Initiatives - Thomas Sankara Website - Officiel https://www.thomassankara.net/category/francais/actualites/initiatives/ La patrie ou la mort, Nous vaincrons! Fri, 12 Dec 2025 10:07:51 +0000 fr-FR hourly 1 145130549 « Thomas Sankara, le retour », au Musée national, une exposition pour redécouvrir l’homme derrière le mythe https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-le-retour-au-musee-national-une-exposition-pour-redecouvrir-lhomme-derriere-le-mythe/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-sankara-le-retour-au-musee-national-une-exposition-pour-redecouvrir-lhomme-derriere-le-mythe https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-le-retour-au-musee-national-une-exposition-pour-redecouvrir-lhomme-derriere-le-mythe/#respond Fri, 12 Dec 2025 10:07:51 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=250948 17 octobre 2025 « Thomas Sankara, le retour ». C’est le thème de l’exposition proposée par le Musée national du Burkina Faso. Loin des clichés et des slogans, l’exposition iconographique invite les visiteurs à explorer Sankara autrement. Un Sankara humain, enfant curieux, patriote précoce. Bien avant d’être le chef d’État charismatique qui continue d’impacter, 38 […]

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« Thomas Sankara, le retour ». C’est le thème de l’exposition proposée par le Musée national du Burkina Faso. Loin des clichés et des slogans, l’exposition iconographique invite les visiteurs à explorer Sankara autrement. Un Sankara humain, enfant curieux, patriote précoce. Bien avant d’être le chef d’État charismatique qui continue d’impacter, 38 ans après sa mort.

Dès l’entrée, le ton est donné. La scénographie débute symboliquement depuis la porte principale du Musée national, qui fait face au boulevard Thomas Sankara. Le visiteur est accueilli par la voix du président, diffusée en boucle à travers ses discours les plus marquants.

Une fois à l’intérieur, des fûts vides recouverts de pagnes koko dunda et Faso danfani forment une haie d’honneur pour le visiteur. Ces fûts représentent aussi des outils de médiation jalonnant le parcours du Président-capitaine. Douze au total, comme le nombre de ses compagnons tombés avec lui au Conseil de l’Entente, le 15 octobre 1987.

Dans la salle d’exposition, le visiteur est accueilli par des photos regroupées par thématiques. Enfance, vie familiale, formation militaire, carrière professionnelle, engagement politique, libération de la femme, émancipation de l’Afrique… Des documents, certains manuscrits et signés de la main du capitaine, sont également exposés. Et au milieu de la salle, la fameuse guitare rouge et le pistolet automatique du président révolutionnaire s’offrent à la vue des visiteurs, qui entrent alors dans son intimité.

Sankara raconté autrement

Dans cette atmosphère à la fois solennelle et intime, les visiteurs découvrent un Sankara plus personnel, plus accessible. Déo Gracias Gaëlle Kaboré vient de finir la visite. Bien qu’elle ait lu des livres et vu des documentaires sur Sankara, elle dit ressortir de cette exposition avec un regard neuf sur l’homme.

« L’exposition aborde une partie moins médiatisée de Sankara. On a plongé dans son enfance, on a refait le parcours avec plus de détails. Par exemple, on sait qu’il portait le nom Ouédraogo entre temps », confie-t-elle, l’air enthousiaste. Sur les murs, des images d’un Sankara enfant habillé en Faso danfani attirent particulièrement son attention.

« Depuis l’enfance, il avait cette fibre patriotique. On le voyait déjà en Faso danfani. On sent une cohérence entre l’enfant qu’il était et l’homme qu’il est devenu. Ce qui m’a le plus touchée, c’est l’authenticité de l’être humain. Il ne s’est pas donné un rôle, c’était une suite logique », poursuit-elle. Lorsqu’elle apprend que Sankara avait voulu devenir chirurgien et qu’il s’interdisait de fumer, de boire ou même de consommer du café pour éviter les mains tremblantes en cas d’opération, elle sursaute de surprise. Médecin de formation, elle en tire une promesse : « La partie de Sankara qui voulait être médecin, on va essayer de la réaliser finalement ».

Lire aussi : A Ouaga, sur les traces de Thomas Sankara

Depuis le vernissage, le Musée national est devenu un carrefour où se croisent plusieurs nationalités, toutes venues redécouvrir Sankara autrement. C’est le cas de Fabrice, visiteur nigérien. « On entend souvent parler de Sankara de façon générale, mais ici j’ai découvert l’homme dans toute sa dimension humanitaire. Le guide nous a expliqué les étapes de sa vie, depuis le primaire jusqu’à sa formation militaire », se réjouit le jeune visiteur.

Ce qu’il retient surtout, c’est la cohérence entre les idées et les actes. « On pensait que le Faso danfani, c’était juste un symbole du pouvoir. Mais non, c’était une idéologie qu’il portait depuis l’enfance ».

Au cœur de cette effervescence, Ouattara Oumar, guide au musée, ne cache pas sa satisfaction malgré le rythme soutenu. « Nous enchaînons les visites depuis l’ouverture. Il faut aller au-delà du simple discours, rendre la visite interactive. Les gens posent beaucoup de questions », explique-t-il, sans la moindre plainte. Mieux, cela le motive. « Depuis la conception de l’exposition, nous sentons une véritable attente. Ses idées continuent d’inspirer, d’impacter positivement les gens », remarque le guide.

Lire aussi : A Paspanga, une maison familiale à l’image de Sankara

Selon Lompo Boun-djoa Mickaël, directeur des expositions et de la médiation du Musée national, il s’agit d’une première dans l’histoire du musée qu’une exposition soit exclusivement consacrée à Thomas Sankara. « Il faut l’humaniser. C’est d’abord un être humain. Au-delà des actions politiques, il faut montrer sa face humaine, à travers des anecdotes et des fragments de vie », insiste le Directeur qui précise que cette exposition est le fruit d’un travail d’un an, combinant recherches documentaires et témoignages de proches du président.

Lompo Boun-djoa Mickaël, directeur des expositions et de la médiation du Musée national, 16 octobre 2025, Studio Yafa

Au-delà de Thomas Sankara, le parcours rend aussi hommage à des figures contemporaines du Burkina. Des hommes et des femmes qui ont prolongé ou qui prolongent, à leur manière, l’esprit sankariste à travers leurs actions. Norbert Zongo, le journaliste assassiné ; Béatrice Sanon, la policière intègre qui refusa des millions proposés par un braqueur ; ou encore Yôrô, le volontaire pour la défense de la patrie tombé sur le champ d’honneur. « Le retour, c’est toutes les actions inspirées du vécu de Sankara ou la prolongation de ses idéaux. Ce sont ces personnes qui se battent nuit et jour et rappellent son combat », explique le directeur.

Prévue pour durer un mois, l’exposition pourrait être prolongée jusqu’en décembre 2025.

Tiga Cheick Sawadogo

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Le ‘Global Partnership Network’ baptise ses bourses doctorales Thomas Sankara https://www.thomassankara.net/global-partnership-network-baptise-bourses-doctorales-thomas-sankara/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=global-partnership-network-baptise-bourses-doctorales-thomas-sankara https://www.thomassankara.net/global-partnership-network-baptise-bourses-doctorales-thomas-sankara/#respond Tue, 24 Jun 2025 09:15:58 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=249137 Actualités : un nouvel appel à candidatures pour les bourses Thomas Sankara est actuellement en cours (date limite : 30 juin 2025). Plus d’informations ici (niveau d’anglais B2 ou C1 demandé): https://www.uni-kassel.de/forschung/fr/global-partnership-network/resources-funding/thomas-sankara-phd-scholarships.html   Par Fiona Faye Le ‘Global Partnership Network’ (GPN) est un réseau d’universités et d’organisations de la société civile dans 12 pays, parmi […]

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Actualités : un nouvel appel à candidatures pour les bourses Thomas Sankara est actuellement en cours (date limite : 30 juin 2025). Plus d’informations ici (niveau d’anglais B2 ou C1 demandé): https://www.uni-kassel.de/forschung/fr/global-partnership-network/resources-funding/thomas-sankara-phd-scholarships.html


 

Par Fiona Faye

Le ‘Global Partnership Network’ (GPN) est un réseau d’universités et d’organisations de la société civile dans 12 pays, parmi eux le Burkina Faso. Ce réseau promeut un regard critique sur les partenariats internationaux et leur bagages (néo)coloniaux. En théorie et pratique, le GPN s’engage à reconstruire le concept vers un partenariat fondé sur la reconnaissance mutuelle et la solidarité, adapté au 21e siècle multipolaire et postcolonial.

Dans cet esprit, le GPN a décidé de nommer ses bourses de doctorat en l’honneur de Thomas Sankara, personnalité exceptionnelle du Sud global, dont les idées et les pratiques de résistance au néocolonialisme et de promotion de voies indépendantes pour les pays du Sud sont considérées comme une source d’inspiration pour les travaux de l’école doctorale du GPN. Le GPN accorde 18 bourses doctorales exclusivement à des doctorant-e-s du Sud, dont 16 au niveau des universités du Sud afin de soutenir surtout la production de savoir dans l’enseignement supérieur du Sud.

Des sujets de recherche des doctorant-e-s Thomas Sankara sont par exemple:

  • Les enjeux économiques du cycle de crises politiques post-1986 en Haïti : programmes de développement économique néocoloniaux et luttes de pouvoir (Képler Aurélien, Université de l’État d’Haiti)
  • L’idéologie au service de la sécurité alimentaire ? Le concours entre les cultures génétiquement modifiées (GM) et l’agriculture biologique comme voies vers la sécurité alimentaire en Ouganda (Victoria Kiboneka, Makerere University, l’Ouganda)
  • Gouvernance territoriale et genre : défis et perspectives au Burkina Faso et au Togo (Oladjigbo Katchoni Georges Koba, Université de Kara, Togo)

Le GPN est financé par le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) par le biais du programme ‘Higher Education Excellence in Development Cooperation’ (exceed) de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD).

Actuellement, les applications pour des bourses doctorales Thomas Sankara sont clôturées mais si jamais le projet est prolongé, il y aura un appel aux candidatures pour de nouvelles bourses doctorales Thomas Sankara en 2025.

Suivez ce lien pour lire la déclaration de presse pour la dénomination des bourses après Thomas Sankara :

https://www.uni-kassel.de/forschung/files/Global_Partnership_Network/Downloads/Communiqu%C3%A9_de_presse_bourses_doctorales_Thomas_Sankara.pdf

Fiona Faye, ancienne coordinatrice de l’école doctorale du GPN, candidate doctorale associée au GPN avec le sujet de recherche : ‘Apprendre de Thomas Sankara : Les politiques d’auto-suffisance alimentaire en tant que résistance au régime commercial néolibéral aujourd’hui et à l’époque’.

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Inauguration d’une fresque de Thomas Sankara à Montpellier https://www.thomassankara.net/inauguration-dune-fresque-de-thomas-sankara-a-montpellier/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=inauguration-dune-fresque-de-thomas-sankara-a-montpellier https://www.thomassankara.net/inauguration-dune-fresque-de-thomas-sankara-a-montpellier/#respond Thu, 16 Jan 2025 18:52:34 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=250010 Pour rendre compte de cette inauguration, nous vous proposons plusieurs textes ainsi que quelques photos. Un article rendant compte de l’évènement, l’allocution de Mariam Sankara, celle de Gabriel Biba-Nkouka, président du comité Sankara de Montpellier qui est revenu sur les origines du baptême de cette allée et du symbole que cela représente,  et une interview […]

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Pour rendre compte de cette inauguration, nous vous proposons plusieurs textes ainsi que quelques photos. Un article rendant compte de l’évènement, l’allocution de Mariam Sankara, celle de Gabriel Biba-Nkouka, président du comité Sankara de Montpellier qui est revenu sur les origines du baptême de cette allée et du symbole que cela représente,  et une interview exclusive de Viané l’artiste qui a réalisé la fresque.

La rédaction


Le 7 décembre 2024 a été inaugurée une fresque réalisée par l’auteur plasticien Viané, au lieu dit square Thomas Sankara. Sur trois séries d’une dizaine d’escaliers de l’allée Thomas Sankara, il a réussi à représenter trois fois le visage de Thomas Sankara sur ces escaliers, sur des surfaces non planes. De couleurs volontairement chatoyantes ces fresques viennent ainsi éclairer d’un peu de gaité cet endroit. Bien que mort tragiquement, Thomas Sankara était plutôt quelqu’un de gai, taquin et blagueur, au quotidien et lors des rencontres avec la population.

Sankara a été assassiné parce qu’il dérangeait la Françafrique, mais aussi certains de ses compatriotes, fatigués d’une Révolution à laquelle il faisait semblant d’adhérer, alors qu’ils  n’aspiraient qu’à s’enrichir et profiter des attraits du pouvoir.

Madame Sankara réside à Montpellier depuis 1989. Sans doute était-il temps qu’un hommage soit rendu à son mari, même si on aurait aimé un lieu plus important de la ville de Montpellier plutôt que cette allée un peu reculée.

Baptisé du nom de ce grand dirigeant révolutionnaire, considéré comme un modèle pour tout le continent, cet endroit est devenu ainsi un des lieux où est commémorée sa mort par le comité Thomas Sankara de Montpellier. Ce nom lui a été officiellement été donné le 30 novembre 2013, à l’initiative de la mairie de Montpellier, en présence de Mariam Sankara, des membres du comité Thomas Sankara, devant une assemblée majoritairement composé d’Africains. Une réponse d’une mairie de gauche à l’accueil réservé à Blaise Compaoré quelques mois auparavant à l’Assemblée Nationale. En effet le 5 juin de la même année, Blaise Compaoré était applaudi devant la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale. A cette occasion Élisabeth Guigou, pourtant socialiste aussi, déclarait : « « Ces applaudissements, qui ne sont pas systématiques dans notre Commission, témoignent de notre gratitude pour le rôle que vous jouez et pour la vision que vous avez du développement de votre pays et du continent africain » (voir http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cafe/12-13/c1213069.asp#P9_154).

Le peuple de son pays n’allait pas tardé à la désavouer. L’année suivante, en effet, fin octobre 2014, Blaise Comparé était chassé du pouvoir par une magnifique insurrection populaire, puis exfiltré par les troupes françaises, lui permettant par la même occasion d’échapper à la justice de son pays. Bien qu’absent lors du procès de l’assassinat de Thomas Sankara, il a cependant été condamné par contumace à la détention en perpétuité le 6 avril 2022.

de gauche à droite Mme Clare Hard, Mariam Sankara, Viané, , Gabriel Biba-Nkouka et M. Cote Sebastien

L’inauguration des fresques a été célébrée en présence de plusieurs personnalités, Mariam Sankara, les représentants de la municipalité, Mme Clare Hard, adjointe au maire de Montpellier déléguée aux Relations internationales et Mr COTE Sébastien  (Elu municipal délégué aux commémorations et à la sécurité), Mme MALONGA Grace représentant les employés municipaux et , Me Jean Abessolo avocat de la première heure dans le combat « Justice pour Sankara et ses 12 compagnons et une foule de personnes voulant rendre, par sa présence, un hommage à Thomas Sankara, enfin l’auteur de la fresque Viané.

