sud au Burkina Faso, Prix du meilleur film au festival Terra Film en Guadeloupe, Prix du meilleur film au festival Cinéma et Nature en France

 2011 : « Espoir voyage » documentaire

Michel K. Zongo sur le tournage de "Une sirène à Faso Fani"
Michel K. Zongo sur le tournage de “La sirène de Faso Fani”

Festivals : Berlinale 2012, Cinéma du Réel Paris, Hot Docs Toronto, Festival Cinéma d’Afrique Lausanne, Doclisboa  Portugal, Festival de Cordoba Espagne, Forumdoc Brésil, Festival Anûû âboro Nelle Calédonie, Etat généraux de Lussas, Forum cinéastes Carthage Tunisie, les Inattendus Lyon, Festival Tübingen Allemagne, Colours of the Nile Addis Abeba Ethiopie, Stuttgart, Festival international du film francophone, Black Movie Genève Suisse, Festival Ciné Droit Libre et Fespaco au Burkina Faso, Tokyo Japon, Festival Grand Bivouac France, festival film documentaire africain de Lille France, Festival Afrikamer Allemagne  Festival de film africain de Vérone Italie…

Prix Nouveau Talent – Doclisboa 2012(Portugal), Prix du meilleur documentaire africain – Colours of the Nile 2012(Ethiopie), Prix du meilleur documentaire au Festival les curieux voyageurs 2014(France), Prix du meilleur documentaire au Festival del Cinema Africano di Verona 2013 (Italie)

 2014:”La sirène de Faso Fani”, Documentaire. Production Cinédoc Films, Diam Production, Perfect Shot Film

Festival et prix : Prix Arte pour le scenario au Festival de  Locarno(2012), Prix de la Direction du développement  et de la Coopération Suisse au Festival de  Locarno (2012), Participation à la fabrique du cinéma du monde au festival de Cannes (2013), Festival de Berlin 2015, Fespaco compétition 2015, Festival de film africain de Cordoue, FICIP Buenos Aires (Argentine), DokFestMunchen (Allemagne), Durban International Film Festival (Afrique du Sud), IDFA (Pays Bas), Nuremberg International Human Rights Film Festival (Allemagne), Festival Cinéma d’Afrique Lausanne (Suisse), Festival Jean Rouch (France), Festival Encouters (Afrique du Sud),Aegean Docs (Greece), Traces de vie (France), Festival Ciné Droit Libre (Burkina Faso), Festival International du Film Francophone Tubingen (Allemagne), KOUDOUGOUDoc Les rencontres documentaire de Koudougou (Burkina Faso), Afrecamera (Allemagne), Escales Documentaires de Libreville(Gabon)…

-Prix spécial UEMOA pour l’intégration fespaco 2015, Prix spécial de la LONAB fespaco 2015, Prix du film documentaire Festival International of documentary of Innsbruck (Autriche), Prix du meilleur documentaire Burkinabé au Festival Ciné Droit Libre (Burkina Faso), Prix de l’anthropologie et le développement durable au Festival Jean Rouch(France), Prix du meilleur documentaire hors frontière au Festival trace de vie (France), Mention spéciale du jury au Festival de film africain de Cordoue(Espagne), Mention spéciale du jury au Festival Aegean Docs (Greece)

 2015 : « Sôodo », Documentaire  coproduit par Diam Production et ECOUTER- JOUER

 2015 : « Oulimine Imdanate », Documentaire  coproduit par Diam Production et ECOUTER- JOUER

Fiche technique

Sénario: Michel K. ZONGO & Christophe Cognet

Image: Michel K. ZONGO

Montage: François Sculier

Son: Moumouni Jupiter Sodré

Genre: Documentaire

Langue originale: Français – Mooré

Support de réalisation: HD

Support de diffusion: DCP – HDCAM – Blu Ray – DVD – PRO RES

Production: Cinédoc films – Diam Production – Perfect Shot Films

Co-production: Lyon Capitale TV – Télé Paese

Partenaires: Doha Film Institut (QA), Cinéma du Monde (CNC – Institut Français) Région Rhône Alpes – PROCIREP – ANGOA Bertha Fund (IDFA – Nl) – EZEF (D) – CIRTEF (B) Organisation Internationale de la Francophonie Arte International – Fond Sud-Est et  DDC

Musique originale: Smokey

Version sous-titrée: Français – Anglais – Espagnol- Allemand

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Sortie du film Capitaine Thomas Sankara en France, revue de presse https://www.thomassankara.net/sortie-du-film-capitaine-thomas-sankara-en-france-revue-de-presse/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sortie-du-film-capitaine-thomas-sankara-en-france-revue-de-presse https://www.thomassankara.net/sortie-du-film-capitaine-thomas-sankara-en-france-revue-de-presse/#respond Wed, 25 Nov 2015 15:17:09 +0000 http://thomassankara.net/wp2016/sortie-du-film-capitaine-thomas-sankara-en-france-revue-de-presse/ On trouvera aussi notre présentation du film à http://thomassankara.net/?p=1302. La rédaction — Capitaine Thomas Sankara La flamme de la révolution au Burkina. Africulture 24 novembre 2015 Vu par Michel AMARGER (Afrimages / Médias France) pour le magazine Africiné La distribution dans les salles françaises de Capitaine Thomas Sankara, réalisé par Christophe Cupelin, met en lumière […]

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On trouvera aussi notre présentation du film à http://thomassankara.net/?p=1302.

La rédaction


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Capitaine Thomas Sankara La flamme de la révolution au Burkina. Africulture 24 novembre 2015

Vu par Michel AMARGER (Afrimages / Médias France) pour le magazine Africiné

La distribution dans les salles françaises de Capitaine Thomas Sankara, réalisé par Christophe Cupelin, met en lumière la détermination de deux hommes engagés. L’un est le fameux président du Burkina Faso, Thomas Sankara, assassiné en 1987, dont le film brosse un portrait fouillé ; l’autre est le réalisateur, Christophe Cupelin, qui a bataillé obstinément pour concrétiser son projet et obtenir le droit de montrer ses images.

Capitaine Thomas Sankara, réalisé en 2012, finalisé pour le grand écran en 2014, est la contribution documentée d’un cinéaste suisse à la valorisation d’une période révolutionnaire en Afrique, qui l’a fait mûrir. Débarqué au Burkina Faso en 1985, en pleine effervescence de l’ère Sankara, Christophe Cupelin, âgé de 19 ans, éprouve un choc qui secoue ses questions de justice sociale et d’engagement citoyen. Il assiste aux réformes audacieuses du régime, reçoit les vibrations de la société du Burkina en marche sur laquelle il engrange des images.