On trouvera ci-dessous, l’adresse de Mariam Sankara, le discours du Président du comité Sankara de Montpellier et une interview de Vianney Raynal dit Viané, l’auteur de la fresque. Mais de nombreuses personnes ont tenu à prendre la parole pour rendre hommage à Thomas Sankara.

Bruno Jaffré


L’allocution de Mariam Sankara

Je suis très heureuse de participer à l’inauguration de cette fresque dédiée au Président Thomas Sankara.

De son vivant, il était contre le culte de la personnalité. Mais il ne nous en voudrait pas, car il s’agit ici d’un travail de mémoire qui nous rappelle la personne qu’il a été, ainsi que les aspirations de justice et de dignité qu’il a incarnées pour les peuples, à l’intérieur et en dehors de son pays.

Je remercie monsieur Philippe Thines, élu municipal qui a été à l’initiative de l’Allée Thomas Sankara.

Merci à la Métropole et à la Mairie de Montpellier, pour l’hommage qu’elles rendent aux leaders africains panafricains, par la dénomination des places et des voies en leurs noms.

Je remercie également les communautés africaines et françaises d’être venues découvrir cette belle fresque.

Je remercie les membres du CTSM (Comité Thomas Sankara de Montpellier) qui se sont mobilisés pour préparer cette cérémonie.

J’adresse un salut spécial à Vianné, membre du CTSM, qui n’a ménagé aucun effort pour la réalisation de cette magnifique fresque.

Je remercie enfin la mairie de Montpellier d’être restée à l’écoute des requêtes du CTSM et d’avoir autorisé la réalisation de cette fresque dans l’Allée Thomas Sankara.

Comme vous le savez, Thomas Sankara a dirigé le Burkina Faso pendant quatre ans seulement – entre le 4 Août 1983 et le 15 octobre 1987-. Malgré cela, sa pensée et son action révolutionnaire ont marqué le cours de l’histoire de ce pays d’Afrique. Autrefois appelé Haute Volta, ce pays a été dénommé sous la révolution « Burkina Faso » qui veut dire le pays des hommes intègres. Au-delà de cette dénomination, Thomas Sankara a fait de l’éthique, le principe fondateur de la révolution.

Son souci majeur était que les burkinabè et les africains en général changent de mentalité et osent inventer l’avenir en se prenant en charge dans la transformation politique, économique, sociale et culturelle de leur pays.

Partout où il est allé, il a défendu courageusement sa vision des relations équilibrées entre le nord et le sud d’une part, et, d’autre part, les relations de solidarité entre les pays du sud.

Dans les pays du sahel confrontés au terrorisme, le message de Sankara résonne encore aujourd’hui. Il inspire la jeunesse du continent ainsi que les jeunes dirigeants un peu partout en Afrique.

Le message de Sankara reste d’actualité.

Puisse cette Allée faire échos de son œuvre pour les générations actuelles et futures.

Je vous remercie,

Mariam SANKARA


 

L’allocution de M. Gabriel Biba-Nkouka, président du comité Thomas Sankara de Montpellier

Chers amis, Chers compatriotes, Chers invités.

Je voudrais particulièrement remercier la Municipalité et la Métropole à travers leurs délégués légaux ici présents : Mr COTE Sébastien (Elu municipal délégué aux commémorations et à la sécurité) et Mme HART Clare (Adjointe au maire chargée aux relations internationales) en représentation de Mr Mickaël Delafosse, Maire de Montpellier et Président de la Métropole.

Merci aussi aux responsables et agents municipaux que nous avons longuement sollicités et avec qui nous avons patiemment préparé cette cérémonie. Je voudrais remercier particulièrement Mme MALONGA Grace, ici présente, pour son implication infaillible malgré les multiples rebondissements organisationnels

Mes remerciements aux différents Elus de la Municipalité et de la Métropole et plus particulièrement à Philippe THINES élu municipal qui aura été à l’initiative de cet espace public (l’Allée Thomas Sankara)

Mes remerciements aussi à Jean Abessolo, ici présent, avocat de la première heure dans le combat « Justice pour Sankara et ses 12 compagnons ». Une profonde reconnaissance aussi envers tout le collectif des avocats ainsi qu’à toutes les associations citoyennes, au Burkina et en Afrique, en France, en Europe et partout dans le monde, qui ont accompagné Mariam Sankara dans sa quête de droit, de reconnaissance, de Justice.

Un petit clin d’œil à un ami, Christophe Kibodi ici présent, qui quand il a su que nous allons inaugurer les fresques sur l’Allée TS, a manifesté sa vive volonté d’être présent malgré sa mobilité fortement réduite. Une pensée aussi pour Xavier Petitjean, notre trésorier absent cet après-midi en raison de son engagement dans le téléthon du moment. Merci à Guy Guyot de la Maison des Tiers Mondes et de la Solidarité Internationale (MTMSI) qui, malgré son grand âge, nous honore de sa présence en ce jour mémorable.

Merci enfin à vous tous, ici présents, amis et compagnons des luttes panafricaines, engagés dans le combat immuable pour une réelle indépendance et une réelle autodétermination du continent : Thomas Sankara et bien d’autres nous ont montré la voie.

  1. Historique de l’Allée :

En novembre 2013, l’Allée Thomas Sankara a été inaugurée en présence de Mme MANDROUX (maire de Montpellier à l’époque). Je voudrais, aujourd’hui, partager avec vous l’historique de cette épopée qui tient principalement à l’ardente volonté d’un jeune devenu adulte depuis. En effet, dans les années 2010, le jeune Yoan THINES rentre d’un séjour professionnel au Burkina Faso. Malgré la disparition du Jeune Président assassiné, il est séduit par la personnalité omniprésente et vivace d’un Homme profondément Intègre ainsi que par son aura auprès de la jeunesse Burkinabé. Il suggère alors à son père, Philippe THINES (responsable à l’époque de la gestion des espaces publics municipaux), de dénommer du nom de Thomas SANKARA, une rue de la ville. L’Allée Thomas SANKARA est actée lors d’un conseil municipal ainsi que d’autres dénominations en hommage aux héros panafricains notamment la Rue Patrice Lumumba et la Rue Nelson Mandela dans deux quartiers résidentiels de la ville de Montpellier. Lorsque nous avons été informés de cette dénomination, le CTSM s’est immédiatement rapproché de la municipalité pour s’approprier les lieux. Il s’en suivra l’inauguration du 30 novembre 2013.

  1. L’Allée Thomas SANKARA : Un Trait d’Union et une Forte Symbolique

L’Allée, telle que nous la connaissons aujourd’hui est un Trait d’Union, une Passerelle à forte connotation symbolique.

Tous les africains de ma génération se souviennent sans doute encore de leurs moments de scolarité dans leur adolescence ou leur jeunesse. En effet, pour rejoindre le Lycée Victor Augagneur (à côté de l’hôpital Louis Pasteur), je devais pour ma part, emprunter le Bd Charles de Gaulle, passer le Rond-Point François Mitterand, enjamber la lagune grâce au Pont Pierre Savorgan de Brazza.

Aujourd’hui à Juvignac, une commune de la Métropole, les jeunes du quartier des Constellations peuvent emprunter le « Chemin Thomas Sankara » pour rejoindre le complexe scolaire « Nelson Mandela ».

A Montpellier, « l’Allée Thomas Sankara » permet de relier le quartier Antigone à celui des administrations et des établissements scolaires de Joffre et Mermoz. Un Trait d’Union et une Passerelle à forte connotation symbolique :

  • La symbolique d’une part de l’Éducation, de l’Instruction et de la Connaissance avec le Lycée Général Joffre, le Lycée Technique et Professionnel Mermoz dont les enseignants et les élèves empruntent quotidiennement l’Allée
  • La symbolique de la Communication d’autre part, celle de l’Information avec notre fleuron local : la Radio France Bleue Hérault dont les locaux bordent l’Allée.
  • Enfin, la symbolique de la Finance avec, à l’entrée de l’Allée, les bâtiments du Trésor Public et ceux de l’administration des finances, fers de lance de l’économie et de l’entreprise quand ils ne sont pas instruments de dépendance financière et monétaire.
  1. Projet futur : suite de la valorisation de l’année

Pour revenir à notre allée, Vianné (notre artiste) nous fera l’honneur de dévoiler son œuvre artistique qui représente, pour nous, une première tranche d’un projet de valorisation globale de l’Allée. Nous avons en effet, l’ambition de permettre à des jeunes et moins jeunes artistes locaux d’investir les lieux et de faire de l’Allée TS, une succession de tableaux, une sorte de musée à ciel ouvert en honneur au Président Thomas Sankara.

Tout comme il existe à Montpellier, à Odysseum plus exactement, une Place dédiée aux Grands Hommes et Femmes de notre humanité contemporaine. L’espace public qui se juxtapose à l’Allée Thomas Sankara dans sa partie basse, pourrait être dédié aux militants et combattants panafricains. Cet espace pourrait être baptisé : Place de la Paix, Place de la Liberté, Place des Indépendances, que sais-je ……… ou Place des Hommes Intègres.

C’est un projet qui nous tient à cœur et que nous nous efforcerons de faire aboutir en lien et en partenariat avec la Mairie et la Métropole. RDV donc ici et à nouveau dans quelques mois pour célébrer ensemble ces réalisations à venir.

Au nom du Comité TS et en mon nom personnel, je voudrais vous dire toute notre reconnaissance pour votre présence, votre soutien et votre engagement.

Je vous remercie.

Gabriel BIBA-NKOUKA, pour le Comité Thomas Sankara Montpellier


 

Viané le créateur de la fresque: “Ce sont les Burkinabè qui m’ont fait connaître Thomas Sankara “, interview

La fresque est très colorée avec des couleurs chatoyantes. C’est un choix artistique, mais symbolique aussi ?

Oui, j’aime les couleurs qui me rappellent mes voyages en Afrique. En fait les fresques devaient avoir une base de rouge, jaune et vert.

Et puis des contraintes sont venues changer la donne. Il était prévu de peindre des citations de Thomas Sankara mais la mairie souhaitait des images seulement. Une architecte a également donné son point de vue pour mieux intégrer les couleurs à la végétation à coté des escaliers du bas. Finalement il ne reste que les frises de triangles rouges, jaune, vert sur le coté droit des escaliers, qui  symbolisent les couleurs du Burkina Faso et de l’Afrique en général.

Réaliser des fresques dans des escaliers qui ne forment donc pas une surface plane, c’est une difficulté particulière. Comment s’y prend-on ?

Je n’avais aucun mode d’emploi et aucune garantie du résultat. Surtout que les marches n’avaient pas la même taille partout, ce qui augmentait la difficulté.

J’ai beaucoup travaillé en amont, avec les logiciels illustrator et photoshop. J’ai fait imprimer 3 grands pochoirs de 2,70m de large sur 1,80m de haut, que j’ai ensuite découpés en 10 bandes de la taille des marches. En je me suis fait aider pour appliquer les pochoirs sur les marches.

La peinture n’a pas été évidente à réaliser non plus car au bout de quelques jours je me suis fait une entorse au genou, à force de me baisser et de me relever.

Viané au travail

Il faut préciser que j’ai peint les soirs et les week-ends durant un mois.

De nombreux Burkinabè ont critiqué les fresques en disant que l’image de Thomas Sankara allait être piétinée. J’aimerai préciser que son image n’est pas au sol, sur les marches, mais elle est peinte sur les contremarches!

Des collégiens empruntent bien cette allée (d’ailleurs j’ai eu à faire le gendarme pour faire respecter les rubans de balisage lorsque je peignais le soir vers 17h à la sortie des classes.) Ils vont certainement ainsi chaque année découvrir qui était Sankara.

Comment avez-vous découvert le Burkina et Thomas Sankara ? Vous avez commencé vos activités au Burkina en produisant des musiciens, vous êtes toujours dans la musique?

J’ai découvert le Burkina Faso en 1996, en passant d’abord par Abidjan puis en remontant (Bouaké, Korhogo…). J’ai aimé le Burkina et je suis revenu quelques mois plus tard. Ce sont les Burkinabè qui m’ont fait connaitre Thomas Sankara. Je ne connaissais pas le personnage avant, je savais tout juste que c’était un président qui avait été assassiné, sans plus. Les récits ou les légendes que j’ai entendu sur Sankara m’ont poussé à rechercher les deux livres de Sennen Andriamirado que j’ai réussi à dénicher chez un libraire au bord de l’avenue Houari Boumediène (si mes souvenirs sont bons), pour 4000 CFA chacun. Je garde ces ouvrages jalousement!

Avant de venir au Burkina, j’avais acheté un petit clavier MIDI et avec un logiciel de M.A.O (Musique Assistée par Ordinateur), j’avais commencé à composer des instrumentaux de rap. En 1997, on m’a présenté Gilles K, le DJ du Jimmy’s à Ouaga. Son ami Alain venait de le rejoindre au Burkina Faso et on a décidé de monter un groupe: “MASK’A JAZZ”.

En ce moment, je travaille avec un chanteur qui vient d’enregistrer une chanson que j’avais écrite en 2008! On tourne le clip dans quelques jours. Je ne le produis pas vraiment mais je collabore avec lui. Je ne livre pas son nom car je préfère garder la surprise.

Et en 2023 j’avais réalisé un clip à l’aide de l’intelligence artificielle pour des artistes Burkinabè.

A part cette fresque et vos BD vous avez d’autres réalisations en art plastique?

Oui je peins depuis 6 ans maintenant et je compte me professionnaliser dans les prochains mois pour en tirer quelques revenus, en plus de mon travail salarié.

Vous avec fait des bandes dessinés, écrit un roman, maintenant une fresque consacrés à Thomas Sankara. Que représente-t-il pour vous ?

Le roman n’est pas encore terminé! Je suis exigeant avec moi-même et je souhaite offrir aux lecteurs un récit proche de la réalité historique, donc je travaille encore.

Thomas Sankara est un exemple qui m’inspire. Pour réaliser mes ouvrages, j’ai du lire et relire ses discours et ses interviews. Donc je suis emprunt de ses pensées que je trouve clairvoyantes. Il avait des défauts mais quand on écoute ses interviews, il dégage une sincérité, un bon sens, une énergie positive qui mérite d’être partagée au plus grand nombre. C’est ce que j’essaie de faire à travers mes activités.