Capitaine Thomas Sankara est la combinaison de plans d’époque, d’archives récupérées en 2007, à l’occasion des 20 ans de la mort de Sankara, quand certaines apparaissent libres de droit sur le Net. Cupelin tente alors de retrouver toutes les images et les témoignages possibles pour faire revivre la figure charismatique et anticonformiste de Thomas Sankara. Le film est nourri des impressions du cinéaste sur le terrain, dès 1985, des documents écrits et audiovisuels disponibles mais aussi de témoignages oraux de protagonistes de l’époque qui ne figurent pas toujours dans le montage, élaboré par Christophe Cupelin lui-même.

Le portait composé par le réalisateur suisse fait ainsi revivre la figure emblématique de Thomas Sankara. Ce militaire décidé, né le 21 décembre 1949, devient à 34 ans, président de la Haute-Volta dont il change le nom pour devenir Burkina Faso, “la Patrie des hommes intègres“. La formule annonce l’ambition du politique révolutionnaire qui tente de moraliser la vie du pays en le modernisant et en l’émancipant des influences étrangères. Entre le 4 août 1983 où il accède au pouvoir, et le 15 octobre 1987 où il est tué avec 12 collaborateurs, Thomas Sankara mène le changement au pas de charge.

Ses mesures sociales se font sur tous les fronts. Il prône une campagne de vaccination pour améliorer la santé. Il construit des logements, lance un mouvement de reboisement massif, soutient l’Union des paysans. Tout en défendant la promotion de la femme, il réforme l’éducation en misant sur l’alphabétisation dans toutes les langues nationales. Cette politique est menée tambour battant car Sankara sait que son temps est limité. Il fonce avec intransigeance vers ses objectifs et bouscule son entourage qui veut préserver ses privilèges. Mais la réaction interne n’est pas la seule menace pour le président.

Ses prises de position en faveur d’une plus grande autonomie du Burkina, ses attaques contre les forces occidentales toujours impliquées dans la gestion des territoires africains, sont violentes. Il déclare effrontément, lors de la conférence des pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine, en juillet 1987 : “La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourrons pas. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir.” Le message passe mal avec certains interlocuteurs de l’Occident mais Sankara s’impose comme une référence de la dignité africaine.

Capitaine Thomas Sankara permet de mesurer le charisme du leader burkinabè qui tient ses discours percutants avec une verve alerte, ponctuée d’un humour corrosif. Cette aptitude, illustré par le film de Christophe Cupelin, impose Sankara comme le porte-parole des laissés pour compte dans son pays mais aussi dans le reste du continent. En découvrant Sankara jouer de la guitare, être galant avec les femmes, affable avec ses alliés, se dessine à l’écran le portrait d’un homme contrasté que le réalisateur n’hésite pas à démystifier. Mais il propose aussi de réhabiliter la stature du leader politique assassiné dont l’empreinte a été reléguée par Blaise Compaoré, son successeur.

Ce documentaire qui vise à fixer la mémoire en faisant parler les documents, est l’aboutissement de l’engagement extrême de Christophe Cupelin. Cinéaste indépendant, capable de saisir la vie d’un village du Burkina avec Kononga, 2006, tourné en Super 8, il signe aussi des portraits de Burkinabès à Genève ou Ouagadougou. Cette approche témoigne de l’empathie du réalisateur suisse avec l’évolution du Pays des hommes intègres. Sa fascination pour l’élan de Sankara le motive à repousser les limites des productions normées en créant seul, Capitaine Thomas Sankara. Ce combat, poursuivi pour récupérer les droits des archives, lui permet aujourd’hui de toucher des spectateurs dans les salles suisses, françaises, jusqu’en Afrique. Un hommage indispensable au leader politique qui a, selon sa formule, “osé inventer l’avenir“.

Source : http://www.africultures.com/


Cinéma : “À travers Thomas Sankara, l’Afrique prend une place dans le monde “France 24, 25 novembre 2015

interview réalisée par Guillaume GUGUEN publié sur http://www.france24.com/ le 25 novembre 2015

Dans les salles françaises ce mercredi, le documentaire “Capitaine Thomas Sankara” brosse le portrait du défunt dirigeant burkinabè devenu une icône révolutionnaire pour la jeunesse africaine. Rencontre avec son réalisateur, Christophe Cupelin.

Après avoir tourné dans plusieurs festivals internationaux, le documentaire “Capitaine Thomas Sankara” sort mercredi 25 novembre sur les grands écrans français. Essentiellement constitué d’archives photos, sonores et vidéos, le premier long-métrage du documentariste suisse Christophe Cupelin s’attache à brosser le portrait de celui qui, au mitan des années 1980, incarna la révolution burkinabè et les espoirs d’une jeunesse africaine en quête de leader charismatique : Thomas Sankara.

En seulement quatre années d’exercice du pouvoir au Burkina Faso (1983-1987), l’ancien capitaine des parachutistes aura imprimé tout un continent de sa marque d’iconoclaste dirigeant révolutionnaire. Pourfendeur de l’impérialisme, du néo-colonialisme et de l’apartheid, chantre du panafricanisme, écologiste et féministe avant l’heure, Thomas Sankara n’hésitait pas à vilipender publiquement l’arrogance des puissances occidentales ainsi que celle de l’empire soviétique, dont il était pourtant plus proche idéologiquement.


Ci-dessous la bande annonce


 

En France, l’ancienne puissance coloniale, on ne goûtait que moyennement ce franc-parler (il n’y a qu’à voir dans le film les rencontres entre François Mitterrand et Thomas Sankara pour mesurer la défiance mutuelle entretenue par les deux pays). Chez les voisins africains, les postures révolutionnaires du “bouillant” capitaine n’étaient pas non plus vues d’un très bon œil.

Assassiné en 1987 lors d’un coup d’État sanglant vraisemblablement orchestré par son ancien bras droit Blaise Compaoré – qui lui succèdera 27 ans durant avant d’être renversé par la rue en octobre 2014 – le père de la révolution burkinabè fait aujourd’hui figure d’exception dans le pré-carré de la Françafrique. Alors que le Burkina Faso est aujourd’hui engagé dans un processus de transition démocratique, son spectre semble plus que jamais planer sur le destin du pays. Pour Christophe Cupelin, les valeurs léguées par Thomas Sankara ne peuvent, en tous cas, qu’être bénéfiques au pays.