Propos recueillis par Bruno Jaffré

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Prix Thomas Sankara de poésie, compte rendu de la 5ème édition https://www.thomassankara.net/prix-thomas-sankara-de-poesie-compte-rendu-de-5eme-edition/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prix-thomas-sankara-de-poesie-compte-rendu-de-5eme-edition https://www.thomassankara.net/prix-thomas-sankara-de-poesie-compte-rendu-de-5eme-edition/#respond Wed, 10 Apr 2024 13:48:07 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=248702 La 5ème édition du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara, orchestré par Afrique Wilila pour rendre hommage au regretté Président Thomas Sankara, a illuminé la soirée du 21 mars 2024 au CENASA, en cette journée internationale de la poésie. Cette année, placée sous le signe de “Nous rassembler”, a réuni une diversité d’âmes passionnées de […]

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La 5ème édition du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara, orchestré par Afrique Wilila pour rendre hommage au regretté Président Thomas Sankara, a illuminé la soirée du 21 mars 2024 au CENASA, en cette journée internationale de la poésie. Cette année, placée sous le signe de “Nous rassembler”, a réuni une diversité d’âmes passionnées de poésie. L’événement, richement composé, a offert une palette d’activités captivantes : des discours inauguraux, des prestations artistiques envoûtantes, la remise d’attestations honorifiques, et bien sûr, la lecture du poème victorieux de cette 5ème édition.

Pour assurer la fluidité de cette célébration, deux comités ont été érigés : le premier, présidé par Issaka SALIA, était dédié à la gestion scientifique, garantissant ainsi le bon déroulement des festivités. De son côté, le deuxième comité, le jury, a été confronté à la tâche ardue de départager les candidats, une responsabilité soulignée par Aboubacar DAO, président dudit jury.

Parmi une pléthore de candidatures, douze (12) finalistes ont été sélectionnés avec soin. Le lauréat de cette cinquième édition, Tristell Mouanda Moussouki, de la République du Congo, a ému les cœurs avec son œuvre intitulée “Élégie pour un Sahel debout”. Bien que son absence ait été regrettée, la présidente du comité d’organisation, Noëllie Hien, a exprimé sa fierté quant au succès de cette édition, y voyant un symbole de résilience. Elle a également rendu hommage au comité scientifique et au jury, soulignant que la poésie demeure un pilier d’espoir pour l’humanité et qu’elle doit être préservée à tout prix.

Mahamadi Ouedraogo

Nous publions ci-dessous le poème Sahel de Tristell Mouanda Moussouki qui a remporté le prix


Sahel !

J’ai vu au-delà des prochaines estimations de lunes
Des hommes s’éclater en particules de larmes
J’ai vu la nuit saigner à Kidal comme de l’eau qui gicle dans les moissons de tempête
De temps en temps j’essaie de feuilleter le cri de chaque nation arc-en-ciel pour mieux
interpréter la vérité qui assiège ma gorge…
Sahel !
Les larmes de mon peuple sont des ruisseaux de sang
J’arpentais les hexagrammes du ciel
Pour donner à l’envol des mots la solennité du chant
J’arpentais la croix du Christ pour ouvrir les nouvelles mers de salut
Et de l’autre côté de midi,
Il m’arrive de traduire le son de chaque rêve calciné, mais chaque midi plein,
Je séjournais au Nord du Niger pour voir détonner mon amour de bâtir un Sahel
ensemble
Il m’arrive d’arrêter la colère des vents qui emporte les grammes de paix de mon
continent
Il nous faut un chant pour contrer la nuit qui migre sur nos racines
Il nous faut un chant hallucinant qui éveille des prières
O Sahel !
Je te veux fraternel
Je te veux verbe : rassembler
Je te veux parole achevée sur l’acacia
Achevée sur la règle
Achevée sur les draps des martyrs
Je te veux bijou d’offrande
Je te veux nappe du progrès
Je te veux à l’unité des nuits blessées : toujours plus debout, toujours plus soleil,
toujours plus dynamique …
En vérité, je vous le dis : il nous faut brûler l’impérialisme qui déséquilibre la
coexistence des peuples
Nous rassembler pour construire un Sahel sans désert de liberté
Nous rassembler pour capturer les pluies
Nous rassembler pour dire Mali, nous vaincrons !
Burkina, nous vaincrons !
Niger, nous vaincrons !
Recherchez-moi dans la triangulation de la parole cosmique le surgissement de
l’avenir
Recherchez-moi dans la plus belle invention de OUAGADOUGOU le vivre-ensemble
pour allumer demain…….

MOUANDA MOUSSOKI


Voici la liste des 12 meilleurs poèmes des 12 candidats retenus, avec les moyennes de leurs notes

1er Poème 25 Élégie pour un Sahel debout Tristell MOUANDA MOUSSOKI Brazzaville, République du Congo 14,33 ;

2e Poème 06 Sous le firmament étoilé Alain ATTA Ouagadougou, Burkina Faso 13,67;

3e ex Poème 12 Ensemble Robert LAURENT Alixan, France 13,33;

3e ex Poème 28 Mimosa sensitive Daquin Cédric AWOUAFACK Yaoundé, Cameroun 13,33;

3e ex Poème 39 Adieu la haine Akiza KY Koudougou, Burkina Faso 13,33;

6e ex Poème 24 Peuples du monde, unissons-nous Abibata OUEDRAOGO Ouagadougou, Burkina Faso 13,00;

6e ex Poème 36 Debout François KIENTEGA Ouagadougou, Burkina Faso 13,00;

8e ex Poème 53 Les capitaines Issaka SANFO Ouagadougou, Burkina Faso 12,67;

8e ex Poème 56 Chant lunaire d’Ubuntu Alvie MOUZITA Brazzaville, République du Congo 12,67 ;

8e ex Poème 70 L’Écho de l’Unité Sozé Mohamed Lamine TRAORE Bobo-Dioulasso, Burkina Faso 12,67;

11e ex Poème 33 Sous le ciel étoilé Zakaria SAWADOGO Ouagadougou, Burkina Faso 12,33;

11e ex Poème 58 Symphonie Adonis Ornella DAO Ouagadougou, Burkina Faso 12,33.

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Réflexions critiques sur les commémorations 2023 de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons https://www.thomassankara.net/reflexions-critiques-commemorations-2023-de-lassassinat-de-thomas-sankara-de-compagnons/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=reflexions-critiques-commemorations-2023-de-lassassinat-de-thomas-sankara-de-compagnons https://www.thomassankara.net/reflexions-critiques-commemorations-2023-de-lassassinat-de-thomas-sankara-de-compagnons/#respond Tue, 02 Jan 2024 20:24:34 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=248233 Nous allons ici rendre compte des commémorations du 36ème anniversaire des assassinats de Thomas et de ses compagnons. Notre article n’aurait que peu d’utilité si nous ne nous contentions que de relater la journée du 15 octobre 2023. Nous avons voulu plutôt situer cette journée dans le long processus que fut celui de la reconnaissance […]

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Nous allons ici rendre compte des commémorations du 36ème anniversaire des assassinats de Thomas et de ses compagnons. Notre article n’aurait que peu d’utilité si nous ne nous contentions que de relater la journée du 15 octobre 2023. Nous avons voulu plutôt situer cette journée dans le long processus que fut celui de la reconnaissance de Thomas Sankara comme héros national, et la façon dont se sont organisées par le passé les commémorations.

Le capitaine Ibrahim Traoré reçoit le flambeau de la Révolution

L’an dernier, le 15 octobre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré en était encore à organiser son pouvoir, après le coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir le 2 octobre 2022. La commémoration avait cependant pu être organisée  en collaboration avec le Mémorial Thomas Sankara. Nous avons alors écrit dans notre blog sur médiapart : « Sur cette lancée, les leaders du Mémorial Thomas Sankara ont voulu placer la cérémonie de commémoration de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, le 15 octobre 2022, sous le signe du « passage du flambeau de la Révolution à des jeunes ». Les assises nationales ont été écourtées, sans doute pour permettre au jeune capitaine Ibrahim Traoré, tout juste consacré comme Président de la Transition et Chef de l’État d’y participer. Il a ainsi pu recevoir avec douze autres jeunes des trophées, le sien représentant le « père de la Révolution ». Une façon de lui suggérer de s’inspirer des idées de Thomas Sankara ». Il faisait alors plutôt preuve de modestie face aux pressions qui voulaient voir en lui un nouveau Sankara.  Mais peu à peu, il semble évoluer. Il parle maintenant de Révolution. Il cite de plus en plus Thomas Sankara. Et semble préparer la population burkinabè à ce qu’il reste au pouvoir, avançant l’argument avec son premier ministre, que les élections sont impossibles à organiser du fait de la guerre.

Ré-inhumations précipitées sans consensus

Lors des ré-inhumations, le 23 février 2023, nombreux étaient ceux qui prévoyaient pour le 15 octobre 2023, une cérémonie de grande ampleur puisque les corps devaient enfin être ré-inhumés et reposer enfin. Pour notre part, nous n’oublions pas la précipitation avec laquelle le lieu a été choisi, en convoquant  le mysticisme et un certain traditionalisme à géométrie variable. Mais surtout en forçant la décision de façon autoritaire, contre l’avis de certaines familles, notamment celles de Thomas Sankara et de Frédérique Kiemdé qui s’en trouvaient divisées. On ne nous fera pas oublier le combat dans laquelle s’était lancée Mariam Sankara, les frères et sœurs de Thomas Sankara, et leurs avocats, dès 1997. Beaucoup de ceux qui expriment le mépris envers cette famille, en affirmant « Thomas Sankara appartient à l’État et à l’armée » ou qui s’autoproclament les « héritiers de Thomas Sankara », et refusant à certaines familles le choix du lieu de leur sépulture, n’étaient parfois pas nés, ou des enfants, et en tout cas absents des longs combats qui se sont menés toutes ces années. Pouvait-on mettre sous silence cet épisode dramatique. Beaucoup de médias l’ont fait, d’autres, heureusement et c’est tout à leur honneur l’ont rappelé.

Peu de communications filtraient pourtant à l’approche de la date fatidique.

Thomas Sankara héros… depuis longtemps pour le Burkinabè

Puis le 4 octobre, le conseil des ministres adopte un projet de décret portant reconnaissance de la qualité de « Héros de la Nation » à Thomas Sankara. Cette décision est rendue possible à la suite de l’adoption le 22 juin 2022, « d’une loi portant statut de héros de la nation et du décret portant création de la Commission nationale d’analyse et de suivi des dossiers de héros, de martyrs et d’invalides de la nation » explique alors le porte-parole du gouvernement, ajoutant que le comité technique avait estimé que le dossier de Thomas Sankara remplissait tous les critères ! Selon la loi précise lefaso.net, «  le héros de la nation bénéficie d’une prise en charge de ses enfants mineurs en qualité de pupilles de la nation et du droit à la protection de sa mémoire. Le héros de la nation bénéficie des privilèges suivants : consécration d’une journée d’hommage ; réalisation de monument ; construction de tombeau et mausolée ; baptême de rues, avenues, places ou édifices publics en son nom ; décoration. Il faut noter que l’initiative aux fins de reconnaissance de la qualité de héros de la nation appartient au président du Faso, au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale ».

La dernière phrase mérite tout de même un retour sur le passé. Depuis longtemps les sankaristes consacraient le 15 octobre comme une journée d’hommage à Thomas Sankara. C’était d’ailleurs le seul jour où ils se retrouvaient unis, pour se rassembler au cimetière autour de la tombe, confiant l’organisation de la cérémonie à une personnalité neutre en regard des querelles des partis politiques, en la personne de Jonas Hien, devenu ensuite Président du conseil national des organisations de la société civile, avant d’être remplacé récemment.

Il nous parait ici utile de rappeler qu’à la faveur de la promulgation de la Constitution, le 11 juin 1991, Blaise Compaoré avait déclaré le Capitaine Thomas Sankara, Philippe Zinda Kaboré, pionnier de la lutte pour l’indépendance, Ouezzin Coulibaly, premier chef du gouvernement de la Haute-Volta (1958), et Nazi Boni, ancien leader politique, héros  nationaux. En outre, à la faveur du processus de réconciliation nationale entreprise sur recommandation du Collège de sages en 1999, au temps fort de la crise consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, et de la Journée nationale de pardon, le statut de héros national, accordé à Thomas Sankara, avait été confirmé. Toutefois, rien n’a ensuite été fait pour l’élever à cette dignité, à travers des actes concrets et des symboles visibles. Les autorités lui ont juste attribué une ruelle d’à peine quelques centaines de mètres, au centre-ville de Ouagadougou. Un monument dédié aux héros nationaux fut élevé à cet effet en 2013, sans trop insister sur les personnes concernées. Comment en effet rendre hommage à Thomas Sankara alors que Blaise Compaoré a organisé son assassinat ? Tout hommage n’aurait fait que le rappeler aux Burkinabè.

Mais au-delà des commémorations qui rassemblaient les organisations sankaristes, deux évènements majeurs, à l’initiative du peuple burkinabè consacrèrent Sankara comme héros national.

La Commémoration en 2007 et l’insurrection de 2014, deux évènements majeurs

Le premier, la commémoration du 20ème anniversaire des assassinats en 2007, qui rassembla, pour la première fois, plusieurs milliers de personnes dans les rues de Ouagadougou pour accueillir la Caravane Thomas Sankara. Foule nombreuse encore, pour se rendre en cortège au cimetière de Dagnoen où Mariam Sankara était attendue, pour sa première venue au Burkina depuis l’assassinat de son mari. Les multiples manœuvres de Blaise Compaoré et de ses amis, pour tenter de diminuer l’ampleur de l’évènement, ne purent empêcher ces manifestations. Un séminaire fut organisé pendant une semaine, rappelant le rôle et l’action de Thomas Sankara, un magnifique concert rassembla les musiciens contestataires du pouvoir à l’époque. Ce fut un évènement considérable, alors que, jusqu’ici, le pouvoir de Blaise Compaoré s’était efforcé de l’effacer de la mémoire des Burkinabè… sans succès.

Pour notre part c’est avec nostalgie que nous pensons aux commémorations auxquelles nous avons assisté sous l’ère Compaoré. Commémorations militantes, populaires.

Commémorations de l'assassinat de Sankara le 15 octobre 2007. La foule au cimetière
Commémorations de l’assassinat de Sankara le 15 octobre 2007. La foule au cimetière (photo Bruno Jaffré)

Nous reprenons à notre compte ce sentiment exprimé par le journaliste Boukary Ouoba sur sa page facebook : « Mine de rien “nous” aussi on a assez commémoré de 15 Octobre au cimetière de Dagnoen. Quand on a connu le 15 Octobre 2007 lorsque le Burkina Faso officiel célébrait avec faste les “20 ans de renaissance démocratique avec Blaise Compaoré” et que nous décidions d’être les parias en célébrant les “20 ans de l’assassinat de Thomas Sankara”, on se dit que c’est nous qui avons gagné. Sankara allait quitter par où pour avoir la Une de Sidwaya. En cette année 2007, la rtb avait refusé de diffuser le spot de la commémoration du 15 Octobre et des espaces publics comme la Maison du Peuple avaient été refusés aux organisateurs constitués essentiellement des partis et mouvements sankaristes avec à leurs côtés des étudiants, des enfants de la rue et autres gueux dont la République ne voulait ni voir ni en entendre parler. Quand on voit comment on est passé des commémorations du cimetière de Dagnoen aux festivités du Mémorial du Conseil, il n’y a pas de quoi rougir si ce n’est être fier que notre combat ait triomphé. Les 15 Octobre, on se rendait au cimetière sans badge encore moins de carton d’invitation fleuris. Avec ce qu’on observe aujourd’hui ou depuis 2016, le combat pour Thomas Sankara est fini. On n’a même plus besoin de se battre pour Thomas Sankara, parce que Sankara n’en a plus besoin. Maintenant c’est aux gens de se battre pour être aux célébrations de Sankara. Sankara “rédempteur” ».