France 24 : Vous êtes l’auteur de plusieurs documentaires sur le Burkina Faso. “Capitaine Thomas Sankara” est votre premier long-métrage. D’où est né votre intérêt pour le pays ?

Christophe Cupelin : J’ai posé pour la première fois le pied au Burkina Faso en 1985 pour y travailler comme coopérant au sein d’une association d’aide au développement. Le pays avait changé de nom un an auparavant [avant d’être rebaptisé par Thomas Sankara, le pays s’appelait la Haute-Volta, NDLR]. Je ne savais même pas qu’il existait et encore moins qu’une révolution y était en cours. L’information ne circulait pas comme aujourd’hui.

Il m’a fallu du temps pour me rendre compte que quelque chose d’historique s’y déroulait. En descendant de l’avion à Ouagadougou, on découvrait les slogans de la révolution qui affirmaient : “Bienvenue au Burkina Faso, tombeau de l’impérialisme”. On voyait des garçons de 6 ans en tenue militaire, des gamins enrôlés dans l’école des Cadets de la révolution qui marchaient au pas. Ma première impression ne fut donc pas forcément positive, je me disais qu’on avait là une révolution qui avait encore mal tourné. Comme toutes les révolutions du monde. Puis, j’ai voulu en savoir plus, essayé de découvrir ce qui se cachait sous le vernis des slogans.

Dès lors, la révolution burkinabè ne vous a plus lâché…

Dans les années 1980, la révolution était une utopie dans laquelle on se projetait quand on avait 20 ans et qu’on voulait changer le monde. Aujourd’hui, malheureusement, certains jeunes pensent pouvoir le changer en partant en Syrie.
Pour ma part, c’est au contact des Burkinabè et en participant à des travaux d’intérêt général, comme ceux consistant à construire des barrages, que je me suis rendu compte que quelque chose était en marche, qu’un pays pauvre pouvait s’affranchir de la tutelle des puissances mondiales, grâce notamment à l’auto-suffisance.

Et puis, Thomas Sankara s’imposait comme un leader charismatique qui portait cette idée de manière unique. Sa position était de s’opposer à l’impérialisme avec un simple pistolet. Il tirait en l’air et disait n’avoir que cela pour se battre. Il donnait une vision romantique de la révolution.

C’est le Burkina Faso qui m’a donné le goût de la révolution et du cinéma. Quelques mois après mon arrivée, j’ai décidé de faire des études de cinéma à Genève pour ensuite me mettre au service de la révolution en tant que cinéaste. Mais le temps que je suive mon cursus, Thomas Sankara a été assassiné.

Comment, à l’époque, les médias occidentaux, et plus particulièrement français, percevaient-ils ce qui se passait au Burkina Faso ?

Les journalistes français décrivaient toujours Thomas Sankara comme “pro-libyen”, ce qui est faux. À l’époque, le Tchad et la Libye étaient en guerre, et Paris soupçonnait le président burkinabè de soutenir Mouammar Kadhafi contre le Tchad de Hissène Habré qui, je le rappelle, est actuellement jugé à Dakar pour crimes contre l’humanité. Les médias offraient une vision partiale d’un dirigeant de gauche et, en cette période guerre froide, tout ce qui était à gauche dans les pays du Sud était mal perçu.

Ne craignez-vous pas que votre documentaire soit considéré comme trop hagiographique ?

J’ai voulu faire un film politique et engagé mais pas un film militant. Je veux ouvrir un débat. Je trouve Sankara intéressant dans la mesure où il n’est pas un être parfait. Il n’a pas eu tout bon, il a pu se contredire, être paradoxal. Il l’a lui-même concédé. À la fin du film, on l’entend dire à une journaliste qu’il a commis 1 000 erreurs avant d’obtenir une petite victoire, puis 10 000 erreurs avant d’obtenir trois ou quatre succès.
Ceux qui se le réapproprient en font un personnage trop lisse et trop parfait. En tant que passionné de Sankara, j’ai souhaité montrer le personnage avec tous ses défauts. Mon film s’adresse à ceux qui lui vouent un amour absolu, comme à ceux qui lui manifestent de l’aversion.

Faire un film uniquement constitué d’archives était-il une façon de rester impartial ?

Je n’ai jamais souhaité faire un film avec des archives, c’est arrivé comme ça. Après l’assassinat de Sankara, le gouvernement de Blaise Compaoré a tenté d’effacer sa mémoire et toute trace de son passage sur Terre. Pour moi, ce n’était pas possible. J’ai alors commencé à collecter des coupures de presse, des objets, des discours enregistrés par des habitants sur des radio-cassettes. Je l’ai fait pendant 25 ans sans réfléchir, uniquement pour prouver qu’il avait existé.

Puis, je me suis dit que je devais faire un film sur lui. Je me suis fait cette promesse : j’étais devenu cinéate grâce à lui et devais donc lui rendre quelque chose. À l’origine, je voulais faire une fiction que je pensais être la forme la plus adaptée pour un personnage de cette envergure. Mais comme je n’avais ni le budget ni le soutien de sa famille, j’ai sorti mon carton d’archives. J’ai compilé mes sources propres, des sources privées et des sources institutionnelles comme le fameux discours de la dette à Addis-Abeba, en Éthiopie, ou celui de Harlem à New York, que la télévision publique burkinabè a mis à disposition sur YouTube.

Depuis la chute du régime de Blaise Compaoré, le gouvernement burkinabè est-il prêt à honorer la mémoire de Thomas Sankara ?

Lorsque j’ai présenté mon film en mars dernier au Fespaco [Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou], j’ai eu la chance de rencontrer quelques ministres ainsi que la directrice de la télévision publique à qui j’ai fait part de ma volonté de restituer une partie de leur mémoire audiovisuelle. Ils m’ont dit : “d’accord, donne” sans que je sache ce qu’ils allaient en faire. Idem pour la Fondation Sankara.

Je veux bien donner mes archives si elles sont répertoriées, structurées, valorisées et mises à la disposition des Burkinabè. J’aurais souhaité organiser une remise officielle de mon fonds afin de démontrer que le Burkina Faso était prêt à valoriser sa propre mémoire. Mais comme les autorités ne sont visiblement pas dans ce discours, je n’ai pas donné suite.

La figure de Thomas Sankara a-t-elle un rôle à jouer dans le Burkina Faso d’aujourd’hui ?

Thomas Sankara est une sorte de mot-clé dans lequel se reconnaît la jeunesse burkinabè, de l’Afrique en général et même au-delà du continent. Il fait partie des héros révolutionnaires du XXe siècle. Il y a 20 ans, il n’existait peut-être qu’une chanson sur lui. Aujourd’hui, il y en a près d’une centaine. Sa figure est partout, dans le théâtre, la peinture, la sculpture, le cinéma.

En octobre 2014, la population est sortie dans la rue pour chasser Blaise Compaoré du pouvoir, tout en se réclamant de l’idéal de Sankara. Même si, aujourd’hui, la révolution paraît anachronique, on peut toujours se référer à lui. Il lègue des valeurs comme l’intégrité, la dignité, la responsabilité, toutes ces valeurs qui sont bénéfiques pour le Burkina Faso, mais aussi pour la France, la Suisse, le reste du monde…
L’Afrique a quelque chose à dire à travers Thomas Sankara. Avec lui, c’est comme si le continent prenait une place dans le monde. Un peu comme avec Nelson Mandela.

Source : http://www.france24.com


[Vidéo] Le documentaire qui ressuscite Thomas Sankara, RFI 25-11-2015

par Sébastien Jédor

Sankara : ce nom reste gravé dans les mémoires en Afrique. Un documentaire, « Capitaine Thomas Sankara », sorti ce mercredi 25 novembre sur les écrans français, ravive le souvenir du jeune révolutionnaire burkinabè, assassiné en 1987. Le réalisateur suisse Christophe Cupelin a retrouvé des archives précieuses qui éclairent d’un jour nouveau son style étonnant, sa relation avec la France et avec Blaise Compaoré.

« A bas l’impérialisme ! A bas le néo-colonialisme ! » C’est presque un jeune homme qui s’exprime à la tribune, dans les premières minutes du documentaire de Christophe Cupelin. Thomas Sankara a pris le pouvoir à 34 ans, en 1983, dans un pays qui s’appelait encore la Haute-Volta. Un pays qu’il va rebaptiser le Burkina Faso, et ce n’est là qu’un des multiples changements que ce militaire guitariste va mettre en œuvre avant son assassinat, en 1987. Un assassinat qui va contribuer à faire de lui une icône de la jeunesse africaine.

Christophe Cupelin a vécu les années Sankara. Le réalisateur suisse n’a que 19 ans quand il débarque à Ouagadougou, en 1985. « J’avais l’impression qu’un peuple se mobilisait pour prendre en main son propre avenir, se souvient Christophe Cupelin. L’histoire s’écrivait en direct à ce moment-là. »

Un militaire jamais à court d’idées

Pour faire revivre cette histoire, le documentaire s’appuie uniquement sur des images d’archives. Capitaine Thomas Sankara brosse le portrait d’un dirigeant jamais à court d’idées ni de formules choc. Socialiste, féministe, écologiste, il plante des arbres pour lutter contre la désertification, fait vacciner les enfants à tour de bras, instaure des tribunaux populaires pour les fonctionnaires corrompus et veut libérer la femme de la « domination féodale » de l’homme. Parmi les morceaux d’anthologie du film, cette séquence où le groupe les Colombes de la Révolution interprète le tube de Cookie Dingler, « Femme libérée », à la télévision burkinabè…

Car Thomas Sankara est un soldat mélomane. Il ne possède d’ailleurs quasiment rien à part son pistolet, qu’il arbore toujours à la ceinture, et deux guitares. Le documentaire témoigne aussi de ce « style Sankara » : payé l’équivalent de 230 € par mois, il impose la petite Renault 5 comme véhicule de fonction des ministres. La Mitsubishi de sa femme, raconte la légende, était tellement en mauvais état qu’il fallait la pousser chaque matin pour la faire démarrer.

« Avec lui, pas facile de dormir en paix »

Mais Sankara dérange, et pas seulement par son style. Le film déroule une longue séquence – qu’on imagine éprouvante pour le président français de l’époque – où le dirigeant burkinabè « fait la leçon » à François Mitterrand. Face à la presse, il lui reproche d’avoir accueilli en France Pieter W. Botha, le numéro deux du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, et Jonas Savimbi, le rebelle angolais, soutien du régime ségrégationniste.

« Des bandits et des tueurs ont taché la France si belle et si propre de leurs pieds et de leurs mains couverts de sang », accuse Sankara aux côtés d’un Mitterrand de marbre. « C’est un homme un peu dérangeant, le président Sankara. Avec lui, il n’est pas facile de dormir en paix », reconnaît peu après le président socialiste, agacé et embarrassé.

Le Capitaine Thomas Sankara, mauvaise conscience de la Françafrique, « sortait du cadre, il était anticonformiste, il ne se conformait pas aux usages », souligne Christophe Cupelin.

« La dette ne peut pas être remboursée… »

Sankara agaçait aussi prodigieusement ses pairs. Le documentaire ne fait pas l’impasse sur le plus célèbre discours du dirigeant burkinabè. A la tribune de l’OUA, l’Organisation de l’unité africaine, en juillet 1987, il appelle les autres Etats du continent à ne pas payer la dette extérieure. « La dette ne peut pas être remboursée parce que, si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Que celui qui veut payer prenne son avion et aille tout de suite à la Banque mondiale ! », lance-t-il devant les autres dirigeants du continent. Deux mois et demi après, Sankara est assassiné. « Ce discours remet en question l’ordre mondial, mais Sankara n’a pas été assassiné à cause de ce discours en particulier, affirme Christophe Cupelin, le réalisateur. En fait, Sankara a peut-être été assassiné à cause de tous ses discours ! »

« Si Blaise prépare un coup d’Etat contre moi… »

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara tombe sous les balles lors d’un putsch qui porte au pouvoir son frère d’armes, son confident, Blaise Compaoré. Quelques jours auparavant, le chef de l’Etat burkinabè, fataliste, avait confié à un journaliste : « Le jour où vous entendrez que Blaise prépare un coup d’Etat contre moi, ça voudra dire que ce sera trop tard et que ce sera imparable. Il connaît tellement de choses sur moi… Personne ne peut me protéger contre lui ». Cet enregistrement historique, retrouvé par Christophe Cupelin, confirme, selon le réalisateur, que « Sankara avait réponse à tout, même sur sa propre mort. Il plaçait l’amitié au-dessus de tout. Et je crois que, depuis que Sankara est décédé, Blaise [Compaoré] a cette mort sur la conscience ».