Le deuxième évènement, l’insurrection de 2014, rassembla un peuple uni, avide de démocratie. La population se rassemblait par dizaines de milliers pour chasser Blaise Compaoré et demander la réhabilitation et la justice pour Thomas Sankara. A l’époque, le mot d’ordre le plus couramment cité par les insurgés, bien que quelque peu amputé, était : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère !» Y a-t-il plus bel hommage ?

Le Mémorial Thomas Sankara a toujours souhaité collaborer avec l’État.

Le Mémorial Thomas Sankara est une initiative de membres de la société civile. Nous avons plusieurs fois exprimées nos divergences, avec la façon dont il a été lancé. S’il n’est pas le lieu ici de les réaffirmer, force est de reconnaitre que cette fois le gouvernement semble prêt à y collaborer avec tous ses moyens. C’était d’ailleurs là, l’un des premiers objectifs affiché à l’époque des initiateurs du projet. Il semble atteint désormais.

La statue est une initiative du premier ministre de la culture du premier gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré, Tahirou Barry, qui a voulu laisser sa marque au Mémorial. Malheureusement, le résultat n’est pas au niveau de l’ambition affichée. Nous osons encore le répéter et le regretter, la ressemblance est assez lointaine avec Thomas Sankara. On ne peut qu’espérer qu’un jour ou l’autre, de nouveaux moyens seront développés pour qu’une nouvelle statue, ressemblante cette fois, remplace celle qui trône au centre du site du Mémorial. On attend sur ce lieu de nombreux touristes, y compris de l’étranger. La statue actuelle donne l’impression que le Burkina ne compte pas de sculpteur capable de faire une statue qui ressemble à Thomas Sankara. Lui qui ne cessait d’évoquer « le génie créateur du peuple ».

Le Mémorial a connu bien des péripéties. Les initiateurs du projet ne voulaient pas de Me Bénéwendé Sankara, dirigeant alors du principal parti « sankariste », qu’ils vilipendaient à l’époque. Lorsqu’il est rentré au gouvernement, il y a fait son entrée par la grande porte. Il s’agissait d’améliorer la collaboration avec le pouvoir. Jerry Rawlings, un temps président du CIM TS (Comité international du Mémorial Thomas Sankara) avant son décès a permis au Mémorial d’obtenir une certaine renommée internationale. On ne pouvait trouver meilleur porte-parole. Il a d’ailleurs permis que des fonds soient rassemblés pour lesquels jamais aucun bilan n’ait cependant jamais été rendu public. A son décès, outre les anciens, ce sont trois militaires qui ont accédé aux responsabilités. Des militaires restés silencieux[1] pendant tout le règne de Blaise Compaoré, et qui n’étaient guère acteur du combat pour la justice. Loin de nous l’idée de leur jeter l’opprobre. C’était le prix à payer pour protéger leurs familles. Ce sont les animateurs du Mémorial qui sont venus les solliciter alors que le projet était orphelin de Jerry Rawlings. Ils ne pouvaient évidemment pas refuser. Ils s’efforcent aujourd’hui de le remplacer non sans difficulté.

Avec le capitaine Ibrahim Traoré, le Mémorial atteint ce qui était un de ses principaux objectifs : que l’État prenne cette reconnaissance à son compte. Le CIM TS, reste pour l’instant un acteur incontournable.

Les négociations entre le gouvernement et le CIM TS (comité international du Mémorial Thomas Sankara) vont s’engager ou le sont déjà. Ce dernier n’a jamais pu rassembler les énormes moyens nécessaires pour réaliser le projet architectural. Il n’est pas en position de force pour négocier. Les militaires au pouvoir ont déjà montré au moment des inhumations qu’ils sont les seuls maitres à bord. Le gouvernement dont la priorité est la lutte contre le terrorisme, va cependant sans doute  financer quelques réalisations, comme la construction du Mausolée, qui est déjà annoncée. Car il se positionne comme le continuateur de l’œuvre de Thomas Sankara. Mais l’ampleur du projet est telle qu’il va être difficile d’en rassembler le financement dans la situation actuelle que connait le pays. La suite reste à écrire. Mais cette fois, les dirigeants actuels et à venir ne sont pas issus de l’entourage de Blaise Compaoré.

Les actes de la Commémoration de 2023

Durant la cérémonie, le ministre de la fonction publique, Bassolma Bazié, a procédé à la lecture du décret portant élévation de Thomas Sankara à la dignité de Héros de la Nation. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Jean Emmanuel Ouédraogo, a remis le document du Projet du Mémorial  au Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré. L’Architecte-Conseil du Comité international Mémorial Thomas SANKARA (CIMTS) Souleymane ZERBO, a dévoilé la nouvelle maquette du projet global des infrastructures intégrant le Mausolée de Thomas Sankara et de ses compagnons, conçu par l’architecte Francis Kéré. Puis le Président de la Transition, accompagné du vice-président du CIMTS le colonel major Daouda Traoré, a déposé la désormais traditionnelle gerbe au bas de la statue de Thomas Sankara, contenant à sa base les portraits sculptés des 12 compagnons assassinés avec lui. Enfin il a procédé à la pause de la première pierre du Mausolée. Puis le cortège présidentiel s’est déplacé à quelques dizaines de mètres plus loin vers l’ancienne avenue Charles de Gaulle.

On se rappelle que l’université Ouaga 2 fut rebaptisé université Thomas Sankara le 15 octobre 2020 par le Premier ministre de Roch Marc Christian Kaboré, Christophe Dabiré. Le capitaine Ibrahim Traoré ne pouvait faire moins. Il a donc rebaptisé le boulevard du général De Gaulle en Boulevard Thomas Sankara, ostensiblement accompagné du seul membre de la famille Sankara présent, Valentin Sankara. Comme le rappelle le bimensuel le Reporter, ce boulevard avait été inauguré sous la Révolution, le 6 octobre 1985, en présence du Commandant Jean-Baptiste Boukary Lingani, ministre de la Défense et représentant le président du CNR. Il a été financé par l’AFD (Agence française de développement). D’abord avenue Charles de Gaulle, il devint boulevard, suite à sa prolongation jusqu’à l’hôpital pédiatrique du même nom, toujours sur financement de l’AFD. Des anecdotes racontent que ce boulevard est le fruit d’une pression personnelle de Thomas Sankara sur son homologue français, François Mitterrand.

Ajoutons pour la petite histoire, que deux membres de l’association SURVIE, qui résidaient à l’époque au Burkina Faso, avaient symboliquement renommé l’avenue de Charles de Gaulle en avenue des Tirailleurs Sénégalais, le 14 juillet 2010.  Une initiative qui avait donné à un article, à l’époque, dans le journal L’Indépendant.

Rappelons aussi que, déjà en novembre 2017, lors de la venue du président Emmanuel Macron à Ouagadougou, des associations de la société civile burkinabè avait saisi l’occasion pour rebaptiser cette avenue Charles de Gaulle en boulevard Thomas Sankara. Pour ces jeunes militants, cet acte était « un message au Président français pour lui dire que la fin de la Françafrique doit passer des paroles aux actes ».

Thomas Sankara est devenu bien malgré lui un enjeu d’appropriation et de récupération politique. Comment pourrait-il en être autrement ? Pourtant, jamais de son vivant il n’avait accepté un quelconque culte de la personnalité. Il se caractérisait plutôt par son intégrité et une très forte modestie, ne cessant d’ailleurs d’affirmer qu’il faisait de nombreuses erreurs. S’efforçant tous les ans de faire un bilan de ce qui avait été réalisé et fixant les objectifs de l’année à venir. On aimerait que ceux qui se réclament de lui s’astreignent déjà à faire ce minimum.

L’État va désormais prendre une grande place dans les commémorations pour lesquelles il faudra obtenir une invitation. Le Président se réclame de lui, sous la pression de ses partisans. Nous l’avons dit récemment, « les recherches sur Thomas Sankara sont loin d’être terminées », bien que de nombreux ouvrages, essais, biographies, analyses historiques, recueils de discours, et même depuis quelques temps, romans et bandes dessinées ont été édités. Plus que de se précipiter pour déposer des gerbes des fleurs sur sa tombe, souhaitons que des mesures fortes, soient prises pour que l’université lancent des recherches ambitieuses de hauts niveaux, que les archives nationales s’attellent à récupérer les nombreuses archives qui sont dispersées dans le pays. Et qu’enfin la Révolution soit enseignée dans les lycées.

Bruno Jaffré

[1] Est-ce la raison pour laquelle le président par Intérim, du Mémorial, le colonel major Daouda Traoré a superbement ignoré le Réseau international Justice pour Sankara justice pour l’Afrique dans les remerciements envers ceux qui se sont mobilisés pour la justice pour Thomas Sankara et ses compagnons?. Un réseau pourtant bien connu au Burkina, puisqu’il a organisé deux conférences de presse à Ouagadougou, sous le règne de Blaise Compaoré, et que ses communiqués sont systématiquement publiés depuis plusieurs années dans la presse Burkinabè.

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Burkina : « Le boulevard Thomas Sankara ouvre un boulevard pour mobiliser les consciences, contribuer à faire de chaque Burkinabè, un héros… » (colonel-major Daouda Traoré, mémorial Thomas Sankara) https://www.thomassankara.net/burkina-boulevard-thomas-sankara-ouvre-boulevard-mobiliser-consciences-contribuer-a-faire-de-burkinabe-heros-colonel-major-daouda-traore-memorial/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=burkina-boulevard-thomas-sankara-ouvre-boulevard-mobiliser-consciences-contribuer-a-faire-de-burkinabe-heros-colonel-major-daouda-traore-memorial https://www.thomassankara.net/burkina-boulevard-thomas-sankara-ouvre-boulevard-mobiliser-consciences-contribuer-a-faire-de-burkinabe-heros-colonel-major-daouda-traore-memorial/#respond Mon, 01 Jan 2024 21:27:02 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=248107 Nous vous proposons ci-dessous un article tiré du site lefaso.net, publié le 26 octobre 2023. Il s’agit d’une interview de Daouda Traoré, vice-président, chargé de l’intérim du Comité international mémorial Thomas Sankara, qui commente la décision du gouvernement de renommer le bd Charles De Gaulle en bd Thomas Sankara. La rédaction La commémoration du 36è […]

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Nous vous proposons ci-dessous un article tiré du site lefaso.net, publié le 26 octobre 2023. Il s’agit d’une interview de Daouda Traoré, vice-président, chargé de l’intérim du Comité international mémorial Thomas Sankara, qui commente la décision du gouvernement de renommer le bd Charles De Gaulle en bd Thomas Sankara.

La rédaction


La commémoration du 36è anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara et de douze de ses compagnons le dimanche 15 octobre 2023, a été marquée du sceau de la rebaptisation du Boulevard Charles de Gaulle en Boulevard Thomas Sankara, la pose de la première pierre du mausolée portant son nom, précédées quelques jours plus tôt de son élévation officielle au rang de Héros de la nation. 48 heures après la commémoration, nous avons rencontré un des principaux artisans de l’organisation, le colonel-major Daouda Traoré, vice-président, chargé de l’intérim du Comité international mémorial Thomas Sankara, dont le discours livré ce jour a retenu l’attention sur bien des aspects. Dans cette interview, l’ancien compagnon de Thomas Sankara revient sur les temps forts de la commémoration, apprécie la trajectoire du président Ibrahim Traoré et dégage des perspectives en matière de promotion des idéaux de Thomas Sankara et pour l’ensemble du peuple.

Lefaso.net : Après l’organisation d’un 36e anniversaire qui a été marqué par des actes forts, et une participation au sommet de l’État, comment vous sentez-vous aujourd’hui, vous qui avez été, avec votre équipe, la cheville ouvrière ?

Colonel-major Daouda Traoré : Un peu épuisés certes, mais on se sent très bien, avec les camarades, et nous sommes heureux que vous ayez pu nous revenir pour recueillir nos sentiments. On est vraiment étreint par l’émotion, pour cette commémoration qui s’est très bien passée. Ce fut une commémoration exceptionnelle, un hommage national qui a connu l’implication directe du chef de l’État, Son excellence le capitaine Ibrahim Traoré, de Son Excellence le Premier ministre, Me Joachimson Apollinaire Kyélèm de Tambèla, du gouvernement et des présidents d’institutions.

Les jeunes, les aînés, les compagnons de Sankara, et toutes ces personnalités qui se sont engagées depuis des décennies, pour défendre les idéaux de Sankara, commémorer le 15 octobre, réclamer justice pour lui, donc bien avant la création du Comité international mémorial Thomas Sankara, il y a de quoi être vraiment fiers. Il y a quelques années, on ne pouvait pas imaginer cela. Il y a quelques années, jusqu’en 2014, prononcer le nom de Thomas Sankara pouvait créer les plus grands tourments à des gens.

Nous pensons à des personnes comme Me Sankara (Bénéwendé Stanislas Sankara, un des avocats de la famille, ndlr), qui a connu la geôle, beaucoup de souffrances, des tentatives d’humiliation, et je profite pour saluer vraiment le combat qu’il a mené, avec d’autres camarades, pour faire vivre la mémoire de Thomas Sankara. Je les salue tous. Évidemment, je ne pourrai énumérer tous ces combattants, dont certains, comme Norbert Tiendrébéogo du FFS (Front des forces sociales), nous ont quittés.

Aujourd’hui, nous sommes très émus ; nous avons mené le combat, mais nous ne pensions pas que ça arriverait si tôt et de si belle manière, avec une implication au sommet de l’État et des actions qui ont rencontré l’assentiment de la population. Nous sommes donc heureux, nous dominons la fatigue un peu plus. C’est vraiment une occasion pour nous encore de saluer le chef de l’État, le Premier ministre, les membres du gouvernement, tous les ministères qui se sont impliqués à fond dans cette commémoration qui est pleine de perspectives.

A quoi ressemble l’organisation d’un tel évènement, dans ses jours précédents et suivants ?

Il y a beaucoup de stress évidemment, mais aussi beaucoup d’engagement, de stimulation, quand on voit le rôle de catalyseur que le chef de l’État a joué. Quand on vous dit que Sankara est fait Héros de la nation, eh bien, ça décuple les forces, ça donne un sentiment de gratitude et de reconnaissance qui fait qu’on est prêt à bousculer tous les obstacles.

L’organisation n’a pas été forcement parfaite, il y a beaucoup de camarades, de personnalités qu’on aurait voulu atteindre et les faire venir à cette commémoration, on n’a pas pu le faire parce qu’on était pris dans le feu de l’organisation et que les jeunes n’ont pas pu retrouver leurs domiciles. Je profite de votre canal donc pour leur demander profondément pardon, à tous ces camarades, à toutes ces personnalités. Je suis confiant aussi qu’ils nous comprendront.