Interrogé quelques jours après le coup d’Etat par une équipe de télévision française qui lui demande s’il a des regrets sur ce qui s’est passé, Blaise Compaoré marque un long temps d’arrêt avant de lâcher : « C’est dommage ».

Capitaine Thomas Sankara s’achève par des images de la tombe du révolutionnaire burkinabè, sur laquelle des jeunes viennent se recueillir. Des jeunes semblables à ceux qui, il y a un an, se référant à Sankara, ont chassé Blaise Compaoré du pouvoir, ouvrant la voie à une enquête sur la mort du « capitaine ». « J’espère que l’on connaîtra un jour la vérité », conclut Christophe Cupelin.



 

Source : http://www.rfi.fr


Documentaire : « Capitaine Thomas Sankara », la naissance d’un mythe. Jeune Afrique

Publié le 25 novembre 2015 sur http://www.jeuneafrique.com

Par Renaud de Rochebrune

Conçu à partir d’images d’archives, dont certaines inédites, le documentaire de Christophe Cupelin revient sur celui qui aura profondément marqué les Burkinabè : Thomas Sankara.

«Sans formation politique et idéologique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. » Cette forte sentence, que l’actualité a tant de fois validée, hélas, prend une valeur toute particulière quand on sait que son auteur… était un militaire. Mais pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Thomas Sankara.

Curieusement, s’agissant d’un dirigeant politique de son envergure, qui a laissé une trace indélébile dans l’Histoire, à tel point que l’on peut considérer qu’après Mandela il s’agit sans doute du plus grand héros de l’Afrique subsaharienne contemporaine, Sankara n’avait fait l’objet jusqu’ici d’aucun long-métrage. Le documentaire de Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, vient donc combler un vide. Et ce un an après le renversement par la population burkinabè du président Compaoré, soupçonné d’être le commanditaire de l’élimination, en 1987, de celui qui se croyait encore son meilleur ami, et quelques mois après le putsch raté du général Diendéré, organisateur de l’arrestation du jeune capitaine, qui n’avait jamais voulu s’octroyer un grade supérieur une fois au pouvoir.

Capitaine Thomas Sankara a été réalisé pour l’essentiel avant la chute de Compaoré. Ce qu’on peut regretter, tant le souvenir de Sankara et de son passage au pouvoir a été présent à l’esprit des révolutionnaires de 2014, auteurs d’un soulèvement d’inspiration manifestement sankariste. Un regret tout relatif cependant puisque le film fait revivre, surtout à l’aide d’images d’archives, le parcours et les initiatives d’un homme extrêmement populaire quand il a exercé le pouvoir entre 1983 et 1987. Mais pourquoi ce documentaire n’arrive-t-il qu’un quart de siècle après cette époque ? Tout simplement parce que Christophe Cupelin, qui fut fasciné par le charisme de Sankara lors de son premier séjour au Burkina dès 1985, à l’âge de 19 ans, n’a pu disposer d’archives audiovisuelles exploitables en quantité suffisante que depuis 2007. Le vingtième anniversaire de la mort de Sankara a fait réapparaître des images jusque-là introuvables ou en tout cas impossibles à utiliser.

Ce que montrent ces images, c’est un chef d’État unique en son genre. Pas seulement parce que, proche du peuple, il participait à des courses cyclistes ou jouait à l’occasion de la guitare électrique en public. Dans ces années 1980 où les militants révolutionnaires étaient déjà presque partout sur la défensive, ce brillant pédagogue, orateur né, toujours de bonne humeur, qui terminait tous ses discours par le slogan « la patrie ou la mort, nous vaincrons », électrisait les foules lors de ses innombrables déplacements dans le pays.

Utilisant des formules de morale élémentaire mais aussi, le plus souvent, « para-marxistes », il ne cessait de fustiger « le néocolonialisme, le racisme et le fantochisme » (entendre : les régimes africains fantoches, soumis aux Occidentaux, comme celui qu’il avait renversé à Ouagadougou). Le voir faire scander à tue-tête par toute la population d’un village réunie autour de lui « L’impérialisme ? À bas ! Les paresseux ? À bas ! Les voleurs ? À bas ! » comme l’entendre servir tout sourire des leçons de morale aux autres présidents africains ou occidentaux à l’OUA et l’ONU, voilà des « spectacles » dont on imagine aisément l’effet lors de leur retransmission télévisée ou radiophonique, au Burkina mais aussi ailleurs dans le monde.

Capitaine Thomas Sankara, on l’a compris, a de forts relents hagio-graphiques. Bien qu’il nous montre le héros de la révolution de 1983 reconnaissant avoir fait « 10 000 erreurs » et qu’il donne à voir à quel point son aura indisposait les autres dirigeants africains, sans parler des Français, ce film n’explique guère quelles furent lesdites « erreurs » et pourquoi il « fallait » l’éliminer. Mais il fait néanmoins comprendre pourquoi, certes en partie grâce à sa mort précoce, il est devenu un mythe. Qui n’est, et c’est tant mieux, pas près de disparaître.

Source : http://www.jeuneafrique.com

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Burkina Faso : Thomas Sankara, l’espoir assassiné https://www.thomassankara.net/burkina-faso-thomas-sankara-lespoir-assassine/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=burkina-faso-thomas-sankara-lespoir-assassine https://www.thomassankara.net/burkina-faso-thomas-sankara-lespoir-assassine/#comments Sun, 19 Oct 2014 15:09:44 +0000 http://thomassankara.net/wp2016/burkina-faso-thomas-sankara-lespoir-assassine/ Publié sur http://www.letemps.ch/ le 3 septembre 2014 Vingt-sept ans après sa mort, l’ancien président du Burkina Faso revient dans les consciences. Rencontre avec le cinéaste genevois Christophe Cupelin qui a consacré un beau documentaire, sur les écrans romands dès ce mercredi, à cet homme d’Etat africain différent, qu’on a cherché à effacer des mémoires. Le […]

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Publié sur http://www.letemps.ch/ le 3 septembre 2014

Vingt-sept ans après sa mort, l’ancien président du Burkina Faso revient dans les consciences. Rencontre avec le cinéaste genevois Christophe Cupelin qui a consacré un beau documentaire, sur les écrans romands dès ce mercredi, à cet homme d’Etat africain différent, qu’on a cherché à effacer des mémoires.

Le Temps: D’où vient cet intérêt pour Thomas Sankara, une figure assez oubliée aujourd’hui?

Christophe Cupelin : De loin. J’ai découvert Thomas Sankara à 19 ans, quand je suis allé pour la première fois en Afrique comme volontaire d’une association d’aide au développement. C’était en 1985 et je ne savais presque rien du pays où j’allais atterrir. A peine arrivé, je vois une grande banderole annonçant «Bienvenue au Burkina Faso, tombeau de l’impérialisme!». Partout, des slogans invitaient la population à prendre son destin en main. Cela pouvait ressembler à une dictature, mais tous les Burkinabés que j’ai connus étaient vraiment poussés par un grand vent d’espoir et de changement: une révolution. Deux ans plus tard, je suis retourné à Ouagadougou pour le Fespaco, le festival de cinéma africain, et c’est là que j’ai vraiment découvert Sankara et sa manière de gouverner. Il était vraiment proche des gens, donnait l’exemple. Il savait être à la fois drôle et très sérieux, charismatique et sympathique. Il voyait des films et des spectacles et venait parler aux artistes après. Avant, le pays n’était encore qu’une petite ex-colonie française, la Haute-Volta, marquée par ce passé. Sankara a placé son pays dans le monde, a donné sa fierté à son peuple en montrant qu’on pouvait être Africain, sans ressources et exister quand même. C’est à ce moment que je suis vraiment tombé amoureux du personnage, loin de me douter qu’il serait assassiné quelques mois plus tard.

Christophe Cupelin (1er plan), Jean Ziegler et Pascal Knoerr en avant première de

Ce film est donc le résultat d’une belle fidélité…

En 1987, on pouvait critiquer les ratés de sa révolution, mais personne ne remettait en cause qu’elle avait été salutaire. Du coup, à sa mort, personne n’a compris. Le futur président, Blaise Compaoré, qui était son bras droit, a alors affirmé que Thomas Sankara avait trahi la révolution et que celle-ci se poursuivrait sans lui. Comme beaucoup, j’ai alors traversé une période de doute, jusqu’en juin 1991. C’est alors que le pays a été doté d’une nouvelle Constitution «démocratique» qui ne faisait même plus référence à la révolution du 4 août 1983. Manifestement, il y avait supercherie. Sans oublier les centaines d’opposants qui, après Sankara, ont été assassinés par le Front populaire dirigé par Compaoré!

C’est à ce moment que vous vous êtes mis à collecter des archives?

Oui, en me rendant compte d’une falsification de l’Histoire et pour que ne se perde pas la mémoire de ce président étonnant. Au Burkina Faso, à la radio-TV nationale, il n’y a pas d’archives accessibles concernant cette période. J’étais au début de mes études de cinéma et je ne savais pas encore si j’en tirerais un jour quelque chose. Pendant tout ce temps, j’ai aussi interrogé des témoins, pour recueillir une mémoire orale.

Et l’impulsion pour faire ce film?

Tout a changé en 2007. Pour les vingt ans de la mort de Sankara a été organisée une commémoration internationale. Ses principaux discours ont ressurgi sur Internet. J’ai participé à l’étape genevoise d’une «Caravane Thomas Sankara» qui s’est rendue du Mexique à Ouagadougou et qui m’a permis de faire connaissance avec sa veuve et ses enfants. C’est alors que l’idée d’un film s’est imposée. Mais quelle forme lui donner? La famille a décliné mon idée d’un portrait de l’homme Sankara; celle d’un documentaire basé sur des témoignages, coûteuse, ne me satisfaisait pas. Je suis enfin allé voir à l’INA et à la RTS, et ce que j’y ai trouvé m’a convaincu qu’il serait possible de réaliser un film intéressant dans mon coin, uniquement à partir d’archives. Je l’ai lâché au moins six fois, parce que je n’arrivais pas à trouver une dramaturgie. Pour finir, c’est la dernière interview de Sankara par une journaliste allemande peu avant sa mort qui m’a donné la bonne piste. On y découvre un Sankara plus proche, plus introspectif, presque fataliste…

Pour la forme, des précédents vous ont-ils inspiré?

Si un cinéaste m’a influencé, c’est Chris Marker. Sauf que lui prenait la parole avec des textes très écrits et fabriquait ses propres archives, en envoyant des amis filmer certains événements. Quant à l’idée de coloriser des images de télévision, c’était d’abord une réponse à la qualité médiocre du matériau visuel, puis pour mieux me les approprier. Le film a vraiment été réalisé comme un work in progress, d’où son apparition dans divers festivals depuis Visions du Réel, en 2012. Je suis parti de quatre heures d’archives brutes pour en tirer d’abord un montage assez impressionniste, qui n’a cessé de se clarifier par la suite. Enfin, il a encore fallu trouver un producteur, quelques aides et régler des droits. Mais pour moi, cette version de 1h30 est bien le même film.

Il y avait un risque de verser dans l’hagiographie…

J’ai toujours eu une certaine distance critique. Mais les premiers feed-back m’ont convaincu qu’il ne fallait pas finir par énumérer les échecs et erreurs de Sankara. Il a déjà été assez maltraité par certains médias français, dont TF1 qui voyait en lui l’homme de Moscou ou de Khadhafi, ce qui est grotesque. En fait, la principale zone d’ombre de sa présidence concerne les dérives des CDR, les Comités de défense de la révolution, inspirés du modèle cubain. Il m’a semblé que montrer Sankara brandissant son arme et le cérémonial folklorique des «à bas» repris en chœur suffit pour se poser quelques questions. Quant aux sept personnes exécutées après une première tentative de coup d’Etat, qu’il évoque à la fin, elles sont les seules morts directes de sa révolution! Ce qui est fascinant, c’est de voir comment il avait réponse à toutes les objections, et je me suis plutôt servi de ça.

Sa formation politique n’est que survolée dans le film…

Thomas Sankara était né sous le régime colonial; son père avait été soldat dans la guerre d’Indochine. C’est ce contexte qui l’a formé et qui a aiguisé son désir de liberté et de justice. Il aurait voulu devenir médecin, mais les études n’étaient accessibles qu’à l’élite. Alors il s’est tourné vers l’armée, la seule option qui restait à des jeunes de condition modeste désireux de s’éduquer et de s’élever socialement. Comme il était intelligent, il a vite gradé, sans jamais vouloir dépasser capitaine. Un fait d’armes personnel dans une petite guerre contre le Mali fonde sa popularité. Mais il n’a jamais été militaire dans l’âme et il a profité de ses stages à l’étranger pour fréquenter des intellectuels. Ses amis syndicalistes lui ont donné des livres à lire. Le moment décisif a sans doute été l’académie d’officiers à Madagascar, un séjour durant lequel il assiste à une révolution, en 1975.