C’est vraiment de l’exaltation, parce que c’est une reconnaissance des mérites de quelqu’un à qui nous nous identifions et nous sommes heureux de savoir que le chef de l’État, capitaine Ibrahim Traoré, s’identifie à lui, à ses idéaux et que, autant que possible, il les met en œuvre, dans un contexte complexifié, difficile à cause notamment de la crise sécuritaire, de la crise humanitaire qui y est liée, et également des agressions impérialistes et néo-colonialistes qui essaient d’agir de façon la plus barbare possible pour nuire à notre peuple, en nous refusant notamment la capacité d’acheter les armes dont nous avons besoin, et en menant des campagnes d’intoxication, de dénigrement et de contre-vérités.

Quand on sait tout cela, qui n’est qu’un aspect sûrement minime de tous les obstacles que nos dirigeants rencontrent, on ne peut que saluer l’action du chef de l’État, du gouvernement et demander à tous les patriotes sincères, à tous les révolutionnaires, à tous les citoyens, de se joindre à eux, pour les seuls combats qui vaillent aujourd’hui, à savoir défendre l’intégrité territoriale, donner à manger et à boire au peuple, le soigner et jeter les bases du développement auquel nous aspirons tous.

Quand vous voyez l’offensive agro-pastorale du chef de l’État, les projets liés à la production, l’APEC (actionnariat populaire), il s’agit de donner à boire et à manger aux gens, de leur permettre de dormir sous un toit sécurisé et dans un environnement de paix. Je ne pense pas que quelqu’un de raisonnable puisse s’opposer à de telles actions. Laissons les questions de postes, de maroquins non obtenus, les sentiments de frustrations individuelles peut-être compréhensibles ; et inspirés peut-être par la volonté de contribuer à bien servir le peuple.

Mais, le poète dit que de partout, on peut atteindre le ciel. On peut critiquer, suggérer, mais de manière constructive, respectueuse et sincère, pour ne pas faire le jeu de ceux qui veulent nous faire perdre l’essentiel, je dis bien l’essentiel. Et des hommes et des femmes sont aux premières lignes de ces combats, FDS, VDP, notamment, nous devons, tous, aider le gouvernement à les aider, à leur donner le moral, en plus des armes dont ils disposent aujourd’hui, nettement mieux que de par le passé.

Les actions-phares de cette commémoration, ce sont aussi cette reconnaissance officielle comme Héros de la nation, la rebaptisation du boulevard Charles De Gaule… Mais, d’aucuns disent que sous Blaise Compaoré également, cette reconnaissance a été faite, quelle est donc la particularité de celle du pouvoir actuel ?

Sous Blaise Compaoré, il n’y a eu aucune reconnaissance. Blaise, je me rappelle, même si la mémoire défaille parfois, s’est proposé, dans un discours, de donner à certaines personnalités le statut de héros et qu’il associerait le président Thomas Sankara à ces personnes. Que vos lecteurs m’excusent, si je n’utilise pas les termes exacts, je me fais vieux. Voyez-vous, il associait ; c’est comme si les autres avaient les mérites établis et qu’il associait Thomas Sankara à ceux-là. Bref, je ne voudrais pas interpréter ses propos ni imaginer sa pensée à l’époque, mais le fait est qu’il n’a fait aucun papier. Il n’y a eu aucun texte. Donc, c’était en réalité une exploitation politicienne d’un contexte, d’une situation.

Au niveau du Mémorial Thomas Sankara, nous nous sommes battus, pendant plusieurs années, pour avoir les textes, lois et autres relatifs au statut de héros de la nation, mais rien. C’est en 2022 que la loi a été adoptée, et en 2023 le gouvernement a pris les décrets d’application. C’est ce qui permet, sur la base de critères bien précis, par un dossier introduit par le Premier ministre et de par la volonté du chef de l’État, de pouvoir reconnaître le statut de Héros de la nation au président Thomas Sankara. Vous aurez remarqué qu’il n’y avait pas de boulevard d’envergure au nom de Thomas Sankara (il n’y avait que cette artère qui passe devant la gendarmerie nationale). Sinon, de façon claire, franche et nette, c’est le président Ibrahim Traoré qui a œuvré à cela, et ce n’est pas une simple route, ce n’est pas seulement une avenue, c’est un boulevard. Le boulevard Thomas Sankara est plein de symboles, de significations.

Comme je le disais, Thomas Sankara et De Gaulle, c’est vraiment loin d’être la même chose pour le peuple burkinabè. Je ne voudrais pas écorcher la mémoire de Charles de Gaulle, en parlant de son rôle dans la colonisation, la néo-colonisation, ses manœuvres contre toute velléité d’indépendance de nos pays, tout ce qu’il a mis comme bâtons dans les roues de Sékou Touré, quand il a dit “Non” à la nouvelle façon d’exploiter les peuples africains ; je n’évoquerai pas son mépris pour les anciens combattants qui sont allés sauver la France, ceux qui ont été cachés pour ne pas défiler aux yeux de tous pour la victoire à Paris, ceux qui ont été massacrés à Thiaroye, ceux qui sont morts, sans jamais approcher les niveaux de pension de leurs camarades français.

Bref ! Je ne veux pas aller dans tous ces domaines historiques, impérialistes et autres, par respect pour le peuple français dont certains se reconnaissent en ses actions pour la libération de la France occupée, mais ce que je trouve incontestable et indiscutable, c’est le rôle important de Thomas Sankara, qui mérite d’être magnifié avec ce boulevard, et nous l’espérons avec d’autres actions qui arrivent, par exemple, l’aéroport international de Donsin (nous espérons que le nom de Thomas Sankara sera donné à cet aéroport), même si déjà dans le monde, certains parlent d’aéroport international Thomas Sankara, pour l’actuel.

Nous pensons que ce Boulevard Thomas Sankara ouvre un boulevard pour mobiliser les consciences, pour contribuer à faire de chaque Burkinabè, un héros, là où il se trouve : dans les services, les champs, l’armée, les campagnes comme dans les villes, pour mener le combat que Sankara a mené et que tous ceux qui vont circuler sur ce boulevard, dans leurs diversités, d’une façon ou d’une autre, ressentiront cette dignité de Sankara, qu’ils se rappelleront le rôle qu’il a joué, d’abord pour donner au Burkina Faso ce nom de dignité, qui fait que beaucoup identifient le Burkina à Sankara, et vice-versa.

Quand des gens ne savent pas, à l’extérieur, où se situe le Burkina Faso, et que vous dites c’est chez Thomas Sankara, automatiquement, ils se retrouvent et ça ouvre bien de portes, cela a résolu des difficultés pour de nombreuses personnes, et les témoignages sont légion. Nous espérons donc qu’en circulant sur le boulevard, les gens vont se rappeler que Sankara était un citoyen digne, qu’il appelle à la dignité, qu’il appelle à une circulation correcte, pour préserver des vies sur ce boulevard, qu’ils se rappelleront son rôle dans l’écologie, bien avant l’heure, les trois luttes notamment, qu’ils se rappelleront que la cité 1 200 logements qui côtoie ce boulevard est le fruit du combat de Thomas Sankara et un symbole pour donner un toit à chaque Burkinabè (puisqu’il y en avait dans toutes les provinces, à travers les cités du 4-Août, qui ont été construites par Sankara et qui permettaient de loger des gens).

Nous espérons également que les gens se rappelleront le sport de masse, qui a été lancé par Thomas Sankara, la vaccination commando, les postes de santé primaires pour que dans chaque village, il y ait un centre de santé proche des populations. Bref, qu’en circulant sur ce boulevard, les gens puissent se rappeler beaucoup d’acquis, et que ce soit un miroir pour eux, se rappeler toutes les valeurs incarnées par Thomas Sankara et que même le fait de baptiser ce boulevard du nom de Thomas Sankara, soit la traduction du courage et du combat anti-impérialiste mené par Sankara et par Ibrahim Traoré.

C’est vraiment entre autres…, il y a beaucoup à dire et c’est pourquoi, nous souhaitons faire de ce boulevard, une vitrine. Nous réfléchissons à des actions pour que quand quelqu’un emprunte le boulevard Thomas Sankara, il se rappelle qu’il ne doit pas brûler le feu, que la promotion de l’environnement en ce lieu-là doit demeurer. Nous verrons avec la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou et toutes les autorités compétentes, les riverains, les étudiants et les usagers de cette voie, comment contribuer, autant que faire se peut, à embellir ce boulevard et le faire parler à tous et pour tous.

Quand je dis nous, je parle évidemment de nos camarades, de toutes les organisations, de toutes les personnes de bonne volonté intéressées. Les actions et les comportements sur ce boulevard qu’empruntent tous les usagers sans distinction d’âges, de religions, de préférences politiques ou idéologiques, d’ethnies, de revenus, de nationalité etc., doivent traduire les valeurs d’unité, de patriotisme, d’amitié avec tous les peuples, de réconciliation et de dignité notamment.

Cela doit commencer par des actions de sensibilisation, pour dire aux usagers de ne pas brûler les feux tricolores, de porter leur casque, de ne pas téléphoner en conduisant, d’être courtois. etc. Et ce respect des règles et des valeurs nous concerne tous, à commencer par moi. Nous espérons que cela va positivement contaminer les autres voies de circulation et agir sur le mental des uns et des autres pour que la citoyenneté dans la circulation soit vraiment la chose la mieux partagée dans notre pays.

Vous espérez donc que cette action contribue à faire de chaque Burkinabè un héros, partout où il se trouve. Justement, à partir de là, quel doit être le combat à mener pour quitter le symbolisme pour le contenu, c’est-à-dire incarner ces valeurs à travers les actes ?

Je pense que d’une part, l’exemple vient du haut. Le chef de l’État Ibrahim Traoré, vous direz que j’aime parler de lui ; mais c’est non sans référence à son comportement et à des actions concrètes et à ses aspirations affichées pour notre pays qui me rappellent beaucoup le président Sankara, de même que les adversités auxquelles il est confronté, est dans la lancée. Il y a les proximités d’âges, de lutte pour l’intérêt général et non celui personnel, il s’est contenté de son salaire de capitaine, alors que le prédécesseur avait multiplié ça par je ne sais combien, il mène le combat anti-impérialiste, il exerce une souveraineté assumée, il dit la vérité et il mène le combat pour le peuple burkinabè.

Donc, je pense que l’exemple vient d’abord du haut et que ce leadership-là va inspirer, notamment les jeunes. Il y a quelques temps, j’étais allé chez un revendeur dans la rue, et au moment où j’attendais ma monnaie, le jeune est venu me dire : “mon colonel, ce billet-là, bientôt on va s’en passer, parce que la monnaie-là ne sera pas un instrument de domination sur nous”. Voyez-vous, ça se passe dans la rue. Cela veut dire qu’il y a une grande conscientisation qui se fait et se poursuit.

C’est dire que lorsque le leadership est affirmé, avec des valeurs incarnées, il faut aussi qu’on agisse à la base ; parce que 27 ans de Blaise Compaoré, ça a contribué vraiment à dénaturer les valeurs d’intégrité que les Burkinabè avaient et c’est devenu l’appât du gain facile, les deals, la corruption, le manque de rigueur, etc. Nous pensons donc qu’il nous faut faire un travail, à la suite de tout ce qui est fait et du projet qui sera mis en place et qui va être dirigé par une structure étatique (le CIMTS sera-là pour accompagner). Nous souhaitons pouvoir mener des actions d’éducation au niveau des populations, des actions d’information, pour perpétuer la mémoire et les valeurs de Thomas Sankara, pour que les gens lient l’acte, les pensées, les professions de foi à la parole, pour faire connaître véritablement la pensée et la vision de Thomas Sankara.

Commencer déjà à sensibiliser sur le patriotisme dans les écoles, faire comprendre que tout le monde peut être un héros, et qu’il suffit que chacun s’y donne. Il s’agit également de faire savoir ce que Thomas Sankara a fait pour devenir Héros de la nation et comment les gens peuvent aller sur ses pas pour le développement de notre pays. Donc, il y aura beaucoup d’actions sur le terrain et évidemment, je pense que les infrastructures qui vont se lever ici vont contribuer à tout cela.

Parlez-nous justement de ces infrastructures …

Il y a par exemple cette tour de 87 mètres de haut, qui va s’élever ici, et qui sera visible par une très grande partie de la ville de Ouagadougou. Elle sera remarquable par toute personne qui va arriver par avion dans cette ville et va être un concentré de hautes technologies : l’environnement, l’énergie solaire, le numérique…, tout sera utilisé pour valoriser la vision de Thomas Sankara. Quand il disait que tout ce qui passe dans l’imaginaire de l’homme est réalisable par l’homme, c’est tout cela.

Vous voyez que cette tour de 87 mètres sera reliée au Parc urbain Bangr-Weeogo par un téléphérique (ça sera le premier téléphérique au Burkina Faso, voire dans la sous-région), les gens vont l’emprunter pour survoler les barrages, atterrir dans le parc au niveau de la ceinture verte qui avait déjà été lancée par Sankara et vice-versa (l’emprunter là-bas pour venir ici). C’est une prouesse technologique et architecturale incontestable, conçue par notre compatriote Francis Diébédo Kéré qui vient une fois de plus d’être primé de manière prestigieuse, qui est aussi un héros dont les performances font hisser et flotter le drapeau du Burkina parmi ceux de cinq ou six nations dans le monde, dans le domaine de l’architecture et de l’art. C’est cela Sankara.

Nous pensons que tout cela va contribuer à faire connaître Sankara, les valeurs qu’il a incarnées et à stimuler la population (les enfants, les jeunes, les adultes, les anciens) à vouloir s’approprier et à incarner les valeurs de Sankara. Le mausolée qui va s’élever sera gigantesque, il pourra contenir 300 à 400 personnes en même temps, qui seront à l’intérieur et devant les tombes de Sankara et de ses compagnons. Nous pensons que beaucoup de sensibilisations peuvent être menées à ce niveau, beaucoup de recueillements, et que tout cela va contribuer vraiment à faire connaître les idées et la vision de Thomas Sankara, à modifier positivement les comportements dans notre pays. Il y aura des bibliothèques, des salles numériques.

Ce sont au total une quinzaine d’infrastructures qui y seront réalisées. Un autre aspect extrêmement important, est qu’il y aura une extension, au-delà de ce site actuel du mémorial qui est de quatre hectares environ, à quatorze hectares, avec la réalisation du parc Thomas Sankara. Un parc Thomas Sankara qui va s’approcher du parc urbain Bangr-Weeogo, et dans ce parc, il y aura vraiment des espaces aménagés, ce sera un autre poumon de la ville de Ouagadougou, où les gens pourront venir se récréer, se détendre, un espace que nous voulons inter-connecté et que toute personne qui vient ici puisse se connecter à internet. Ce sera un endroit où les élèves, les étudiants pourront se retrouver en harmonie avec la nature et des jets d’eau et autres.

Dans votre discours de la commémoration, vous avez souhaité que les compagnons de Thomas Sankara soient élevés au rang de « martyrs de la nation ». Qu’est-ce qui sous-tend ce plaidoyer ?