Sankara n’est pas venu au pouvoir tout seul?

Non. Ses capacités lui ont valu d’être nommé d’abord secrétaire d’Etat à l’Information, puis premier ministre, à 32 ans! Et c’est déjà Compaoré qui a mené le coup d’Etat contre le président Ouedraogo tandis que Sankara était en résidence surveillée. Historiquement, ils faisaient partie d’un quatuor. Mais Sankara était de loin le plus connu et le plus brillant.

En quatre ans seulement, sa politique a-t-elle eu des effets?

Oui, il y a vraiment eu de gros progrès. Le taux de scolarisation a bondi de 6% à 25%. Ses campagnes de vaccination ont bluffé l’OMS. Sous Sankara, on a bâti beaucoup d’écoles et de dispensaires – avec les problèmes d’encadrement que cela suppose après. On a aussi construit les premiers supermarchés d’Etat, des barrages, un chemin de fer, des stades, des salles polyvalentes qui restent aujourd’hui les seuls lieux de culture. Ses campagnes pour l’égalité des sexes, contre la corruption et la désertification auraient dû être mieux poursuivies. En fait, c’est lui qui a réellement fondé l’Etat dans un pays encore rural et féodal. Un Etat moderne qui cherche vraiment le bien de sa population au lieu de la vampiriser, comme c’est trop souvent le cas en Afrique.

Et tout cela a été oublié?

Presque. Mais cette période d’amnésie a touché à sa fin en 2006, quand le Forum social mondial de Bamako a tenu un «atelier Thomas Sankara». Depuis, des chanteurs hip-hop se sont mis à le citer. Les jeunes Burkinabés ont découvert qu’avant, il y avait eu ce mec pas si mal, avec des idées pas si bêtes. Comme la situation du pays n’a guère changé depuis et que Compaoré s’accroche toujours au pouvoir, cela a alimenté une contestation qui a grandi dans la foulée des révolutions arabes.

Le film reste un peu évasif sur la question de sa mort…

J’ai tout lu et entendu et je ne sais toujours pas la vérité. Sankara gênait beaucoup de monde, c’est sûr. Il y avait cette peur que son exemple contamine les pays voisins, à commencer par le Ghana et la Côte d’Ivoire. Mais malgré les théories du complot qui n’ont pas manqué de fleurir, avec une implication de la France et de la CIA, rien n’a pu être prouvé. Pour moi, ce coup d’Etat sent l’improvisation. Et après tout, le Burkina Faso est un Etat souverain dont les dirigeants peuvent aussi s’entre-tuer. Le plus troublant, c’est que l’assassinat de Sankara n’a jamais été assumé. Au début, on a juste annoncé qu’il avait été «démis de ses fonctions». Sa mort aurait donc été un accident. Blaise Compaoré n’aurait jamais donné d’ordre, d’ailleurs il était malade ce jour-là. Mais personne n’est dupe.

Le film a cependant un côté «chronique d’une mort annoncée»?

C’est vrai, mais je me contente là de refléter la vision populaire qui prédomine: celle d’une trahison et d’un fratricide. Il y a aussi l’idée d’un sacrifice, presque d’un suicide, car Sankara était averti. C’est cette dimension mythologique qui est devenue la plus importante, même si un collectif d’avocats essaie encore d’instruire l’affaire pour la présenter devant une cour internationale.

Et si Sankara avait vécu, pensez-vous qu’il aurait déçu?

Peut-être, mais il a vraiment disparu trop tôt pour le dire. Il aurait en tout cas été drôlement intéressant de le voir aller plus loin avec sa révolution et négocier le virage de la fin du communisme. Avec Compaoré, le Burkina Faso est trop vite retourné dans la routine des déceptions africaines, après l’immense espoir qu’a incarné Sankara. Christophe Cupelin (1er plan), Jean Ziegler et Pascal Knoerr en avant première de "Capitaine Thomas Sankara" au cinéma la Scala le 1er septembre 2014

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Christophe Cupelin: «Thomas Sankara vivait dans son temps!» https://www.thomassankara.net/christophe-cupelin-thomas-sankara-vivait-dans-son-temps/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=christophe-cupelin-thomas-sankara-vivait-dans-son-temps https://www.thomassankara.net/christophe-cupelin-thomas-sankara-vivait-dans-son-temps/#comments Sat, 09 Nov 2013 17:19:20 +0000 http://thomassankara.net/wp2016/christophe-cupelin-thomas-sankara-vivait-dans-son-temps/ Propos recueillis à Montréal par Rosine Demontpierre, en juin 2013, publié sur notreafrik.com le 28 aout 2013 Cinéaste suisse vivant entre la Suisse et le Burkina Faso, Christophe Cupelin, formé à l’Ecole supérieure d’art visuel de Genève dirige Laïka Films, la structure de production qu’il a fondée en 1993. Présent au Burkina Faso en 1985, […]

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Propos recueillis à Montréal par Rosine Demontpierre, en juin 2013, publié sur notreafrik.com le 28 aout 2013

Cinéaste suisse vivant entre la Suisse et le Burkina Faso, Christophe Cupelin, formé à l’Ecole supérieure d’art visuel de Genève dirige Laïka Films, la structure de production qu’il a fondée en 1993. Présent au Burkina Faso en 1985, il est l’un des témoins de la révolution de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara auquel il a consacré, l’an dernier, un documentaire, «Capitaine Thomas Sankara», consacré «Coup de cœur» de la 29e édition du Festival international du cinéma Vues d’Afrique, à Montréal, en mai dernier. Rencontre.


On trouvera une présentation du film “Capitaine Thomas Sankara” de Christophe Cupelin sur ce site à thomassankara.net/?p=1302


Notre Afrik: En 2012, vous avez réalisé un film documentaire sur Thomas Sankara. Selon vous, dans quelle mesure cette œuvre n’est-elle pas un film de plus?