Il s’agit de ses compagnons assassinés. C’est un souhait extrêmement important pour nous, CIM-TS, parce que ces camarades avaient été choisis par un héros. Ils avaient été sélectionnés parmi tant d’autres, pour travailler aux côtés du chef de l’Etat, Thomas Sankara. Que ce soient les camarades qui étaient avec lui dans ce secrétariat permanent-là, qui travaillaient avec lui et qui ont été assassinés, que ce soient ceux qui assuraient sa sécurité, sa garde, il fallait que ce soient des gens de confiance. Que ce soient ceux qui étaient venus transmettre des messages et autres, il fallait des gens de confiance pour pouvoir pénétrer dans cet espace. Et les assassins, les bourreaux, s’ils ont tué ces camarades, c’est parce qu’ils savaient qu’ils étaient engagés avec Sankara dans ses combats pour notre peuple.

Nous sommes heureux que Dieu ait préservé la vie du camarade Alouna Traoré, pour témoigner, et il le fait si bien ! Nous pensons donc qu’à la suite de l’élévation de Thomas Sankara au statut de Héros de la nation, il est extrêmement important que ses douze compagnons obtiennent la reconnaissance en tant que martyrs de la nation. Mais je dois relever que ce sont en tout 27 personnes qui ont été assassinées, ce jour-là et jours suivants, à la suite de l’assassinat du président Thomas Sankara, de manière planifiée. Je vais peut-être livrer un secret (mais ça n’en est plus, puisque j’ai témoigné au procès), il était prévu que je sois assassiné indiscutablement ce jour. J’ai essuyé deux tirs, en deux endroits distincts et en presqu’une heure d’intervalle ; l’un des tirs a touché le mur et il y a un des éclats qui ont jailli du mur et qui m’ont blessé à la tempe gauche.

Il était planifié aussi que je sois assassiné à Fada N’Gourma où je devais aller le 15 octobre, pour prendre le commandement du régiment d’infanterie commando. D’autres camarades ont aussi échappé à ces assassinats planifiés, parce qu’il était presque sûr qu’ils n’accepteraient pas d’avaler les tentatives de justification de la tragédie du 15 octobre 1987 et d’accompagner les comploteurs sanguinaires. Michel Koama, le sergent Moussa Diallo, les officiers Daniel Kéré, Jonas Sanou, Bertoa Ki, du Bataillon d’intervention aéroporté de Koudougou, Hamadé Vincent Sigué qui ont été assassinés.

Bancé, qui était un civil, a été assassiné. C’était donc planifié pour que certaines personnes quittent cette terre du Burkina Faso, parce qu’elles étaient engagées avec Thomas Sankara. Donc, nous pensons non seulement à ces douze camarades qui ont été tués avec Thomas Sankara, mais aussi aux quinze autres qui ont été assassinés simultanément ou les jours d’après, dans la perfidie, la méchanceté totale (parce que ces gens n’ont pas livré de combat, on est venu, on les a appelés, logé des balles dans la tête, arrosé d’essence et mis le feu, alors que certains étaient encore vivants).

Pour les douze camarades qui sont morts avec Thomas Sankara le même jour et sur le même site ici, nous avions souhaité qu’ils soient reconnus comme martyrs de la nation, en même temps que Sankara est reconnu comme Héros de la nation. Le gouvernement était dans de très bonnes dispositions, malheureusement, ce sont les pièces légales qui ont fait défaut. Pour certains, des actes de naissance, d’autres des actes de décès. Certains actes et pièces essentielles manquaient pour constituer rigoureusement les dossiers et les soumettre.

C’est ce qui a été le plus grand handicap, mais nous sommes en train d’y travailler et nous avons foi que le gouvernement va vraiment prendre acte de tout cela et leur donner la reconnaissance en tant que martyrs de la nation, au regard des sacrifices qu’ils ont consentis et du fait qu’ils sont morts dans l’exercice de leur travail, avec vraiment un héros, qui savait que les menaces ne manquaient pas, que les trahisons ne manqueraient pas et que le jour du 15 octobre était vraiment un jour assez risqué ; mais pour la patrie, ils se sont retrouvés pour travailler à la cause de ce peuple. Ils ont été tués à cette occasion, nous pensons qu’ils méritent d’avoir la reconnaissance de la nation, d’être reconnus comme martyrs.

Mais quand on cherche tout cela, ce n’est pas forcement pour des avantages particuliers ; 36 ans après, et dans ce que la loi prévoit, il y a, par exemple, le baptême de rues au nom de ces martyrs, des monuments, des stèles qui peuvent porter leurs noms pour rappeler leur mémoire. Faire en sorte qu’ils ne soient pas oubliés. Et s’il y a des possibilités de soutenir leurs familles, qui ont souffert, trimé, dans la misère, que cela puisse être fait. Nous en connaissons qui font un sacrifice pour pouvoir quitter les villages et venir à la cérémonie du 15 octobre.

C’est difficile. Certains avaient même pensé que le Mémorial les abandonnait à leur sort et qu’on ne s’intéressait à eux qu’à l’occasion du 15 octobre. Mais, le 15 octobre, les faire venir déjà, c’est important pour nous. Ce que la plupart des gens ignorent, c’est que nous menons nos activités grâce aux cotisations de nos camarades et au soutien de personnes de bonne volonté. Mais le peu que nous parvenons à mobiliser, nous l’optimisons pour donner de l’ampleur à nos activités ; au point que certaines personnes pensent que nous brassons des millions de francs CFA. Non ! C’est un engagement. Vous comprenez que nous soyons très heureux quand l’État s’implique !

Cette année vraiment, l’État s’est fortement impliqué. Les deux ou trois dernières années, pour les chapiteaux, les chaises, la sonorisation, notamment, c’est la présidence du Faso qui nous a aidé et cela nous a beaucoup soulagés et réconfortés. Mais, cette année, le soutien de l’État a été exceptionnel. Et le décret pris par le chef de l’État pour faire du 15 octobre, désormais une journée d’hommage officiel au Héros Thomas Sankara, qui peut être commémorée dans toutes les régions de notre pays, nous facilitera les choses et permettra d’accompagner certaines familles des compagnons de Sankara qui sont toujours dans le besoin.

Déjà, 27 ans de misère, au plan moral, mental, avec cette fatwa, cette omerta sur ces crimes crapuleux et sans aucune reconnaissance des mérites de leurs parents, ce fut le calvaire pour tous. Et au plan matériel, une extrême précarité pour les plus démunies, parce que c’est le soutien de la famille qui est parti depuis plusieurs années ; des enfants ont manqué d’éducation appropriée par manque de frais de scolarité, etc. Il y a aussi la question de l’identification et de la protection des tombes des camarades qui ont été assassinés sur d’autres sites.

Quand vous prenez le camarade Michel Koama, son assassin, après sa sale besogne, l’a enfermé dans sa chambre pendant qu’on le cherchait par-ci et par-là, et c’est deux ou trois jours après qu’ils sont allés faire sortir le corps pour l’enterrer sommairement. Je vous laisse imaginer l’état du corps. Les camarades du BIA (Bataillon d’intervention aéroportée), à Koudougou, qui ont été assassinés, brûlés, etc. C’est grâce à des camarades, des combattants, comme Me Bénéwendé Sankara, et leur organisation que la fosse commune où on les a enterrés a connu un aménagement, mais nous voulons voir comment faire davantage pour sécuriser ces endroits, et aussi faire reconnaître les mérites de ces camarades.

Donc, il y a au moins 27 personnes pour lesquelles, nous voulons mener le combat pour que leurs mérites soient reconnus. Je rappelle que peuvent initier des actions pour demander reconnaissance en tant que martyr, toute personne qui y a intérêt, qui le démontre, comme nous par exemple qui travaillons à perpétuer la mémoire de Thomas Sankara et de ses camarades, mais aussi des membres de leurs familles. Nous suivrons les procédures prescrites par la loi.

On sait que l’action principale de la commémoration se déroule au Burkina, mais ailleurs, des initiatives diverses ne manquent certainement pas pour marquer la date, à travers des personnes-ressources ou des organisations qui, peut-être, sont parfois en contact avec vous. Quel message avez-vous à leur adresser ?

Vous nous offrez l’occasion de saluer les efforts accomplis par les organisations, les points focaux dans différents pays, par des camarades, individuellement et collectivement. Au Niger, au Mali, et dans plusieurs pays à travers les continents, il y a eu des activités commémoratives. Je les salue tous. Je voudrais rendre hommage particulièrement à la campagne internationale Justice pour Sankara de Salmone Aziz Fall, qui a mené le combat pendant plus de 25 ans, pour obtenir la justice pour Thomas Sankara et ses compagnons et jusqu’à la condamnation (par la justice burkinabè) des assassins et de leurs complices. Ils continuent le combat pour que tous les condamnés purgent effectivement leur peine.

Je les remercie (ses animateurs, ndlr) et leur demande de ne pas se décourager, parce qu’il y a des spéculateurs divers, des gens qui essaient de s’approprier leur combat. Il y a des gens qui s’illustrent dans une sorte de patrimonialisation de la mémoire de Thomas Sankara, voire avec des relents mercantilistes (il est important que je précise que je ne parle nullement des membres des familles de Sankara et des autres victimes, ni de ses compatriotes).

Je leur demande, à eux, à toutes les organisations et à toutes personnes dignes de ce nom, de rester dignes, d’être courageux, de continuer la lutte, d’agir comme l’aigle. L’aigle s’envole, il va très haut, et les corbeaux qui essaient de l’égratigner, qui sont sur son dos, à un moment donné, tombent d’eux-mêmes, par manque d’oxygène, et l’aigle continue sa route.

Je souhaite à tous les Burkinabè et amis du Burkina, à tous les sankaristes et tous les révolutionnaires et patriotes qui ont entamé la lutte pour défendre et promouvoir la mémoire et les idéaux du président Sankara, soit individuellement, soit au sein de leurs organisations politiques, leurs OSC (Organisations de la société civile), d’être cet aigle qui vole haut pour les intérêts du Burkina Faso et de l’Afrique, les intérêts de tous les peuples épris de paix et de justice. Les corbeaux et leurs complices s’effondrent toujours ou sont bousculés.

Permettez-moi enfin, de remercier le peuple burkinabè et tous les peuples de notre continent, sans oublier les autres peuples bien-sûr, pour l’hommage et la considération pour la mémoire et les idéaux de Thomas Sankara, la presse nationale dont la mobilisation et la contribution pour la commémoration de ce 36è anniversaire été, toutes tendances et tous organes confondus, remarquable, ainsi que les organes de la presse internationale qui s’étaient donné rendez-vous à Ouagadougou pour la circonstance.

Merci à vous, Lefaso.net, pour l’excellent travail que vous faites, et pour nous avoir donné la parole. Merci beaucoup à tous !

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Source : https://lefaso.net/spip.php?article125227

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Le dimanche 15 octobre prochain marque le 36e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara et de douze de ses collaborateurs. Alors que les organisateurs des cérémonies entrant dans le cadre de cette commémoration font les derniers réglages, nous avons fait un tour au mémorial de Thomas Sankara ce jeudi 12 octobre 2023 pour faire le constat des préparatifs. Nous avons pu adresser quelques questions à Stanislas Damiba, président des anciens étudiants burkinabè formés à Cuba. Il fait le point

Lefaso.net : Comment décririez-vous votre état d’esprit à la veille de cette commémoration ?

Stanislas Damiba : C’est un esprit bienveillant et de clarté qui nous anime à ce jour parce que nous sommes en plein préparatifs pour le 36e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara.

Avec la décision d’élever Thomas Sankara au rang de héros de la Nation, pensez-vous que cette commémoration prend une saveur particulière ?

Pour nous, cette commémoration a effectivement une saveur particulière. Déjà en 2022, à quelques mois du 35e anniversaire, c’était le verdict du procès de l’assassinat de Thomas Sankara qui était tombé. Cette année, c’est la décision d’élever Thomas Sankara au rang de héros de la Nation. Cette décision du gouvernement vient à point nommé. Thomas Sankara est élevé comme héros national par le pouvoir de la transition parce qu’il a marqué l’histoire du pays des hommes intègres. C’est alors une fierté pour nous étudiants formés à Cuba.

Quels sont les activités au programme et les grands axes ?

Comme chaque année, il y aura d’abord la cérémonie officielle du dépôt de gerbe de fleurs. Après le cérémonial d’élévation de Isidore Noël Thomas Sankara au rang de héros de la nation. Il y aura ensuite la découverte de la nouvelle maquette des infrastructures du projet de mémorial et, enfin, la pose de la première pierre du mausolée Thomas Sankara et de ses douze compagnons. Nous attendons la présence du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré qui devrait être encore de nouveau au mémorial Thomas Sankara. L’an dernier, il était venu pour le dépôt de gerbes de fleurs.

Peut-on dire que la polémique ayant entouré l’inhumation de Thomas Sankara sur le lieu de sa mort (la famille absente) est derrière nous ?

Je pense qu’il y a un travail qui a été fait. Thomas Sankara et ses douze compagnons reposent désormais au mémorial Thomas Sankara et je voudrais dire que c’est un acquis pour ne pas revenir sur ce qui s’est passé. Je voudrais dire que désormais le boulevard Charles de Gaulle porte le nom de Thomas Sankara. C’est une double fierté et même une triple fierté si je peux le dire, parce qu’il faudra que la pédiatrie Charles de Gaulle devienne la pédiatrie Thomas Sankara.

Un message pour la population ?

Le message que nous voulons lancer à la population, c’est de sortir nombreux parce que cette année, c’est une commémoration particulière pour rappeler qu’il a été élevé au rang de héros national et le boulevard Charles de Gaulle baptisé de son nom. J’appelle alors toute la nation à sortir massivement pour ce 36e anniversaire. Je voudrai aussi demander à tous les Burkinabè de soutenir la transition afin que nous puissions renouer avec l’élan révolutionnaire pris quand Thomas Sankara a élevé le Burkina Faso par la révolution du 4 août 1983.

Salimatou Tianabou (stagiaire)
Lefaso.net

Source : https://lefaso.net/spip.php?article124958

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Noëlie Hien : « Les paroles et les proverbes de Sankara sont pleins de poésie » https://www.thomassankara.net/noelie-hien-paroles-proverbes-de-sankara-pleins-de-poesie/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=noelie-hien-paroles-proverbes-de-sankara-pleins-de-poesie https://www.thomassankara.net/noelie-hien-paroles-proverbes-de-sankara-pleins-de-poesie/#comments Sat, 02 Sep 2023 12:30:48 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=248005 Noëlie Hien est l’organisatrice prix Thomas Sankara qui a commencé à préparer sa 5ème édition à Ouagadougou. Vous trouverez ci-dessous une interview dans laquelle, elle présente ce prix. Nous en avons rendu compte régulièrement depuis 2019 (voire à https://www.thomassankara.net/?s=Prix+thomas+sankara+de+po%C3%A9sie ). Car cette initiative a attiré notre attention par la ténacité, la rigueur et le sérieux […]

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Noëlie Hien est l’organisatrice prix Thomas Sankara qui a commencé à préparer sa 5ème édition à Ouagadougou. Vous trouverez ci-dessous une interview dans laquelle, elle présente ce prix. Nous en avons rendu compte régulièrement depuis 2019 (voire à https://www.thomassankara.net/?s=Prix+thomas+sankara+de+po%C3%A9sie ). Car cette initiative a attiré notre attention par la ténacité, la rigueur et le sérieux de l’organisation de cette initiative.