Christophe Cupelin : C’est vrai qu’il y a eu plusieurs films sur Thomas Sankara et, à ce titre, on peut considérer qu’il s’agit d’un film de plus. J’espère qu’il y en aura encore beaucoup d’autres. Car je pense qu’on n’a pas fini de parler de Thomas Sankara. C’est un personnage historique qui mérite un traitement cinématographique, littéraire, artistique, sociologique, politique… Il mérite une réflexion à plus large échelle et pas seulement aujourd’hui, mais aussi demain! Je pense qu’on continuera de parler de Thomas Sankara, et je crois en tout cas qu’il est nécessaire de parler de lui à travers des œuvres d’artistes, de scientifiques, etc. Voilà, mon film est une contribution de plus à la compréhension. C’est un recueil d’archives sur Thomas Sankara et, dans ce sens-là, il se distingue des autres films sur l’ancien président. Pour moi, ces archives constituent une contribution à l’histoire.

Quelles sont les motivations qui sous-tendent votre initiative?

Mes motivations sont de plusieurs ordres, mais c’est davantage une raison d’ordre personnel qui m’a donné le plus d’énergie pour faire ce travail. C’est simple, j’étais au Burkina en 1985, je suis d’une certaine manière un témoin de cette révolution, et cette histoire m’a fortement marqué. Suite à la mort de Thomas Sankara, je me suis donc promis de faire un film sur lui un jour, parce qu’en l’assassinant, on a assassiné la révolution et c’est comme si on m’avait assassiné moi-même: on a assassiné nos espoirs d’un monde meilleur. Cette «utopie» collective était réelle et, brusquement, tous nos espoirs se sont envolés. C’est donc également un hommage à notre «utopie collective» de jeunesse.

Pourquoi avoir choisi de réaliser un documentaire plutôt qu’un film de fiction, alors qu’il dure tout de même 111 minutes?

La forme du film est déterminée par des impératifs économiques, car je n’ai reçu aucun soutien pour faire ce travail. En effet, réaliser un film sur Sankara, d’ordre fictionnel ou documentaire, n’intéressait personne chez moi, en Suisse. Mais j’ai décidé de persévérer. Aussi, le seul moyen pour moi de faire un film sur Sankara était-il d’utiliser des archives, parce que j’avais des archives personnelles et parce qu’en 2007, des archives sur Thomas Sankara ont été rendues publiques sur You Tube. A partir de ces deux sources, j’ai pu envisager un film. Ensuite, je me suis appuyé sur des sources institutionnelles provenant de l’INA (Institut national de l’audiovisuel, Ndlr), en France, et de la Télévision suisse.

Vous êtes entre Genève et Ouagadougou. Comment le film a-t-il été accueilli au Burkina Faso?

Ma première intention était de diffuser le film au Burkina, avant qu’il ne fasse le tour du monde. La première mondiale a eu lieu en Suisse car, à Ouagadougou, je n’ai jamais reçu de réponse du Festival cinéclub de Walib. De même, il n’a pas été sélectionné au Fespaco de cette année, ce qui ne m’étonne pas. J’ai été contacté par la société civile qui souhaitait passer le film lors de la commémoration du 25e anniversaire de la mort de Thomas Sankara, le 15 octobre 2012. Naïvement j’y ai cru, jusqu’à ce j’arrive à Ouagadougou où personne ne m’attendait! Le film n’a donc jamais été officiellement diffusé au Burkina. Il y a eu une petite projection privée, rien de plus. Mais pour qu’il existe vraiment, il faudrait que sa diffusion se fasse de manière officielle. Je suis également en contact avec la Fédération des cinéclubs burkinabè, mais je n’ai toujours pas eu de retour de leur part. En résumé, personne ne veut passer le film au Burkina.

Comment expliquez-vous cet état de fait?

Si mon film dérange, j’attends qu’on me le dise. Car je ne m’explique pas cette attitude. Je pense pour l’instant qu’il y a une autocensure de la part du Festival Ciné droit libre, de la part des militants du 15 octobre, de la société civile, des fédérations de cinéclubs… Du point de vue de l’Etat burkinabè en tout cas, selon les renseignements qui me sont parvenus, il n’y a pas de problème à ce que le film soit diffusé.

Le film est consacré «Coup de cœur» du Festival international Vues d’Afrique. Cela vous fait-il chaud au cœur?

Cela me fait vraiment chaud au cœur! Toutes les présentations au public lors de la 29e édition du Festival international de cinéma Vues d’Afrique me sont allées droit au cœur. Et j’ai eu des retours très forts des cinéphiles après les projections. Je suis très touché…

Votre œuvre documentaire, «Capitaine Thomas Sankara», enregistre donc déjà beaucoup de succès et engrange des prix. Vous attendiez-vous à un tel accueil?
Le film existe depuis une année, je ne suis qu’à moitié surpris. Toutefois, rien n’était gagné d’avance, d’autant plus que je n’avais reçu aucun soutien. J’ai mis cinq ans à le faire et il fallait que je le fasse de toute façon.

Je suis en général agréablement surpris, non pas pour ma petite personne mais plus parce que je vois que la vie de Sankara n’est pas seulement mon histoire personnelle, mais plus une histoire collective qui intéresse non seulement des personnes qui l’ont connu à l’époque mais également et encore plus les jeunes aujourd’hui qui ne l’ont pas connu. De ce point de vue, j’ai d’une certaine façon gagné mon pari de remettre Sankara au goût du jour dans l’actualité.

Pour vous, Thomas Sankara reste-t-il une référence pour la jeunesse et quel message souhaitez-vous faire passer?

Oui, car à cause du manque d’images, la mémoire orale en a fait un mythe. Comme Sankara l’a dit lui-même, il y a aussi eu beaucoup d’erreurs pendant la révolution. Mon message est double: démystifier l’homme et en même temps apporter une référence à tous ces jeunes, afin qu’ils se servent des aspects positifs de la révolution et évitent les erreurs qui auraient pu être commises lors de la révolution.

Comment expliquez-vous que plus de 25 ans après sa mort, son discours et sa posture restent aussi actuels?

Thomas Sankara vivait tout simplement dans son temps! Il avait une acuité intellectuelle qui fait que tous les problèmes étaient posés! Il est perçu comme visionnaire aujourd’hui parce que les hommes vont plus lentement que la société. Les problèmes dont il parle étaient d’actualité à l’époque et le sont toujours aujourd’hui. Cela fait 25 ans que j’attends des réponses à ces problèmes de société, d’écologie, de la femme… posés depuis par Sankara. Il avait le courage politique d’affronter des questions chocs.

© Notre Afrik N°34, Juin 2013

Source : http://www.notreafrik.com

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