La rédaction du site


Vous avez déjà tenu la 4ème édition du prix Thomas Sankara de poésie ? comment ça s’est passé ? Êtes-vous satisfaite ? Le nombre de partenaires augmente-t-il ? La médiatisation est-elle suffisante ?

Avant tout propos, j’aimerais profiter de l’occasion que vous me donnez pour dire merci à l’équipe du site thomassankara.net depuis le début de cette aventure.  Oui, tout s’est bien passé grâce à Dieu et nos ancêtres. Je dirai que je suis un peu satisfaite par rapport aux autres éditions. En ce qui concerne les partenaires, ce sont toujours les mêmes partenaires. Un grand merci au Ministère de la Communication de la Culture des Arts et du Tourisme et à toute la presse du Burkina Faso et d’ailleurs pour le soutien depuis le début de cette aventure. C’est l’occasion pour moi de lancer un appel à ceux ou celles qui veulent se joindre à nous pour l’aventure, qu’ils peuvent nous contacter sur le 72962715 ou par email  afriquewilila@gmail.com.

Parler-nous de la gagnante

La gagnante de la 4ème édition avec son poème intitulé « retours », s’appelle Marie Clotilde Bastide de nationalité française, vivant au Burkina Faso est une auteure française d’écrits poétiques et photographe. Elle a participé à deux reprises au concours du grand prix de poésie Thomas Sankara et la 4ème édition fut la bonne. Un exemple de combativité et de résilien

Wililia à l’origine de ce prix est une entreprise que vous qualifier de culturelle. Quelles sont ses autres activités ?

Mis en place en 2017, Afrique Wilila (NDLR : signifie Afrique debout) est un groupe de jeunes passionnés du patrimoine culturel culturel burkinabè et africain. Il est composé d’artistes, de journalistes, de managers et de professionnels de la culture. Pour l’instant nous sommes dans le secteur culturel qui regroupe beaucoup de domaines mais nous prévoyons élargir sur d’autres secteurs. Nous évolutions aussi dans la production et la promotion des œuvres telles que le livre et la musique en partenariat avec des maisons d’éditions et studios.

Il y a plusieurs prix Thomas Sankara qui sont décernés au Burkina, pourquoi avez-vous choisi la poésie ?

Notre choix s’est porté sur la poésie parce que de nos jours, la poésie est reléguée au second sinon au dernier plan, les recueils de poésie entassés dans nos différentes bibliothèques, n’attendent que d’être lus. Mais la poésie se réinvente et s’adapte. C’est pourquoi nous voulons apporter notre touche pour emmener la jeunesse à voir la poésie autrement à travers le slam. L’histoire nous a prouvé que la poésie, depuis longtemps participe à l’émancipation des peuples. Nous remarquons que la poésie, le slam sont généralement relégués en seconde zone. C’est dans ce sens, que nous avons initié ce concours, pour rassembler les meilleurs poètes et mettre en exergue ce domaine. L’importance de la poésie dans le processus de recherche de la liberté.

N’est-ce pas courageux ? Le pays ne compte pas beaucoup de librairies, le livre se développe difficilement. Votre partenaire de la librairie Mercury a dû fermer sa librairie à Bobo Dioulasso par exemple. Il n’y pas beaucoup d’éditeurs, voire très peu. Ceux qui se présentent comme tels arrivent-ils vraiment à accompagner les écrivains comme il se doit?

(Rires) oui effectivement mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut abandonner.  En effet, il faut noter que  la littérature burkinabè est très récente et la plupart des écrivains évoluent dans d’autres secteurs pour dire que la plupart des  écrivains ne cherchent pas leur gagne-pain dans les écrits c’est juste « une passion » .

L’édition est dans un état embryonnaire au Burkina. Seuls quelques acteurs ont pris le risque de se lancer dans l’aventure. L’édition est une nouveauté sur le sol burkinabé. Jusqu’en 1995, le milieu de l’édition était détenu par des étrangers. Cependant les maisons d’éditions que nous avons n’arrivent pas à accompagner les écrivains, car en premier lieu, l’édition d’un ouvrage coup très chère au Burkina Faso et les auteurs qui y arrivent la plupart des auteurs sont laissés à eux même après la sortie de leurs ouvrages. Pas de promotion de ces livres  pas d’accompagnement  pour les aider à écouler. Ce qui fait que les livres sont vendus très chers dans les différentes librairies. Les jeunes et les étudiants n’arrivent pas à s’en procurer vu que les prix des livres sont élevés. Je me rappelle que, quand j’étais sur le campus, certains d’entre nous étions obligé de faire photocopier les œuvres pour les exposer. Mais aujourd’hui nous luttons contre la photocopie des œuvres car cela pénalise les écrivains.

En outre, les productions littéraires sont peu nombreuses, cela est dû aux faibles moyens des écrivains. Les maisons d’édition étant peu nombreuses, beaucoup d’entre eux publient à compte d’auteur. Le critique littéraire Salaka Sanou qualifie la littérature burkinabè d’émergente.

On a l’impression que les poètes réussissent plutôt à l’étranger qu’au Burkina et à ce titre on peut citer par exemple Angèle Bassolé. Pouvez-vous nous citer quelques poètes burkinabè que vous appréciez ?

C’est votre avis et aussi cela dépend de la compréhension « de réussir » de tout un chacun. Ils y a beaucoup de poètes qui réussissent pourtant au Burkina seulement le domaine est un peu lent car il n’y a pas beaucoup d’activités, d’opportunités sur la poésie, la littérature en générale, et de partenaires pour les accompagner. En plus la plupart préfère la poésie en mode slam. Voici quelques poètes burkinbé : Sophie Heidi Kam, Émile Lalsaga,  Bernadette Sanou DAO, Boubacar DAO, Stanislas Justin  DRABO, Sabari Christian DAO, Malika la slameuse, Smarty…

Est-ce que vous suivez le devenir de vos anciens gagnant (e)s ? Que deviennent-ils (elles) ? Est-ce que ce prix leur a ouvert quelques portes ?

Nous arrivons à en suivre quelques uns qui évoluent dans le domaine de la littérature. Il faut dire que ceux qui postulent au concours sont déjà des auteurs qui ont des livres sur le marché. Nous sommes souvent  sollicités par des anciens pour les aider dans l’édition de leur livre, pour préfacer en leur mettant en contact avec les grands poètes.

Vous avez déjà vu défiler plusieurs gouvernements depuis le premier prix Thomas Sankara. Prennent-ils des initiatives en direction des écrivains ou des poètes ? Les semaines de la culture consacrent-elles un moment à la poésie ?

Je crois qu’il y a des initiatives à l’endroit des écrivains, des poètes en général à travers le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme puissent qu’ils sont issus de ce secteur. La semaine nationale de la culture consacre un moment à la poésie bien sûr, à travers un concours dédié à la poésie, des stands réservés aux écrivains pour l’expositions des ouvrages, des ateliers de formations, des dédicaces…

Y a-t-il aussi un vivier de poètes dans les langues nationales ? Les prenez-vous en compte dans vos compétitions ?

Oui nous avons la poésie du Mogho naaba chef suprême des mossés qui écrit des poèmes en mooré. Oh non pas pour l’instant, mais nous envisageons cela dans les éditions  à venir.

Prix Thomas Sankara de poésie, Pourquoi Thomas Sankara ? Avait-il un lien particulier avec la poésie ?

Pour nous, le choix d’inclure Thomas Sankara comme nom du concours est une manière pour nous, d’appeler  la jeunesse à s’impliquer davantage dans les activités qui nourrissent «l’esprit », comme le faisait le capitaine Thomas Sankara et plusieurs autres « grands esprits » Quoi de plus normal que de nommer ce concours Thomas Sankara. En plus d’être notre idole, c’est un symbole poétique pour nous . Toutes ses paroles et proverbes sont plein de poésie.

Comment voyez-vous l’avenir du prix Thomas Sankara ? Quels sont vos projets ?

Nous voulons que le grand prix soit un grand concours mondialement connu. Le prix est déjà connu mais pas assez. Les projets nous en avons tellement je peux citer quelques un de nos projets immédiats.

  • Mise en place d’un serveur vocal poétique au compte de Afrique Wilila
  • L’ouverture d’une maison d’édition et d’un studio pour soutenir les auteurs et artistes talentueux qui manquent de moyens pour produire leurs œuvres.
  • Nous voulons nous lancer dans l’agriculture et l’élevage bio.

Propos recueillis via internet par Bruno Jaffré en août 2023

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Grand Prix de Poésie Thomas Sankara : Marie-Clotilde Bastide sacrée lauréate de la 4e édition – Infos Culture du Faso https://www.thomassankara.net/grand-prix-de-poesie-thomas-sankara-marie-clotilde-bastide-sacree-laureate-de-4e-edition-infos-culture-faso/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=grand-prix-de-poesie-thomas-sankara-marie-clotilde-bastide-sacree-laureate-de-4e-edition-infos-culture-faso https://www.thomassankara.net/grand-prix-de-poesie-thomas-sankara-marie-clotilde-bastide-sacree-laureate-de-4e-edition-infos-culture-faso/#respond Wed, 03 May 2023 20:12:09 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=247834 Parfait Fabrice SAWADOGO Placée sous le thème « Sourire au soleil », la 4e édition du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara a livré son verdict ce mardi 21 mars 2023, à Ouagadougou. C’était en marge de la Journée internationale de la Poésie, célébrée tous les 21 mars de l’année. Portée par la structure Afrique […]

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Parfait Fabrice SAWADOGO

Placée sous le thème « Sourire au soleil », la 4e édition du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara a livré son verdict ce mardi 21 mars 2023, à Ouagadougou. C’était en marge de la Journée internationale de la Poésie, célébrée tous les 21 mars de l’année.

Portée par la structure Afrique Wilila, le Grand Prix de Poésie Thomas Sankara se veut une compétition avec pour objectif de susciter la lecture et l’écriture au sein de la jeunesse, en lui offrant un cadre sain de formation et de perfectionnement dans les métiers du livre. Et au-delà d’être une compétition, c’est surtout une aubaine pour commémorer la Journée internationale de la poésie à travers une figure emblématique de l’art oratoire et du panafricanisme, à savoir Thomas Sankara.

Pour la présidente du comité d’organisation, la 4e édition s’est passée dans les règles de l’art

4e édition du genre, la compétition avait été officiellement lancée le 21 décembre dernier. C’est donc dans les locaux de la Librairie Mercury qu’elle a connu son apothéose, ce 21 mars 2023. À en croire madame Noélie Hien, Présidente du Comité d’organisation, le thème de l’édition se veut un appel à l’espoir, à la résilience et à la combativité au vu du contexte difficile que connaît le Burkina Faso. Pour elle, il y a eu certes quelques imperfections liées à des difficultés de partenariats, mais n’empêche que tout s’est bien déroulé dans l’ensemble. « Aussi, nous avons eu une cinquantaine de candidatures, ce qui est en deçà de l’édition précédente. Et l’innovation cette année, a été de faire concomitamment les proclamations et la remise du Prix », a-t-elle soutenu.

Le niveau des candidats étaient acceptables selon le président du jury, Boubacar Dao

Au terme donc de la proclamation des résultats, c’est Marie-Clotilde Bastide (France/Burkina Faso) qui repart avec le sacre suprême pour son œuvre « Retours » . Elle est directement talonnée par Dô Dao dit Drissa Sôdôrô (Burkina Faso) avec son œuvre « Sourire est espoir de résilience ». La 3e place revient à Nathalie Vincent-Arnaud (France) pour son son œuvre « Sourire au soleil ». Pour Boubacar Dao, président du jury, l’œuvre de madame Bastide, a d’abord séduit le jury pour sa sobriété, sa musicalité, pour la beauté de ses sonorités, son rythme qui ne laisse pas indifférent l’esthétique de ses figures de style, les émotions qu’elle fait vivre et qui procurent toute la splendeur de sa poéticité. Aussi, a-t-il ajouté, l’œuvre a émerveillé par la justesse et la pertinence du traitement de la thématique ainsi que la maîtrise de la langue d’expression.

« Le Burkina Faso est un pays qui m’inspire beaucoup », Marie-Clotilde Bastide, lauréate de la 4e édition

Du reste, la lauréate du Grand Prix, Marie-Clotilde Bastide, n’a pas manqué d’exprimer sa joie. « C’est un grand honneur pour moi, car cela a été volontaire que je réponde à ce concours à cause du nom qu’il porte. Pour moi, Thomas Sankara est une référence en tant qu’homme politique révolutionnaire, mais aussi en tant que plume. Je trouve qu’il a des discours assez sublimes et que je relis régulièrement pour ne pas perdre le fil de sa pensée mais aussi pour le plaisir de son écriture. Et il faut dire que ce pays est une véritable source d’inspiration. C’est pourquoi j’écris beaucoup sur le quartier que j’habite. Je remercie l’ensemble des organisateurs, ainsi que tous les autres candidats », s’est-elle réjouie.

Une lecture de l’œuvre lauréate du Grand Prix est venue clore cette cérémonie de proclamation. Une lecture faite par Sabari Christian Dao, responsable de la structure Afrique Wilila. Il n’a d’ailleurs pas caché sa joie de voir l’aboutissement de cette 4e édition. Les protecteurs sont d’ores et déjà tournés vers la 5e édition.

Boukari OUÉDRAOGO

Source : https://www.infosculturedufaso.net/grand-prix-de-poesie-thomas-sankara-marie-clotilde-bastide-sacree-laureate-de-la-4e-edition/

On trouvera un autre compte rendu à https://oxygenemag.info/2023/03/23/le-grand-prix-de-poesie-thomas-sankara-marie-clotilde-lemporte-haut-la-main/


Le Poëme de la lauréate Marie-Clotidle Bastide

 

RETOURS

 

Quand les guerres effrayées

par leurs ombres rampantes

quittent les territoires occupés

Djibo, Inata, Arbinda, Solenzo,

Foubé,Yirgou, Itangom

Et tant d’autres encore

 

Quand le calme soudain

apaise la dune rousse

Juste son clair silence

crissant avec le vent

 

Quand près du marigot

l’enfant avec sa flûte

s’endort sous les étoiles

dans la nuit du berger

 

Quand la vieille étonnée

respire le bonheur

d’un foyer retrouvé

Se saisir du pilon laissé à l’abandon.

Bruit sourd du quotidien renaissant de l’horreur

 

Quand le père tête haute

attrape ses outils

à l’abri d’une pluie

Et le mil orgueilleux sur la terre attendrie

grandit avec le temps regagné du labeur

 

Quand l’enfant accroché

au fil d’un cerf-volant

vole en éclats de rire

près de sa mère heureuse

accueillant sur son sein

la beauté ordinaire d’une journée sereine

 

Quand le marché abonde

de tanties accroupies

au milieu des oignons, des tomates juteuses

pagnes aux couleurs vives allumant l’avenir

sur les ventres nourris

 

Quand les vieux épuisés par d’inutiles errances

causent tranquillement

sous le grand baobab

de demain sans barbare

et racontent aux enfants

comment planter des arbres

 

Quand l’école portes ouvertes

accueille ses élèves

arrivés en haillons d’un passé incertain

tout en ligne de fuite

Ils se posent légers

avides de savoirs

Le monde ici est vaste

 

Quand les guerres vaincues

fuient les villes suppliciées

Solhan,Gorom Gorom, Pobe,

Nouna, Markoye, Sebba, Gaskindé

Et tant d’autres encore

Alors

cœur sécurisé et ailes déployées

sourire au soleil

 

Dans l’étincelle des vies

arrachées au malheur

ensemble

sourire au soleil.

 

Marie-Clotilde Bastide

janvier 2023

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Un procès de Thomas Sankara à Paris ! https://www.thomassankara.net/proces-de-thomas-sankara-a-paris/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=proces-de-thomas-sankara-a-paris https://www.thomassankara.net/proces-de-thomas-sankara-a-paris/#respond Mon, 27 Mar 2023 13:06:50 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=247758 C’est une initiative tout à fait original qu’a organisée la Fédération francophone des débats (FFD) à Paris le 6 juillet 2022 à Paris, en collaboration avec HEAD Agora, une association d’étudiants de l’école des Hautes études appliquées au droit, membre de la FFD, dont  l’objet social est “la participation au championnat de débat organisé par […]

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C’est une initiative tout à fait original qu’a organisée la Fédération francophone des débats (FFD) à Paris le 6 juillet 2022 à Paris, en collaboration avec HEAD Agora, une association d’étudiants de l’école des Hautes études appliquées au droit, membre de la FFD, dont  l’objet social est “la participation au championnat de débat organisé par la Fédération francophone de débat et l’organisation de débats sur les sujets de société“.

J’ai été associé à l’initiative, et bien évidemment, la première fois qu’on m’en a parlé, je fus quelque peu perplexe. Mais j’en ai rapidement compris les enjeux. Le premier, permettre à des étudiants en droit de s’entrainer aux plaidoiries, dans le cadre de ce qui était officiellement un concours d’étudiant. Le deuxième pour lequel j’ai été convié, faire connaitre Thomas Sankara, ce que j’ai fait avec grand plaisir.

Une opportunité, on ne peut plus efficace. Non seulement les étudiants, quand ils connaissaient Thomas Sankara, ce qui n’était pas le cas de tous, n’en avaient souvent qu’une connaissance très superficielle. J’en ai donc accompagné quelques uns, leur donnant des éléments et surtout des liens ou des références pour connaitre les personnages qu’ils auront à jouer, notamment dans le site thomassankara.net qui regorge de très nombreux documents.

Et, en peu de temps, ils ont appris très vite. La plupart, de gros bosseurs, se sont appropriés rapidement leurs propres personnages et ont pu, grâce à leur travail, parfaire leur connaissance de Thomas Sankara, sa pensée, ses réalisations et son histoire, et découvrir d’autres protagonistes de cette période.

De plus, les réseaux étendus des organisateurs, leur ont permis de remplir une salle avec près de 150 personnes, voire 200 dont beaucoup découvrait Thomas Sankara et la Révolution burkinabè. Bravo à eux et merci de m’avoir associé à cette initiative dont nous rendons compte ci-dessous, avec de nombreux matériaux.

Le déroulement des évènements, en dehors des discours de présentation, s’est déroulé comme un procés, à savoir, présentation des jurés, témoignage sur l’arrestation de Thomas Sankara, citations des témoins, acte d’accusation, plaidoirie de la défense, et verdict. Thomas Sankara a été acquitté.

De façon générale, les garçons avaient privilégié la gestuelle et la présence. Et vous pourrez donc voir leur prestation dans la vidéo. Tandis que les filles ont plutôt choisi la qualité de leur texte dont. Deux ont retenu notre attention que nous publions  un peu plus loin sur la page.

Bruno Jaffré


Affiche du procès Sankara à Paris

 

LA TABLE DES MATIÈRES DE LA PAGE

La présentation officielle de l’initiative

Les personnages appelés à la barre

La vidéo complète du procès

Le texte de la plaidoirie de Rachel Maffon qui interprète Mariam Sankara

Le texte de la plaidoirie d’Amina Malki qui interprète Germaine Nassouri Pitroipa


La présentation officielle de l’initiative

“On peut tuer un homme mais pas des idées” disait le capitaine Sankara, celui que l’on surnommait le « Che Guevara africain ». Arrivé au pouvoir en août 1983, Sankara mène à bien un processus révolutionnaire d’une grande ampleur en Haute-Volta, nation qu’il renomma « le pays des hommes intègres » : Burkina Faso. Alphabétisation massive de la population, redistribution des terres agricoles, socialisation des richesses, cette révolution est à la fois féministe, écologiste et d’inspiration marxiste. Mais la révolution a aussi ses travers, la justice populaire ses excès et la personnalité de Sankara dérange. Aussi, est-il victime d’un coup d’État dans lequel il est assassiné. Et si « Tom Sank » n’était pas mort ? Et si le 15 octobre 1987, au lieu de tomber sous les balles de ses assaillants, le fondateur du Burkina Faso avait finalement été arrêté et traduit devant un tribunal ? C’est ce qu’ont proposé d’imaginer la Fédération Francophone de Débat et son association membre, Agora HEAD, le 6 juillet 2022, à 19h.

Les différents personnages appelés à la barre ont été dans l’ordre, Jean-Baptiste OUEDRAOGO — médecin militaire burkinabé, chef d’État de la République de Haute-Volta, Mariam SÉRÉMÉ SANKARA — veuve de Thomas (Rachel), Jacques FOCCART — homme d’affaires français surnommé Monsieur Afrique (Simon), Germaine NASSOURI PITROIPA — collaboratrice du président Thomas Sankara (Amina), Félix HOUPHOUËT-BOIGNY — homme politique français puis homme d’État ivoirien, premier président de la république de Côte d’Ivoire, Jerry RAWLINGS — Chef d’État ghanéen en 1979 puis de 1981 à 2001 · (Memet), Mouammar KADHAFI — militaire et homme d’État libyen, dirigeant de fait de 1969 à 2011, Fidel CASTRO — révolutionnaire cubain, dirigeant de la république de Cuba pendant 49 ans, Blaise COMPAORÉ — militaire et homme d’État burkinabé, président de 1987 à 2014, Thomas Isidore Noël SANKARA


La vidéo intégrale du procès réalisée par les organisateurs.

En cliquant sur youtube ci-dessus, vous tomberez sur le minutage des différents, intervenants, ce qui vous permet de vous déplacer à l’intérieur de la vidéo afin de choisir la prestation qui vous intéresse.


Le texte de la plaidoirie de Rachel Maffon qui interprète Mariam Sankara

En Haute Volta quand le peuple crie, c’est la voix qu’on arrache et une vie qu’on prend. Mais au Burkina Faso c’est l’oreille qu’on tend et c’est la liberté qu’on rend.
Quand mon peuple a enfin été délivré de ses chaînes, ce n’est pas le tyran qu’on a accusé mais bien cette pauvre patrie fière et condamnée d’office pour avoir dignement refusé d’engraisser l’impérialisme vorace.

Ce même impérialisme qui pour se donner bonne conscience nous a inondé d’aides en tout genre pour œuvrer pour le « développement ».

Des fonds bien évidemment qui n’ont fait que garnir l’assiette des puissants en étouffant à grand coup de misère les petites gens.

Car la vérité est devant nos yeux et a deux noms : désorganisation et corruption .

Monsieur Ouédraogo, voilà votre misérable bilan :
7 millions d’habitants, une espérance de vie de moins de 45 ans, taux d’analphabétisation de plus de 98% et un taux de scolarisation de 16 %.
Alors allez donc dire à ces braves paysannes et paysans que les bourses de leur état sont plaines,
que son président est rassasié mais que eux ont le droit de dormir le ventre vide.
Mon mari, que je connais mieux que personne, cet homme bon et brave porte avec toutes ses qualités des convictions aussi grande que la dignité de notre peuple.

Mais l’ occident jaloux, trop orgueilleux pour saluer son œuvre à préféré nier la vérité plutôt que de l’embrasser.

Un courage qui est inconnu à monsieur Ouedraogo trop occupé à se servir plutôt qu’à servir son peuple.

Cette accusation aujourd’hui a une odeur que seuls les petits, les traitres ou encore les lâches
hument à chaque fois qu’ils sentent qu’ils sont sur le point de tout perdre. C’est l’odeur de la peur. La peur que le capitalisme soit passé de mode, la peur du renversement de l’ordre établi ou encore la peur que cette main mise impériale ne se transforme en
une main tranchée.

On accuse ce soir Thomas sankara d’avoir insufflé ce bon vent salvateur et nécessaire que celui de la révolution dans tous les cœurs car pour lui elle n’est pas la chose de quelqu’un. Car, quand elle est faite par des pays qui se sont par vanité, qualifiés de développer, il s’agit de la vérité, mais quand il
s’agit des pays astucieusement qualifiés de tiers monde, il s’agit d’un danger à éliminer.
Alors, oui, mon peuple a entendu l’appel, l’appel d’un capitaine enflammé, non pas animé par le vice de la luxure mais bien par la lumière de l’espoir.

L’espoir non pas d’un peuple amnésique oubliant les manquements du passé mais l’espoir d’un peuple qui veut avancer, tenter la liberté pour embrasser le risque.

Condamner mon mari ce soir c’est condamner tout un peuple qui a décidé de vivre, car il a refusé de continuer à survivre. C’est accepter comme le dit Thomas à ce que le grain du pauvre nourrisse encore la vache du riche. C’est continuer à croire que la femme n’a aucune valeur, qu’elle n’a pas sa place dans la société en oubliant seulement qu’elle a le pouvoir de mettre au monde et qu’elle a la capacité de le diriger si seulement on lui rendait les clefs .

Et c’est dire aux générations futures que la révolution est veine et qu’il suffit de servir pour
avoir la paix.

Mais à quoi bon avoir la paix quand la chaîne au coup devient la chaîne de la Corruption!

Ce soir, Monsieur le président mesdames et messieurs du tribunal, la décision sera historique.
Vous aurez le choix entre sauver le capitaine d’un pays qui vogue vers la réussite ou bien de couler cette barque fragile remplie d’hommes intègres ou dans le regard réside encore l’espoir.

Et souvenez vous la patrie ou la mort nous vaincrons.


Le texte de la plaidoirie d’Amina Malki qui interprète Germaine Nassouri Pitroipa

La dignité est morte et le Burkina pleure.

Mesdames et Messieurs, ils veulent tuer celui qui a fait volte-face à la Haute Volta, à l’époque deuxième pays le plus pauvre du monde.

Ils veulent assassiner, celui qui luttait pour que l’Afrique ne regarde ni à gauche ni à droite mais tout droit et la tête bien haute, vers son avenir.

Ils n’ont rien compris. Ils n’ont peut-être pas compris, que le 4 août 1983, ce n’est pas par soif de gloire, mais par faim de changement, pour la dalle de vaincre, que cet homme, révolutionna.

Mais comme j’ai pu l’entendre aujourd’hui, Sankara n’a jamais eu les yeux plus gros que le ventre.

Il ne veut juste plus envier l’assiette du voisin.

Il ne veut plus mendier l’aide alimentaire. Et donc il metta sa population au travail pour l’autosuffisance. Est-ce un crime ?

Non, car le travail libère pendant que la dépendance aliène.

Vous savez quel était le réel problème ?

C’est un président qui dérange ! Avouez-le ! Président des opprimés, de la nature, des jeunes, des pauvres, des femmes…

On en oublie presque qu’en précurseur, qu’il lutte triplement pour la défense de l’environnement, vaccine des milliers d’enfants, construit des hôpitaux et des écoles au lieu d’importer l’impérialisme.

Il rêve d’un nouveau monde ! Hélas, on le jette derrière les barreaux avant qu’il n’ait le temps de l’admirer.

Et bien, vous savez quoi?

Il est mon ami. Mais moi, avant de le connaître je n’étais qu’une femme.

Bizarrement, il ne m’a pas considéré comme un ventre mais pour mon cerveau. Il ne m’a pas perçu comme une potentielle compagne mais comme son futur compagnon de lutte.

Il ne veut pas que le Burkina cueille les fleurs épineuses de ces mâles qui veulent que nos sœurs soient excisées, que nos pères aient six femmes, que nos maris nous dominent et que nos fils dominent à leur tour.

Il veut que la patrie des hommes intègres deviennent celle des femmes intégrées. Des femmes respectées.

N’emmêlons donc pas la vie d’un homme, ne tricotons pas sa pensée, lui qui a toujours tissé sa politique grâce au fil blanc du progrès et de la vérité.

Cher Monsieur Foccart, vous avez peur. Oui oui vous avez peur que notre président éternel, le président du Faso façonne un nouveau monde dans lequel l’ancien n’imposera plus ses sales façons de faire.

Sachez cher monsieur que comme beaucoup d’autres, vous tenez indirectement le couteau qui se trouve aujourd’hui sous sa gorge.

En voulant tuer Sankara, vous espérez tuez le Burkina, vous aspirez à tuer l’Afrique, tout ça pour faire vivre, survivre, vos intérêts qui eux  sont morts depuis le 11 décembre 1958, jour de notre résurrection.

Il y a un proverbe de chez nous qui dit : “Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il court vite”.

Mesdames et messieurs, cet homme court sans cesse. Toujours très vite. Peut être parfois même trop vite. C’est sa qualité comme son plus beau défaut. Mais personne ne peut nier sa révolution de longue haleine. Personne ne contredira le fait que son âme ne respire que pour autre chose que lui-même.

Cet homme n’est pas une girouette. Il ne va pas où la brise le mène mais où ses idées le mènent.

Il ne veut pas être dans l’œil du cyclone, peut être que s’il ne l’avait pas été il ne serait pas sur le banc des accusés au moment où je vous parle.

Mais soyez en sûr, il n’a pas peur de la mort. Cet homme veut la vaincre pour sa patrie.

Rappelez-vous que dans un tourbillon de courage, cet homme veut donner son dernier souffle pour que notre patrimoine, pour que notre pays, pour que son peuple, ne retiennent plus jamais sa respiration.

Qu’il ne s’étouffe plus jamais sous le joug asphyxiant de l’oppression.

Et qu’un jour, un jour, il inspire pleinement le vent pur de liberté qui n’avait encore jamais pleinement aéré l’Afrique.

Vous avez devant vous le plus beau drapeau d’espoir qui puisse flotter dans le ciel.

J’espère qu’aujourd’hui,  la justice soufflera.

Bon vent Sankara ! Vive Sankara !

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